Stefan Wyszyński

cardinal de l'Église catholique romaine

Stefan Wyszyński
Vénérable catholique
Image illustrative de l’article Stefan Wyszyński
Le cardinal Wyszyński dans les années 1970.
Biographie
Naissance
à Zuzela (Empire russe)
Ordination sacerdotale par
Mgr Wojciech Owczarek
Décès (à 79 ans)
à Varsovie
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria in Trastevere
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. August Hlond
Archevêque de Gniezno et Varsovie
Évêque de Lublin

Blason
« Soli Deo »
« A Dieu seul »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Stefan Wyszyński[1], né le à Zuzela et mort le à Varsovie, est un cardinal polonais, archevêque de Varsovie et de Gniezno et Primat de Pologne de 1948 à 1981. Il combattit le régime communiste avec courage pour défendre la population opprimée et la liberté de la foi catholique, ce qui lui valut un plusieurs années de prison et des pressions. Reconnu vénérable en 2017, il sera proclamé bienheureux le 7 juin 2020.

BiographieModifier

PrêtreModifier

Stefan Wyszyński naît à Zuzela, dans l'actuelle voïvodie de Mazovie, alors située sur le territoire de l'Empire russe, dans une famille nombreuse et modeste[2]. Son père, très dévot à Notre-Dame de Częstochowa, est le sacristain et l'organisateur de l'église paroissiale[2]. L'éducation est marquée par la tradition catholique. Stefan Wyszyński perd sa mère à l'âge de neuf ans, et en 1912, la famille s'installe à Varsovie[2]. De 1914 à 1916, il suit les cours élémentaires à Łomża avant d'entrer au séminaire de Włocławek[3]. Il est ordonné prêtre le [3],[4].

Il poursuit ses études de droit canonique à l'Université catholique de Lublin, recevant un doctorat en 1929[5]. Durant l'occupation allemande de la Pologne, il fut contraint par son évêque d'abandonner les études et de mener son ministère sacerdotal dans la clandestinité. Stefan Wyszyński change constamment de domicile afin d'éviter les contrôles[6]. Il célèbre la messe et distribue les sacrements en cachette. Il s'avèrera qu'il était inscrit sur la liste des religieux polonais considérés comme dangereux par la gestapo, liste qui incluait notamment saint Maximilien Kolbe.

En 1944, durant l'insurrection de Varsovie, Wyszyński assista les mourants, aussi bien polonais qu'allemands, recueillant leur confession et leur administrant les derniers sacrements[6].

ÉvêqueModifier

Après la Seconde Guerre mondiale, un gouvernement provisoire, nommé le Comité polonais de Libération nationale, prend la direction du pays. Le comité est d'inspiration communiste et fonctionne sous le contrôle de l'Union soviétique.

Dans le même temps, Stefan Wyszyński est nommé évêque de Lublin, le , et consacré le 12 mai suivant par le cardinal August Hlond[2],[4]. Deux ans plus tard, le , il devient archevêque de Gniezno et de Varsovie, recevant alors les titres du Primat de Pologne et président de la Conférence épiscopale polonaise (tenant ce dernier de 1948 à 1981).

Conscient des pertes humaines et matérielles causées par la guerre, il appelle les soldats à abandonner les armes et ne plus vivre dans la peur. Il plaide pour la liberté politique, et en 1950, obtient un accord avec le Comité polonais de Libération nationale pour la liberté religieuse.

CardinalModifier

 
Varsovie

À partir de 1951, le clergé polonais est violemment attaqué par des articles de la Pravda de Moscou. L'année suivante, 1952, une nouvelle Constitution est adoptée, donnant naissance à la République populaire de Pologne. Les pressions sur l'Église catholique se font plus importantes, et le régime communiste instaure une propagande marxiste, prônant un monde sans Dieu. Les pratiques religieuses sont réprimées et les nominations de personnalités ecclésiastiques sont décidés par le régime, afin de contrôler le clergé polonais. En 1953, Stefan Wyszyński signe une lettre ouverte au gouvernement polonais, Non possumus, signé par l'ensemble de la conférence épiscopale, refusant de collaborer avec le régime communiste.

Dans la nuit du 25 septembre 1953, il est arrêté par les autorités communistes et mis en prison[7]. En quittant le Palais épiscopal de Varsovie, il emporta seulement son bréviaire et son rosaire. A l'une des religieuses du personnel, il dit : "Ma sœur, je n'emporte rien. Je suis entré pauvre dans cette maison et pauvre je mourrai." Il sera incarcéré pendant trois ans et transféré dans plusieurs prisons, où il subira de nombreuses pressions psychologiques. Dans son ouvrage : Récit de mon emprisonnement, il raconte qu'il y accentua sa vie spirituelle, redoublant de prières, de méditations, et de travaux sur lui-même.

En réaction à son emprisonnement, Stefan Wyszyński est créé cardinal par le pape Pie XII lors du consistoire du avec le titre de cardinal-prêtre de Sainte-Marie-du-Trastevere, alors qu'il est encore en prison. En 1956, à la suite de l'Octobre polonais, il est libéré et participe au compromis passé avec le régime communiste : libération des détenus d'opinion, retour à la liberté complète de culte, catéchisation des enfants, décollectivisation des terres. Mais, ce n'est qu'en 1957 que les autorités dirigées par Władysław Gomułka lui permettent d'aller recevoir la barrette cardinalice.

Il jouit d'un grand prestige aux yeux de l'opinion publique polonaise, qui voit en lui et le cardinal Karol Wojtyla, l'archevêque de Cracovie, les seuls représentants légitimes de la nation.

Pontificat de Jean-Paul IIModifier

 
Statue représentation le cardinal Wyszyński et le pape Jean-Paul II, lors de la messe d'inauguration du pontificat de celui-ci.

Au conclave d'octobre 1978, il participe à l'élection du premier pape polonais Jean-Paul II. Il dissuade fortement le nouveau pape de prendre le nom de Stanislas, comme il le voulait à l'origine : en effet, il lui expliqua que son élection représentait un séisme suffisant dans le contexte de Guerre Froide et qu'il valait mieux se situer dans la suite de ses prédécesseurs.

Au cours des grèves du mois d'août 1980, à Gdansk, il se démarque de Jean-Paul II en mettant implicitement en garde les grévistes et leur leader, Lech Wałęsa, contre les risques d'une intervention militaire soviétique. Cependant, au cours des audiences générales du mois d’août, Jean-Paul II n'hésite pas à faire allusion à la grève des chantiers navals, malgré les réticences du primat.

Malade au début de l'année 1981, des chaînes de prière se créent pour obtenir sa guérison du cardinal Wyszynski. Suite à la tentative d'assassinat de Jean-Paul II le 13 mai 1981, il exhorte les fidèles à ne plus prier pour lui mais pour la vie du pape. Le cardinal Wyszynski offre sa vie à la Vierge Marie, en échange de celle de Jean-Paul II, qui est entre la vie et la mort. Il meurt quelques jours plus tard, le 28 mai 1981, après avoir reçu par téléphone la bénédiction de Jean-Paul II, qui avait donc échappé à la mort. Ses funérailles, qui ont lieu le 31 mai 1981, furent suivies par plusieurs milliers de personnes[8]. Il jouit d'une grande popularité en Pologne, où il est considéré comme un héros national, en raison de son combat pour la liberté du pays et contre le communisme. Il repose à présent dans la cathédrale Saint-Jean de Varsovie.

BéatificationModifier

 
Chapelle abritant la tombe du cardinal Stefan Wyszyński dans la Cathédrale S. Jean de Varsovie.

À l'initiative du pape Jean-Paul II, le procès en béatification de Stefan Wyszyński a été ouvert le 29 mai 1989. Le 6 février 2001 a été clôturée la phase diocésaine du procès en béatification. Le dossier est ensuite examiné par la Congrégation pour les causes des saints. Suite à l'avis favorable des différentes commissions sur la sainteté de Stefan Wyszynski, le pape François, reconnaît, le 18 décembre 2017, les vertus héroïques du cardinal Wyszyński, lui attribuant ainsi le titre de vénérable[9].

À partir de mars 2012, une enquête sur une guérison miraculeuse obtenue par l'intercession du Serviteur de Dieu Stefan Wyszyński a été ouverte[10]. Il s'agirait d'une jeune femme de dix-neuf guérie d'un cancer incurable, en 1989[10]. Suite à l'avis favorable des commissions médicales[11], le pape François reconnaît authentique cette guérison dite miraculeuse le 2 octobre 2019, et signe le décret de béatification[12]. Le cardinal Wyszynski sera solennellement proclamé bienheureux au cours d'une messe qui sera préside par le cardinal Giovanni Angelo Becciu le 7 juin 2020, sur la place Piłsudski à Varsovie[13].

Notes et référencesModifier

  1. Prononcer Vychinski
  2. a b c et d (pl) Andrzej Micewski, Kardynał Wyszyński, prymas i mąż stanu, Paris, Editions du Dialogue, (ISBN 2-85316-038-6 et 978-2-85316-038-4, OCLC 9895226, lire en ligne)
  3. a et b (pl) Waldemar Chrostowski, « Kardynała Stefana Wyszyńskiego droga do kapłaństwa », sur naszdziennik.pl, (consulté le 29 novembre 2019)
  4. a et b « Stefan Cardinal Wyszyński », sur catholic-hierarchy.org (consulté le 29 novembre 2019)
  5. (pl) Witold Kujawski, « Szkic włocławskich dziejów Stefana Wyszyńskiego », sur web.diecezja.wloclawek.pl, (consulté le 29 novembre 2019)
  6. a et b (pl) Florian Kniotek, Zenon Modzelewski et Danuta Szumska, Prymas Tysiąclecia, Prymas Tysiąclecia, Éditions du Dialogue, (OCLC 27130010, lire en ligne)
  7. Histoire du XXe siècle, Le monde entre guerre et paix, Serge Berstein et Pierre Milza
  8. (pl) « Mija 35 lat od śmierci kardynała Stefana Wyszyńskiego », sur telewizjarepublika.pl, (consulté le 29 novembre 2019)
  9. (it) « Promulgazione di Decreti della Congregazione delle Cause dei Santi », sur press.vatican.va, (consulté le 29 novembre 2019)
  10. a et b (pl) Milena Kindziuk, « Kard. Wyszyński w drodze na ołtarze », sur niedziela.pl, (consulté le 29 novembre 2019)
  11. (pl) « O. Bartoszewski: Konsylium lekarskie Kongregacji ds. Świętych zatwierdziło cud za wstawiennictwem kard. Wyszyńskiego », sur niedziela.pl, (consulté le 29 novembre 2019)
  12. (it) « Promulgazione di Decreti della Congregazione delle Cause dei Santi », sur press.vatican.va, (consulté le 29 novembre 2019)
  13. (pl) Konferencja Episkopatu Polsku, « (Polski) Beatyfikacja kard. Stefana Wyszyńskiego 7 czerwca 2020 r. w Warszawie », sur episkopat.pl, (consulté le 29 novembre 2019)

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Liens externesModifier