Base de la Tranquillité

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La base de la Tranquillité (en latin Statio Tranquillitatis, en anglais Tranquility Base) est sur la Lune, le site où, en 1969, l'homme a atterri et a marché sur un autre corps céleste pour la première fois. Le , les membres d'équipage d'Apollo 11, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, ont posé leur module lunaire Apollo baptisé Eagle à environ 20:17:40 UTC. Six heures plus tard, les deux astronautes quittèrent le vaisseau et passèrent 2 heures et 31 minutes sur la surface lunaire, l'examinant et la photographiant, mettant en place des expériences scientifiques et collectant 21,5 kg d'échantillons de poussières et de roche pour le retour sur Terre. Ils ont quitté le sol le à 17:54 UTC. La base de la Tranquillité n'a pas été revisitée depuis.

Ses coordonnées lunaires sont 00°41'15"N 23°26'00"E, dans le coin sud-ouest de la plaine de lave lunaire appelée la mer de la Tranquillité (Mare Tranquillitatis), à l'est des cratères Sabine et Ritter, au nord du cratère Moltke, et près d'une crevasse officieusement appelé "l'Autoroute américaine numéro 1"[1].

Choix du siteModifier

Pendant plus de deux ans, les planificateurs de la NASA ont pris en compte un ensemble de 30 sites potentiels pour le premier atterrissage d'un engin habité. À partir de photographies à haute résolution prises par le vaisseau spatial Lunar Orbiter et de photos et données prises par les atterrisseurs non habités Surveyor, cette liste a été réduite à cinq sites situés près de l'équateur lunaire, à des positions comprises entre 45 degrés est et ouest et 5 degrés nord et sud du centre de la face de la Lune faisant face à la Terre ; ils ont été numérotés de 1 à 5 d'est en ouest. Le site numéro 2, centrée en 0,7139, 23,70778, fut finalement choisi[2]. Étant donné qu'on ne s'attendait pas à un atterrissage précis lors de la première mission, la zone cible était une ellipse mesurant 18,5 km d'est en ouest par 4,8 km du nord au sud[3].

Plusieurs facteurs, dont la poussée résiduelle du tunnel reliant le Module Lunaire au Module de Commande lors de leur séparation, et une compréhension imparfaite du champ gravitationnel irrégulier de la Lune, ont abouti à des erreurs de navigation et ont dévié le point d'amorce de la descente d'environ 4,8 km, et donc l'ordinateur a ciblé un point d'atterrissage à environ 6,4 km à l'ouest de la cible prévue[4]. Le système automatisé d'Aigle a conduit ce qu'Armstrong a décrit comme un cratère de la taille d'un "terrain de football américain, avec un grand nombre de gros rochers, des pierres et un ou deux cratères dans les environs", il a évité ces obstacles en prenant le contrôle manuel et en décidant de se poser un peu plus loin en aval[5]. Malgré cela, l'atterrissage a eu lieu en deçà de la cible prévue.

NomModifier

Armstrong nomma le site à 20:17:58 UTC, environ 18 secondes après leur atterrissage réussi, en disant :

"Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a atterri."[6]

Lors des entraînements, Armstrong et Aldrin avaient exclusivement utilisé l'indicatif "Aigle" (Eagle) dans le cadre de simulations de conversations avec le sol, à la fois avant et après l'atterrissage[7]. Armstrong et Aldrin décidèrent d'utiliser le nom de base de la Tranquillité juste avant le vol, en n'informant que le contrôleur de vol Charles Duke avant la mission, afin que ce dernier ne soit pas pris par surprise[8].

Ce nom est devenu la désignation définitive du site. Contrairement à la plupart des noms donnés aux points de repère lunaires par les astronautes des missions Apollo, l'Union astronomique internationale reconnaît officiellement la désignation de "base de la Tranquillité". Elle est inscrite sur les cartes lunaires sous le nom Statio Tranquillitatis, conformément à l'utilisation normalisée du latin pour les noms de lieux sur la Lune[9].

GalerieModifier

Voir aussiModifier

NotesModifier

  1. Video Transcript for Archival Research Catalog (ARC) Identifier 45017, National Archives and Records Administration, 1969
  2. « Apollo 11 Lunar Landing Mission Press Kit », NASA, , p. 82–85
  3. (en) Andrew Chaikin, A man on the moon : the voyages of the Apollo astronauts, New York, Penguin Books, (ISBN 978-0-14-311235-8), p. 88
  4. Eric M. Jones, « The First Lunar Landing, time 102:36:21 »
  5. Eric M. Jones, « Post-landing Activities , time 102:55:16 »
  6. Eric M. Jones, « Apollo 11 Lunar Surface Journal: The First Lunar Landing », NASA, (consulté le 15 juillet 2009)
  7. Failure is Not an Option.
  8. (en) Andrew Chaikin, A man on the moon : the voyages of the Apollo astronauts, New York, Penguin Books, (ISBN 978-0-14-311235-8)
  9. https://planetarynames.wr.usgs.gov/Feature/5684?__fsk=1889007711

Liens externesModifier