Ouvrir le menu principal

Stavisky (film)

film sorti en 1974
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Stavisky.
Stavisky
Réalisation Alain Resnais
Scénario Jorge Semprún
Acteurs principaux
Sociétés de production Cerito Films
Les Films Ariane
Simar Films
Euro International Film
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame, historique
Durée 120 minutes
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Stavisky est un film français, réalisé par Alain Resnais, sorti en 1974.

SynopsisModifier

Le film retrace l'apogée dans les années 1930 et la mort en 1934 de Serge Alexandre Stavisky.

L'histoire débute dans les années 1930 alors que « Serge Alexandre » (qui n'utilise plus le nom de Stavisky) mène grand train et est propriétaire de différentes affaires (théâtre de l'Empire, conglomérat de presse, société foncière phocéenne, bijouterie). Au même moment, Léon Trotski obtient le droit de s'installer en France sous la condition de ne pas s'impliquer dans la politique française.

Tout en essayant d'obtenir un non-lieu dans le procès concernant son arrestation en 1926, Alexandre tente de couvrir les dettes qu'il a accumulées petit à petit dans ses opérations financières en se lançant dans d'autres opérations encore plus juteuses : fondation d'une entreprise, dont la mise en bourse est garantie par l'État lui-même, et commerce d'armes pour le renversement de la République espagnole, via un contact espagnol nationaliste, Montalvo. Pendant ce temps, l'inspecteur principal, Pierre Bonny, tente de mettre son nez dans le dossier Stavisky en favorisant des fuites auprès de journaux ou en tendant des embûches aux complices de l'escroc, notamment au crédit municipal de Bayonne. Il est muselé en partie par une intervention de l'inspecteur principal Boussaud, dont Alexandre avait été le « cousin » (l'indicateur) et est désormais l'intermédiaire entre la préfecture et Stavisky. Ce dernier est bien protégé par ses accointances avec les membres de la majorité radicale et avec ceux de l'opposition nationaliste.

Malgré des accès de déprime (durant lesquels il s'intéresse au suicide de son père et à celui présumé du banquier Loewenstein), suivis de crises de mégalomanie ou de paranoïa, malgré les dettes, qui s'accumulent au point de gêner ses affaires, Alexandre n'écoute guère les conseils de ses proches. Il mène grand train, entouré de ses amis (Mézy, son médecin, le baron Raoul, maître Grammont, son avocat, Borelli, son homme de confiance) et de son épouse, Arlette, ce qui ne l'empêche pas de passer des nuits avec d'autres femmes. Toutefois, l'année 1933 se termine mal pour Alexandre : alors qu'il attend avec impatience la mise en marche de ses deux projets phares et donc une rentrée d'argent, qui lui permettrait d'éponger toutes ses dettes, l'affaire des bons de Bayonne éclate. On découvre alors que la moitié des bons sont faux, escroquerie montée avec la complicité du directeur du crédit municipal. Le soir de Noël 1933, Alexandre est donc recherché et prend la fuite.

Ses amis et contacts lui font comprendre qu'il doit désormais se cacher, se taire et se faire oublier pour qu'ils puissent, le temps que l'affaire se calme, le protéger et eux avec. Cependant, Alexandre est désormais intenable et souhaite de plus en plus s'exprimer sur la place publique, afin de garder tous ses avantages et faire jouer l'influence qu'il croit détenir sur le pouvoir politique. Réfugié à Chamonix chez un de ses employés, son chalet est rapidement encerclé par la police. Un coup de feu éclate sans qu'on puisse dire s'il s'agit d'un suicide ou non.

En parallèle de la trame principale, le récit est interrompu par des bribes de témoignage devant la commission d'enquête des différents protagonistes de l'affaire. La chute du gouvernement et la crise du 6 février 1934 sont évoquées, de même que la mise à pied de l'inspecteur Bonny. De même, certains éléments de l'exil de Trotski en France prennent parfois le pas sur l'histoire de Stavisky. Le film se termine après une visite du baron Raoul à la prison de la Petite Roquette, où est désormais enfermée Arlette, qui est soupçonnée de connaître certains secrets de son mari.

ThèmeModifier

Même si l'aspect politique de l'affaire Stavisky est abordé, l'axe principal du film est l'aspect psychologique du personnage de l'aventurier Stavisky, qui surestime son pouvoir et celui de son réseau d'amis. Resnais et Semprún introduisent un parallèle avec le séjour à la même époque de Trotski en France et son expulsion du territoire.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

AccueilModifier

En sélection officielle au festival de Cannes 1974, le film est médiocrement accueilli par les festivaliers et par les critiques présents. Il n'est distingué au palmarès que par un hommage à Charles Boyer. Jean-Paul Belmondo, également coproducteur du film, déclare plus tard avoir très mal vécu cet accueil : « Je ne voulais pas que le film aille à Cannes. On m'a persuadé du contraire. Un massacre ! Resnais n'avait pas tourné depuis cinq ans et c'est la seule fois où il s'est fait traîner dans la merde. (...) Les critiques ne m'ont jamais empêché de dormir, sauf sur Stavisky. Il y a eu un tel déchaînement. Là, j'ai dit : “C'est vraiment des cons !” Dans Stavisky, ils me reprochaient d'être sympathique. Mais vous connaissez un escroc antipathique, vous ? Un escroc antipathique, il n'escroque personne ! ». Le film n'est pas un échec public, puisqu'il attira plus de 300 000 spectateurs dans les salles à Paris et plus d'un million de spectateurs en France, mais ses chiffres de fréquentation sont très inférieurs à ceux obtenus par les succès précédents de Jean-Paul Belmondo. Ce dernier, dans les années suivantes, tourne essentiellement des films plus « commerciaux »[3].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Guénolée Milleret (préf. Alexis Mabille), Haute couture : Histoire de l'industrie de la création française des précurseurs à nos jours, Paris, Eyrolles, , 192 p. (ISBN 978-2-212-14098-9), « La couture, star du 7e art », p. 153
  2. http://www.boxofficestory.com/stavisky-jean-paul-belmondo-box-office-1974-a112628840
  3. Gilles Durieux, Belmondo, Le Cherche-midi, 2009, pages 260-261