Sparassidae

famille d'araignées aranéomorphes
Sparassidae
Description de cette image, également commentée ci-après
Classification selon le World Spider Catalog
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Chelicerata
Classe Arachnida
Ordre Araneae
Sous-ordre Araneomorphae

Famille

Sparassidae
Bertkau, 1872

Synonymes

  • Heteropodidae Thorell, 1873
  • Micrommatidae Bertkau, 1878
  • Eusparassidae Jarvi, 1912

Les Sparassidae sont une famille d'araignées aranéomorphes[1]. Elles pratiquent la chasse à l'affût sur des proies très rapides (d'où leur nom anglophone de « Huntsman spiders »)[2].

DistributionModifier

 
Distribution

Araignées à répartition pantropicale (en), les espèces de cette famille se rencontrent sur tous les continents sauf aux pôles[1].

Trois espèces sont indigènes en France : Olios argelasius, Micrommata ligurina (en) et Micrommata virescens[3]. « Ces araignées sont assez facilement déterminables par leur habitus et leur habitat : Micrommata virescens est plus liée aux zones herbeuses humides (prairies humides, tourbières,…) tandis que M. ligurina est plus thermophile (pelouses et prairies sèches). Quant à Olios argelasius, bien plus gros et nettement méditerranéen, il se rencontre assez fréquemment dans les maisons mais aussi dans la nature sur la strate arbustive des zones chaudes[4] ».

HabitatModifier

 
L'araignée de pluie est souvent observée la nuit près des habitations ou dans leurs pièces allumées car leurs proies favorites (mouches, moustiques…) sont positivement phototactiques (attirées par la lumière)[5]

Ce sont typiquement des chasseuses nocturnes qui fréquentent des milieux très divers (depuis les déserts jusqu'aux régions littorales ou montagneuses, sur les arbres des forêts ou sur la végétation basse) et peuvent se retrouver dans des habitations humaines lorsqu'elles y trouvent des blattes à chasser[6].

DescriptionModifier

 
Heteropoda venatoria, connue sous son nom en créole réunionnais de Babouk, est une araignée typique des îles de l'océan Indien.

Leurs critères diagnostiques sont les paires de pattes déployées sur le côté (implantation latérigrade), ce qui leur permet de courir sur le côté et en arrière, comme les crabes (cette famille faisant partie de celles qui sont désignées par le nom vernaculaire d'araignées-crabes). La deuxième paire est légèrement plus longue[6].

Ce sont des araignées de grande taille (corps de 6 à 40 mm, avec une envergure pattes étalées pouvant atteindre 100 mm, et même plus chez Heteropoda maxima qui est la plus grande araignée connue à ce jour, avec une envergure de 25 à 30 cm pour un corps de 46 mm au maximum[7]), mais inoffensives pour l'homme car elles ne sont pas agressives, pouvant être responsables de quelques cas de morsures douloureuses mais sans effet majeur (venin non potentiellement toxique). Leur aire visuelle est constituée de deux rangées d'yeux, les médians étant généralement plus gros. Les tarses et métatarses sont dotés de scopules. L'apex des métatarses avec une membrane trilobée molle permet une hypermobilité des tarses[6].

Une fovéa est visible au centre du céphalothorax. L'abdomen rond à ovale, rarement allongé, présente souvent avec un motif dorsal, le folium et est couvert d'une couche dense de soies très fines. La couleur va de blanc crème à brun foncé ou gris, souvent avec des rayures plus foncées et un motif marbré. Certaines espèces sont vertes ou blanches, avec des marques jaunes ou rouges[6]

Au Laos, on a observé des mâles d'Heteropoda maxima dont la longueur pattes étalées atteint 30 cm[8]. Provoquées, ces araignées peuvent mordre, ce qui engendre des douleurs locales et de petites enflures.

PaléontologieModifier

Cette famille est connue depuis le Paléogène[9].

Liste des genresModifier

Selon World Spider Catalog (version 23.5, 04/09/2022)[10] :

Selon World Spider Catalog (version 20.5, 2020)[9] :

Systématique et taxinomieModifier

Cette famille a été décrite par Bertkau en 1872.

Elle rassemble 1 338 espèces dans 95 genres[1].

Publication originaleModifier

  • Bertkau, 1872 : « Über die Respirationsorgane der Araneen. » Archiv für Naturgeschichte, vol. 38, p. 208-233 (texte intégral).

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c WSC, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Christine Rollard, Fascinantes araignées, éditions Quæ, , p. 81
  3. Michel Hubert, Les araignées — Généralités, araignées de France et des pays limitrophes, Éditions Boubée, , p. 185
  4. Déjean, Danflous & Saintilan, 2013 : « Liste préliminaire commentée des Araignées (Araneae) de la région Midi-Pyrénées et discussion sur certains taxa. » Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse, vol. 148, p. 13-46.
  5. (en) Ansie S. Dippenaar-Schoeman, Rudy Jocqué, African Spiders: An Identification Manual, ARC-PPRI, , p. 187
  6. a b c et d (en) Rudy Jocqué, Anna Sophia Dippenaar-Schoeman, Spider Families of the World, Royal Museum for Central Africa, , p. 232
  7. (en) Mark Carwardine, Animal Records, Sterling Publishing Company, , p. 211.
  8. Jaeger, 2001 : « A new species of Heteropoda (Araneae, Sparassidae, Heteropodinae) from Laos, the largest huntsman spider? » Zoosystema, vol. 23, no 3, p. 461-465 texte intégral.
  9. a et b (en) Dunlop, Penney et Jekel, « A summary list of fossil spiders and their relatives » (version 20.5), dans World Spider Catalog, Musée d'histoire naturelle de Berne, 2020.
  10. WSC, consulté le version 23.5, 04/09/2022