Stéphane Sirkis

musicien français
Stéphane Sirkis
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Stéphane Paul Denis SirchisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Stéphane Sirkis tombe.jpg
Vue de la sépulture.

Stéphane Sirchis, dit Stéphane Sirkis, né le à Antony dans le département de la Seine en France et mort le à Paris, est un musicien et compositeur français.

Il est connu pour avoir fait partie du groupe de rock français Indochine de 1982 à 1999, en tant que guitariste. Il est le frère jumeau du chanteur Nicola Sirkis, leader du groupe. Leur frère aîné Christophe est également musicien.

BiographieModifier

Famille et enfanceModifier

Stéphane Sirkis[1] est né le , quelques minutes après son frère jumeau monozygote, Nicolas Sirkis à Antony.

La famille Sirkis a pour religion le judaïsme et est originaire de l'Empire russe dont elle fuit l'antisémitisme. Elle part travailler quelques années dans un kibboutz en Palestine puis vient s'installer modestement à Toulouse[2]. Jean Sirchis (né en 1925 à Chișinău[3], en Bessarabie puis en Moldavie), père de Stéphane, est un très jeune actif au sein de la résistance juive sous l'occupation allemande en France où ses parents ont immigré alors qu'il n'avait que 5 ans. À la Libération, il est proche des doctrines communistes, avant de s'en désolidariser peu à peu, conservant cependant des opinions très sensibles envers les défavorisés. Stéphane n'aura connaissance qu'à sa majorité de l'origine juive de sa famille paternelle[2]. La famille maternelle de Christophe, Nicolas et Stéphane est vosgienne et catholique[2], traditionnellement militaire, marquée politiquement à droite, exprimant des opinions en faveur de l'Algérie française à ses petits enfants alors qu'ils sont encore très jeunes[4]. Le maréchal Pétain semble par ailleurs admiré[4].

Alors que Nicolas et Stéphane n'ont que deux ans, leur famille qui habite à Igny[2], déménage à Bruxelles en Belgique où leur père a été nommé ingénieur chimiste au sein d'Euratom. C'est donc dans une sphère plutôt bourgeoise qu'ils sont élevés, bercés par la musique classique qu'écoutent leurs parents. Les trois frères sont placés durant deux ans au collège et pensionnat St Jean Baptiste de la Salle à Estaimpuis, près de la frontière franco-belge[5]. La jeunesse de Stéphane, comme celle de ses deux frères, est perturbée par la séparation puis le divorce de leurs parents. Revenue en France, sa mère, Michèle Henry, s'installe ensuite avec ses trois enfants à Châtillon[6].

Vie privéeModifier

La vie privée de Stéphane Sirkis est rarement révélée au public. En 1987, il épouse Sophie avec qui il a une fille : Lou Sirchis, née le . Elle participa au concert d'Indochine au stade de France le . Elle joue maintenant et chante dans son propre groupe, Toybloïd. Après son divorce, Stéphane reste très proche de sa fille.

Jusqu'à sa mort, il vit avec Éliette, une femme avec qui il ne s'est jamais présenté en public, dans un modeste pavillon à Bagneux (Hauts-de-Seine), au numéro 28 de la rue Salvador Allende.

MortModifier

Il meurt le [7] à l'hôpital Saint-Antoine, alors que son frère Nicola Sirkis est à Bruxelles pour l'enregistrement d'un morceau de l'album Dancetaria[8].

Selon Nicola, la mort de Stéphane est due à une hépatite C. Pour son frère aîné Christophe "Stéphane est mort non pas d'une hépatite fulminante comme cela a été maintes fois publié, mais d'une overdose constatée par l'urgentiste de l'Hôpital St Antoine. J'ai été informé plus tard que le geste aurait été volontaire après une période de convalescence totalement sobre."[9],[10]. Ce suicide aurait été provoqué au lendemain de l'évincement du groupe par un contrat signé par Nicola le 26 février, toujours selon son frère Christophe.

Il est enterré dans l'intimité au Cimetière Parisien de Bagneux, division 70, le [11].

Vie musicaleModifier

Éveil musicalModifier

Au début des années 1970, après avoir manifesté un intérêt pour le jazz, Stéphane fonde son propre groupe, Light, influencé par le rock progressif et des formations comme Genesis, Yes ou Soft Machine[12]. Vers la fin de ces années, il formera avec Alain Dachicourt, camarade avec lequel il était relativement actif au sein de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), un embryon de groupe auquel se joindra rapidement Nicolas. Stéphane joue sur le petit amplificateur "Sound" de 10 watts que lui et Christophe se sont achetés en arrivant à Châtillon, brisant pour cela leur tirelire. Alain a son propre ampli sur lequel est branchée une boite à rythme rudimentaire. Nicolas chante devant le micro d'un petit enregistreur à cassette. Ainsi naîtront quelques titres dont Dizzidence Politik signé plus tard par Nicolas Sirchis / Dominique Nicolas et intégré au premier mini album du groupe Indochine[13].

En 1976, Stéphane découvre le mouvement punk. Il est aussitôt séduit par la rébellion qu'il véhicule[14]. Les notions d'autonomie et de liberté promues par le mouvement punk et dans lesquelles il se reconnaît l'amènent à se détacher des organisations politiques militantes et hiérarchisées au sein desquelles il évoluait jusqu'alors. Cette version de son histoire est contredite par Alain Dachicourt et Gaëlle Creach, camarades militants de Stéphane qui témoignent de sa fidélité tant en amitié qu'envers la LCR, malgré la notoriété qui le touche dès les premiers succès du groupe Indochine. Christophe la contredit également, constatant que Stéphane est toujours resté fidèle à ses convictions.

Activité musicale au sein d'IndochineModifier

Durant les prémices de ce qui deviendra le groupe Indochine, Stéphane s'absente régulièrement pour travailler comme agent d'exploitation de remontées mécaniques à La Plagne. Il est parfois moniteur de ski mais doit renoncer, faute de temps pour valider un diplôme officiel. À cette époque, Nicola et Stéphane vivent encore chez leur mère, au 35 rue Gabriel Péri à Châtillon. Durant cette période que Nicolas consacrait la totalité de son temps à peaufiner son look, ses attitudes et à répéter plutôt que de se rendre dans les coûteuses écoles privées auxquelles il était inscrit. Alain Dachicourt racontera en interview s'être fait violemment éconduire par Nicola qui considérait « furieusement » son projet de groupe, alors qu'Alain et quelques autres musiciens qui se relaient au sein de leur première tentative appelée Les Espions considèrent la démarche avec plus de légèreté. En , Nicola Sirkis et Dominique Nicolas fondent le groupe Indochine avec l'aide de leur ami Dimitri Bodianski et enregistrent un premier disque en . Stéphane Sirkis observe les débuts du groupe de son frère, tout en s'inscrivant à la faculté de Malakoff pour suivre des cours de psychologie[15]. Il participe à la programmation d'Indochine puis rejoint officiellement le trio en . Il devient le guitariste d'Indochine et participe à la composition de plusieurs chansons dans les années 1980.

Son rôle dans la composition s'accroît après le départ du principal compositeur et membre fondateur du groupe, Dominique Nicolas, en 1995. En effet, après avoir envisagé d'abandonner le nom « Indochine » et de lancer un duo avec son frère, Stéphane et Nicola décident de maintenir l'existence du groupe[16] et de sortir l'album Wax en 1996. Stéphane est ainsi l'un des compositeurs principaux des albums Wax et Dancetaria, ce dernier album ayant été enregistré après sa mort, en 1999.

De 1985 à 1999, Stéphane Sirkis compose la musique de quinze chansons pour six albums du groupe :

Autres activités musicalesModifier

Stéphane Sirkis est intéressé par l'audiovisuel. Il est ainsi coprésentateur avec Alain Chabat de l'émission 4C+ sur Canal+ en 1985.

En dehors d'Indochine, il a composé le second générique de l'émission musicale Platine 45 rebaptisée en 1985 et 1986 Super Platine, ainsi que la musique du film Les Keufs en 1987.

Dans les années 1990, il compose, au côté de son frère aîné Christophe Sirchis, des musiques pour des documentaires et des spots publicitaires.

Stéphane Sirkis a envisagé de réaliser un album solo, projet resté à jamais inachevé.

HommagesModifier

  • Dancetaria, album studio sorti le , est ainsi dédicacé par Nicola Sirkis : « Cet album est pour toi et pour Lou ». Paradize, neuvième album studio d'Indochine, sorti en 2002, lui est dédié : « In the memory of Stef », peut-on lire sur la dernière page du livret, en bas de la page. Sur cet album, Electrastar, une chanson d'Indochine est un hommage de Nicola Sirkis à son frère.
  • Dans le numéro 300 de du magazine Rock & Folk, Nicola Sirkis publia une lettre à Stéphane en hommage à son frère.
  • Pour le premier anniversaire du décès de Stéphane, le , un concert acoustique est donné en sa mémoire.
  • Le concert du est à l'origine de l'idée de la tournée acoustique « Nuits intimes », clôturée par la sortie de l'album éponyme, en 2001.
  • Starmustang, livre de Christophe Sirchis, son frère aîné, publié en 2009, retrace la vision de ce dernier quant à la vie et la mort de Stéphane Sirkis.
  • Lors du concert au Summum de Grenoble, le , Lou rejoint Nicola Sirkis sur scène pour interpréter Electrastar en acoustique.

Notes et référencesModifier

  1. Le patronyme Sirkis était à l'origine écrit en alphabet cyrillique avec l'équivalent du k en alphabet latin, mais la famille Sirkis vivant en Moldavie, région annexée par la Roumanie, dut retranscrire son nom en roumain ; or le roumain ne connaît pas le k et utilise la graphie ch pour le retranscrire. Quand le père de Christophe Sirkis vint s'installer en France, il adopta l'orthographe avec ch bien que celle avec un k soit celle d'origine.
  2. a b c et d Guillaume Decherf, Indochine - Pas de repos pour l`aventurier, Premium, (ISBN 978-2-35636-091-5 et 2-35636-091-3, OCLC 800738444, lire en ligne).
  3. En 1903 et 1905, l'antisémitisme des civils comme celui du clergé orthodoxe conduisent à deux pogroms notables à Chișinãu.
  4. a et b Sirkis 2009, p. 15 à 18.
  5. « Indochine ne fait plus la 1ère partie de Taxi Girl » (consulté le ).
  6. michaud 2004, p. 26.
  7. indo.fr, « Stef » (consulté le ).
  8. Emmanuel Marolle, « Indochine : Nicola Sirkis, guerre et paix », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  9. Prisma Média, « Nicola Sirkis : de quelle maladie est mort son frère Stéphane ? - Gala », sur Gala.fr (consulté le ).
  10. Prisma Média, « Nicola Sirkis, leader d'Indochine : pourquoi son frère Christophe lui en veut autant depuis la mort de son autre frère Stéphane - Gala », sur Gala.fr (consulté le ).
  11. Vincent 2009, p. 224.
  12. Michaud 2004, p. 12.
  13. Sirkis 2009, p. 162-163.
  14. Michaud 2004, p. 15.
  15. Vincent 2009, p. 51.
  16. Michaud 2004, p. 145.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier