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Structure d'actance

façon dont une langue distingue le sujet et l'objet d'un verbe transitif
Ne pas confondre avec le schéma actantiel en narratologie.

En linguistique, la structure d'actance d'une langue (dite parfois alignement syntaxique, alignement morphosyntaxique – par calque de la dénomination anglaise morphosyntactic alignment) désigne la façon dont sa grammaire organise les rapports dans la phrase entre les différents types de verbe et leurs principaux actants. C'est un élément important de typologie des langues.

Sommaire

PrincipeModifier

L'étude de la structure d'actance nécessite de différencier au moins quatre types d'actants :

  • l'agent de verbes bi-actanciels ou transitifs : dans la phrase "Le chat mange la souris", "le chat" est l'agent du verbe "manger" ;
  • le patient de verbes bi-actanciels ou transitifs : dans cette même phrase "Le chat mange la souris", "la souris" est le patient du verbe "manger" ;
  • l'actant unique actif de verbes mono-actanciels ou intransitifs : dans la phrase "L'homme marche", "l'homme" est actif quant à l'action dénotée par le verbe "marcher" ;
  • l'actant unique passif de verbes mono-actanciels ou intransitifs : dans la phrase "Le chien dort", "le chien" est un acteur passif de l'action (ou de l'état) désignée par le verbe "dormir".

Les langues diffèrent selon la façon dont elles différencient ou regroupent ces actants en fonctions syntaxiques dotées de marques distinctives. Selon les situations, il peut s'agir de marques morphologiques (telles qu'une désinence casuelle sur le nom ou une indexation des actants sur le verbe) ou syntaxiques (par l'ordre des mots).

Structures majeuresModifier

AccusativeModifier

Article détaillé : Langue accusative.

Dans une langue accusative, ou plus précisément une langue à structure d'actance de type nominatif / accusatif, le sujet des verbes intransitifs et celui des verbes transitifs est marqué de la même façon, s'opposant globalement à l'objet d'un verbe transitif. La terminologie provient des langues à déclinaison, où le sujet des verbes transitifs et intransitifs se met au cas nominatif, tandis que l'objet des verbes transitifs se met au cas accusatif.

ErgativeModifier

Article détaillé : Langue ergative.

Dans une langue ergative, ou plus précisément une langue à structure d'actance de type absolutif / ergatif, le sujet des verbes intransitifs et l'objet des verbes transitifs sont marqués de la même façon, s'opposant globalement au sujet d'un verbe transitif. La terminologie provient des langues à déclinaison, où le sujet des verbes intransitifs et l'objet des verbes transitifs se mettent au cas absolutif, tandis que le sujet des verbes transitifs se met au cas ergatif.

ActiveModifier

Article détaillé : Langue active.

Dans une langue active ou duale, ou plus précisément une langue à structure d'actance de type actif / inactif, le sujet des verbes intransitifs prend tantôt la même marque que le sujet d'un verbe transitif, tantôt celle de l'objet d'un verbe transitif. Il y a alors deux sous-types possibles :

  • le sous-type scindé, où le cas du sujet des verbes intransitifs est prédéfini pour chaque verbe, sans possibilité de choix. Autrement dit, certains verbes intransitifs prennent un sujet marqué comme celui d'un verbe transitif, tandis que d'autres verbes intransitifs prennent un sujet marqué comme l'objet d'un verbe transitif ;
  • le sous-type fluide, où le locuteur a une certaine latitude dans la façon de marquer le sujet d'un verbe intransitif. Selon les langues, elle peut tenir compte de diverses considérations : animéité du sujet, caractère volontaire ou non de l'action, etc

Structures mineuresModifier

DisjointeModifier

Article détaillé : Langue tripartite.

Dans une langue tripartite, les trois actants ont des marques distinctes.

NeutreModifier

Cas plus complexesModifier

Fracture d'actanceModifier

Dans certaines langues, la structure d'actance n'est pas la même dans toutes les phrases, mais dépend d'un autre paramètre grammatical. On parle alors de fracture d'actance. Un cas assez courant est celui de langues employant une structure accusative dans certaines situations, mais ergative dans d'autres : on parle alors plus spécifiquement d'ergativité scindée. La répartition des constructions peut se faire de façon très diverse, on en présentera ci-dessous quelques exemples.

Fracture selon la nature grammaticaleModifier

Le géorgien utilise une morphosyntaxe de type mixte, où le marquage casuel des noms est de type ergatif, tandis que l'indexation des constituants nominaux sur le verbe est de type accusatif :

  • marquage casuel de l'agent : Vanom Šota gaatsila (« Vano a accompagné Šota ») ;
  • marquage casuel du sujet d'un verbe intransitif : Vano daimala (« Vano s'est caché ») ;
  • marquage casuel du patient : Šotam Vano gaatsila (« Šota a accompagné Vano ») ;
  • indexation de l'agent : Davatsile (« Je l'ai accompagné ») ;
  • indexation du sujet d'un verbe intransitif : Davimale (« Je me suis caché ») ;
  • indexation du patient : Damatsila (« Il m'a accompagné »).

Fracture selon la personneModifier

En dyirbal, les pronoms personnels allocutifs (1re et 2e personne) ont un marquage casuel de type accusatif, alors que tous les autres noms et pronoms ont un marquage casuel de type ergatif :

  • nyurra (vous, agentif ou sujet d'un verbe intransitif) / nyurrana (vous, patientif) ;
  • yabu (mère, patientif ou sujet d'un verbe intransitif) / yabungu (mère, agentif).

Fracture selon l'aspectModifier

Dans de nombreuses langues indo-iraniennes, comme en hindi-ourdou, en marathi, en pendjabi, en pachto ou en kurde, il existe une fracture d'actance selon l'aspect verbal : un verbe à l'aspect inaccompli entraîne une structure d'actance de type nominatif / accusatif, tandis qu'un verbe à l'aspect accompli entraîne une structure d'actance de type absolutif / ergatif.

Ainsi, en kurde, il existe deux cas, l'absolutif et l'intégratif, dont les fonctions syntaxiques correspondantes varient en fonction de l'aspect. Si le verbe est conjugué à l'aspect inaccompli, le marquage casuel est de type accusatif, l'absolutif correspondant alors au cas nominatif et l'intégratif au cas accusatif ; alors que s'il est conjugué à l'aspect accompli, le marquage casuel est de type ergatif, l'absolutif correspondant alors au cas absolutif et l'intégratif au cas ergatif. Le verbe s'accorde uniquement avec les éléments de phrase au cas absolutif :

  • marquage casuel de l'agent - présent : Ez Sînemê dibînim (« Je vois Sinem ») ;
  • marquage casuel du sujet d'un verbe intransitif - présent : Ez dihatim (« Je viens ») ;
  • marquage casuel du patient - présent : Sînem min dibîne (« Sinem me voit ») ;
  • marquage casuel de l'agent - passé : Min Sînem dît (« J'ai vu Sinem ») ;
  • marquage casuel du sujet d'un verbe intransitif - passé : Ez hatim (« Je suis venu ») ;
  • marquage casuel du patient - passé : Sînemê ez dîtim (« Sinem m'a vu »).

Nominatif marquéModifier

Article détaillé : Langue nominative-absolutive.

Marquage différentiel de l'objetModifier

Langue transitive-intransitiveModifier

Langue directe-inverseModifier

Article détaillé : Langue directe-inverse.

Système de voix de type philippinModifier

Article détaillé : Alignement austronésien.

Autres facteurs d'accusativité ou d'ergativitéModifier

Diathèse et structure d'actanceModifier

Typologie de MilewskiModifier

Structures d'actance dans les constructions ditransitivesModifier

IndirectiveModifier

SecondativeModifier

À double objetModifier

NotesModifier


BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

(en) Martin Haspelmath (dir.), Matthew S. Dryer (dir.), David Gil (dir.) et Bernard Comrie (dir.), The World Atlas of Language Structures Online, Munich, Max Planck Digital Library, (ISBN 978-3-9813099-1-1)

  • Bernard Comrie, chapitre 98 « Alignment of Case Marking »
  • Anna Siewierska, chapitre 100 « Alignment of Verbal Person Marking »