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Stockage de pommes de terre en vrac (Belgique)

Le stockage des pommes de terre a pour objectif de conserver les tubercules de pommes de terre en maintenant le meilleur niveau de qualité en fonction de leur utilisation ultérieure : consommation humaine (marché du frais ou transformation industrielle), production de fécule, ou production de semences (plants). Il s'agit notamment de minimiser les pertes inéluctables dues aux processus physiologiques (transpiration, respiration, germination) et de lutter contre les maladies de conservation et les ravageurs des tubercules entreposés.

La durée de stockage peut atteindre de 8 à 12 mois si les conditions techniques optimales sont réunies. Cette durée est limitée à quelques semaines lorsque les pommes de terre sont conservées à température ambiante au domicile des particuliers.

Les conditions essentielles à respecter, outre celle de disposer de tubercules récoltés à pleine maturité et en bon état sanitaire, sont le maintien de l'obscurité, une ventilation adaptée et le contrôle de la température, qui doit être maintenue entre 2 et 10 °C en fonction des objectifs du stockage, tant en termes de durée que d'utilisation finale des tubercules. Le stockage peut se faire en vrac, en limitant la hauteur du tas pour éviter l'écrasement des tubercules, ou en conteneurs ou caisses-palettes de dimensions adaptées.

Sommaire

Aspects physiologiquesModifier


Températures requises pour le stockage de long terme[1].
Destination Température
Semences 2 - 4 °C
Consommation 4 - 6 °C
Industrie (fécule) 6 - 8 °C
Transformation (chips) 7 - 12 °C
Transformation (frites) 6 - 8 °C

Pour inhiber la germination, il est nécessaire de maintenir la température au-dessous de 4 °C. Cependant, les basses températures ont l'inconvénient d'augmenter la teneur en sucre des tubercules, ce qui est surtout gênant pour la production de frites car cela entraîne un noircissement du produit final. On choisit alors des températures un peu plus élevées et on recourt à des traitements inhibiteurs de germination.

Maîtrise de la germinationModifier

La maîtrise de la germination est obtenue par l'utilisation de produits anti-germinatifs. En Europe deux produits sont autorisés[2] : l’hydrazide maléique et le chlorprophame (CIPC ou isopropyl3 chlorophénylcarbamate). Le premier est appliqué sur la végétation en phase de culture et permet de retarder de six à huit semaines le démarrage de la germination, le second sur les tubercules en phase de stockage par poudrage ou thermonébulisation. Ce dernier procédé est préféré car il permet une meilleure répartition du produit et évite le dépassement des seuils de résidus autorisés[3]. Dans l'Union européenne, la limite maximale de résidus (LMR) est fixée pour le chlorpropharme à 10 mg/kg de pommes de terre[4].
Depuis 2010, un traitement naturel à base d'huile de menthe verte par thermonébulisation est autorisé à la commercialisation en France. L'huile de menthe possède un fort pouvoir anti-germinatif. De plus, l'huile de menthe aurait la propriété de limiter la galle argentée. Ce produit rentre dans le cahier des charges de l'agriculture biologique[5].

Maladies de conservationModifier

Plusieurs maladies peuvent affecter les tubercules de pomme de terre en cours de conservation. Il s'agit de pourritures, qui peuvent entraîner une perte totale du produit, ou de gales qui affectent la peau et dégradent la qualité. Ces maladies sont favorisées par certaines conditions d'humidité et de température, ainsi que par la présence de blessures mal cicatrisées.

Ce ne sont généralement pas des maladies de conservation proprement dites, mais des maladies déclarées avant la récolte et qui peuvent se développer en phase de conservation et contaminer le stock de proche en proche. Seules certaines maladies bactériennes peuvent affecter des tubercules sains, les bactéries en cause, appartenant aux genres Erwinia et Pseudomonas, mais aussi Aerobacter, Bacillus, Clostridium et Flavobacterium, étant généralement présentes à la surface des tubercules[6].

Maladies bactériennesModifier

 
Pourriture fusarienne

Maladies fongiquesModifier

RavageursModifier

Les tubercules de pommes de terre entreposés peuvent être attaqués par divers types de ravageurs, notamment des rongeurs et des insectes. parmi ces derniers les plus importants sont la teigne de la pomme de terre (Phthorimaea operculella)[7] et la teigne du Guatemala (Tecia solanivora)[8], dont les attaques peuvent entraîner la perte totale du stock. ce sont deux espèces de Lépidoptères dont les chenilles creusent dans les tubercules des galeries tapissées d'un feutrage de soie. Ces galeries peuvent ouvrir la voie à des micro-organismes, tels Bacillus amylobacter, qui sont des agents de pourriture des tubercules, ou à des acariens. Ces insectes sont surtout présents dans les régions chaudes du globe, le second étant cantonné à certains pays d'Amérique latine.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Jai Gopal, S. M. Paul Khurana, Handbook of potato production, improvement, and postharvest management, Routledge, coll. « Crop science », (ISBN 1560222727), p. 497.
  2. cf annexe I de la directive 91/414/CEE, voir Liste de substances actives de produits phytopharmaceutiques autorisées par l'Union européenne.
  3. (fr) « Traitement des tubercules de pomme de terre : les antigerminatifs se mettent au naturel », Terra-terragricoles de Bretagne (consulté le 13 novembre 2010).
  4. (en) « http:// EU Pesticides database », Commission européenne (consulté le 13 novembre 2010).
  5. règlement CE 889/2008 annexe 2 substance d'origine végétale
  6. (en) R. H. Booth, The importance of bacteria in potato storage in Developments in Control of Potato Bacterial Diseases, Centre international de la pomme de terre,, (lire en ligne), p. 121.
  7. (fr) « La pomme de terre : histoire d'un succès - 5.2.2 Ravageurs des tubercules stockés », FAO (consulté le 28 novembre 2010).
  8. (fr) André Pollet, Alvaro Barragan, Carlos Ruiz, Onoré Giovanni, Ivan Abeiga et Marcello Prado, « La teigne du Guatemala (Tecia solanivora), un ravageur sud-américain de la pomme de terre », Inra / Opie-Insectes, (consulté le 28 novembre 2010).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (fr) Collectif, Stockage et conservation de la pomme de terre, Arvalis, coll. « ITCF-ITPT », , 88 p. (ISBN 2-86492-462-5).
  • (en) R. Pringle, C. Bishop, Rob Clayton, Potatoes Postharvest, CAB International, coll. « Cabi Series », , 448 p. (ISBN 0851995020).