Ouvrir le menu principal

Sucellos

dieu celte de l'agriculture, des forêts et de l'alcool

Sucellos
Dieu de la mythologie celtique gauloise
Statuette en bronze au Musée d'archéologie nationale.
Statuette en bronze au Musée d'archéologie nationale.
Caractéristiques
Nom latin Sucellus
Fonction principale Dieu de la vie, de la mort, des récoltes et des troupeaux
Lieu d'origine Gaule
Parèdre Nantosuelte
Équivalent(s) par syncrétisme Dagda, Sylvain
Symboles
Attribut(s) maillet (ou faucille), chaudron, tonnelet, amphore
Cette statue de Sucellus est la plus ancienne représentation connue du dieu (vers le Ier siècle). Il a été trouvé dans une demeure romaine en France et se situait dans un sanctuaire privé (lararium). Walters Art Museum, Baltimore.
Statuette de Sucellus, musée gallo-romain de Fourvière, Lyon.

Sucellos, latinisé en Sucellus, est une divinité de la mythologie celtique gauloise.

Sommaire

OnomastiqueModifier

Le nom du dieu signifierait « bon frappeur » ou « tape dur[1] ». Le théonyme est composé du préfixe su- qui signifie « bon, bien » et de cellos qui désigne le marteau (ou frappeur)[2].

IconographieModifier

A en juger au nombre de ses représentations (plus de 200), Sucellus est l'un des plus grands dieux gaulois[3].

Ce dieu est connu essentiellement en Gaule et tous les éléments le concernant (représentation sur une monnaie des Unelles, quelques inscriptions et des statuettes en bronze) sont d'époque gallo-romaine.

Il apparaît comme âgé et barbu, vêtu à la gauloise d'une longue blouse serrée à la taille et de braies collantes, parfois avec des bottes. Outre le maillet, il est représenté avec des ustensiles alimentaires : chaudron, tonnelet, amphore vinaire. Il arrive que le maillet soit remplacé par une faucille et que le pied du dieu soit posé sur un tonnelet.

Il est parfois accompagné d'un chien.

SyncrétismeModifier

Au moins onze inscriptions à Sucellus sont connues[4], principalement en Gaule. Une inscription (RIB II, 3 / 2422.21) a été trouvée à Eboracum (York moderne) en Grande-Bretagne.

Dans une inscription trouvée à Augusta Rauricorum (Augst moderne), Sucellus est identifié avec Silvanus[5]:

En l'honneur (em) /
d (omus) d (ivinae) deo Su /
violoncelle Silv (ano) /
Spart (us) l (ocus) d (atus) d (ecreto) d (ecurionum)

Le syncrétisme entre Sucellus et Silvanus peut également être vu dans l'œuvre de la Gaule narbonnaise[6].

FonctionModifier

Sucellos a été honoré par les bûcherons, les brasseurs, les tonneliers, les carriers, les constructeurs de radeau.

Un dieu de la vie et de la mortModifier

Il est le seul dieu gaulois qui ait un caractère tant soit peu infernal[3].

Comme le Dagda irlandais, Sucellos tue et ressuscite avec son maillet, qu’il tient dans la main gauche. Il se tient droit, le pied reposé sur un tonneau, symbole de la survie.

Un dieu des récoltes et des troupeauxModifier

Sucellos est une divinité champêtre, un dieu pastoral, protecteur des récoltes et des troupeaux[7]. Sucellos est un dieu « dispensateur d'aliments[8] ». Il est le détenteur de la prospérité, symbolisée par cet autre attribut qu’est le chaudron, dans sa main droite. C’est un dieu de la nature nourricière, des forêts et des plantations[9].

Sucellos est aussi considéré comme le dieu de la bière[10].

ParèdreModifier

 
Autel de Sucellos et Nantosuelte à Sarrebourg.

Sa parèdre est Nantosuelte, qui est une représentation de la fécondité. Sucellos et Nantosuelte sont associés sur un autel découvert à Sarrebourg et sur lequel on peut lire l'inscription suivante :

Deo Svcello /
Nantosvelte /
Bellavsvs Mas /
se Filivs V(otum).S(olvit).L(ibens).M(erito)

Ceci peut être traduit : « Pour le dieu Sucellos et Nantosuelte, Bellausus, fils de Massa, a volontairement et à juste titre accompli son vœu ».

LocalisationModifier

Sucellos est un dieu gaulois. De fait, il semble avoir été particulièrement honoré en Rhénanie et dans la partie orientale de la Gaule, en Narbonnaise, à l'époque gallo-romaine. Une inscription a également été trouvée en Grande-Bretagne.

ÉquivalencesModifier

Dans la cultureModifier

Notes et référencesModifier

  1. Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, Payot, 1993, p. 62.
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la Langue gauloise, Paris, Errance, 2003, p. 113, 282, 283 (ISBN 2-87772-237-6).
  3. a et b Paul-Marie Duval, Grands dieux de la Gaule, Publications de l'École Française de Rome, Année 1989, 116 , pp. 223-234
  4. Jufer et Luginbühl (2001), p. 63.
  5. AE 1926, 00040
  6. Duval (1993), p. 78.
  7. Félix Guirand, Mythologie générale, éd. Larousse, Paris, 1994, p. 207 (ISBN 2-03-513006-9).
  8. Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, p. 63.
  9. Jean-Paul Persigout, Dictionnaire de mythologie celte, éd. du Rocher, p. 280, Monaco, 1985, (ISBN 2-268-00968-8)
  10. Philippe Voluer, Le grand livre de la bière en Alsace, Editions Place Stanislas, 2008. p23
  11. Notice du Musée d'archéologie nationale, Saint-Germain-en-Laye.
  12. Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, p. 64.
  13. Aux origines de Carnaval, éd. Odile Jacob, Paris, 2005, p.196 (ISBN 2-7381-1637-X).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Stéphanie Boucher, « L’image et les fonctions du dieu Sucellus », in Le monde des images en Gaule et dans les provinces voisines, Caesarodunum, 23, 1988, p. 77-85.
  • Paul-Marie Duval, Les Dieux de la Gaule, Paris, Payot, 1993, 169 p. (ISBN 2-228-88621-1)
  • Bernard Sergent, « Sucellus et le tonneau », in Marco V. García Quintela, Francisco J. González García et Felipe Criado Boado dir., Anthropology of the Indo-European World and material culture. Proceedings of the 5th international Colloquium of Anthropology of the Indo-European World and comparative Mythology, Budapest, Archaeolingua, 2006, p. 61-80.
  • Bernard Sergent, « Sucellus et Viśvakarman », Études celtiques, 38, 2012, p. 165-174.

Articles connexesModifier