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Spaghetti

pâtes alimentaires longues et fines, à section circulaire
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Spaghetti
Image illustrative de l’article Spaghetti
Spaghetti aglio, olio e peperoncino :
ail, huile et piment.

Lieu d’origine Italie
Température de service Chaud
Accompagnement Sauce bolognaise, Carbonara
Classification Pâtes alimentaires

Les spaghettis (/spa.gɛ.ti/, en italien /spa'get:i/) sont un plat typique de la cuisine italienne.

Ils se présentent sous la forme de pâtes longues et fines, à section circulaire. On distingue plusieurs diamètres : les spaghettinis (no 3), spaghettis (no 5) et les spaghettonis (no 7 ou 8).

Les numéros figurant sur les emballages des spaghettis sont de simples numéros de catalogue attribués par les fabricants et peuvent varier d'une entreprise à l'autre.

Sommaire

ÉtymologieModifier

 
Spaghetti ai frutti di mare ou spaghetti alla marinara : spaghettis aux fruits de mer.
 
Spaghettis thaï phat khi mao.
 
Boîtes de spaghettis.

Le substantif masculin[1],[2] « spaghetti » est un emprunt[3] à l'italien spaghetti[1],[2], pluriel de spaghetto (« ficelle »)[1], dérivé diminutif de spago (« fil pour ficelle »), lui-même issu du latin tardif spacus (« cordon, ficelle »)[1]. En français, on a écrit « spaghetti » jusqu'à la réforme de l'orthographe de 1990. Depuis, on écrit : « spaghettis[4] ».

HistoireModifier

La plus ancienne mention de pâtes sèches remonte au XIIe siècle, où Al-Idrissi, dans le Livre de Roger, décrit une fabrique de pâtes allongées légèrement arrondies appelées itrya, de l’arabe itryah qui signifie « pâte fine coupée en bandes », dans la ville de Trabia en Sicile[5],[6]. Ces pâtes, ancêtres des spaghettis, se diffusent rapidement parce qu’elles sont sèches, et donc moins périssables et plus faciles à transporter[7].

En ItalieModifier

En Italie, ils sont préparés selon différentes recettes traditionnelles, en général sans bouillon, souvent accompagnés d'une sauce tomate et parsemés de fromage râpé (essentiellement du Grana Padano, du parmesan ou du pecorino romano).

Dans les autres pays, ils se préparent aussi selon de multiples variantes de recettes, souvent dictées par la simple recherche de l'originalité ou par la transposition de recettes d'autres types de pâtes. On peut trouver, par exemple, des « spaghettis aux fruits de mer », accompagnés de larges tranches de jambon, sans autre assaisonnement, ou bien des « spaghettis à la bolognaise » (que l'on trouve même vendus en boîtes dans le Nord de l'Europe), contenant une sorte de sauce à la bolognaise et les spaghettis déjà cuits.

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Les grandes recettes de spaghettisModifier

 
Spaghettis en décoration.

Plusieurs milliers de recettes de pâtes et de sauces existent en Italie, dont plusieurs centaines pour les spaghettis.

Néanmoins certaines recettes sont plus adaptées aux spaghettis. Parmi celles-ci, on peut citer :

  • spaghettis alle vongole : aux palourdes (avec ou sans sauce tomate)
  • spaghettis aux moules (avec ou sans sauce tomate)
  • spaghettis ai frutti di mare ou alla marinara : aux fruits de mer
  • spaghettis al ragù : à la sauce bolognaise
  • spaghettis al pesto : au pesto/pistou
  • spaghettis all'amatriciana : guanciale, huile, piment, tomate, pecorino (fromage de brebis) râpé
  • spaghettis alla carbonara : pancetta, œufs, parmesan, poivre
  • spaghettis alla puttanesca : tomate, ail et olives noires
  • spaghettis alla boscaiola : pancetta, champignon et crème
  • spaghettis aglio, olio e peperoncino : ail, huile et piment
  • spaghettis all'arrabbiata : sauce tomate olives, ail, câpres et peperoncini (piments)
  • spaghettis con olive e mozzarella : olives et mozzarella
  • spaghettis agli asparagi : asperges, parmesan et crème
  • spaghettis à la tomate fraîche
  • spaghettis al gorgonzola
  • spaghettis en salade froide : basilic, tomates fraîches, olives noires
  • spaghettis alla calabrese : calabraise (filets d'anchois, piments et persil)
  • spaghettis cacio et pepe : fromage et poivre.

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Les spaghettis dans la cultureModifier

Cinéma et théâtreModifier

Les spaghettis sont les mémorables héros d'un gag de la comédie « Miseria e nobiltà » (d'Eduardo Scarpetta), interprété également au cinéma par Totò, dans lequel ils finissent à un certain point dans les poches du protagoniste miséreux, qui devant les cacher, les met en lieu sûr dans sa veste.

Un plat de spaghettis est également le « protagoniste » d'une très célèbre et hilarante séquence du film Un Américain à Rome, avec un jeune Alberto Sordi dans le rôle du yankee aux prises avec un très grand plat (extra-large) de spaghettis (très) assaisonnés à la tomate : « Des spaghettis ! — s'exclame, assis à table, le protagoniste Nando — ... vous m'avez provoqué, et moi, je me' ve magno ... ».

Dans Le Retour de don Camillo à la 17e minute, Peppone est attablé devant des spaghettis et en offre une assiette à Don Camillo.

On les trouve également comme élément central de la scène du restaurant de La Belle et le Clochard (1955) des studios Disney.

Parce qu'ils symbolisent précisément l'Italie, les spaghettis ont donné leur nom à un genre cinématographique, le « Western spaghetti », c'est-à-dire le western produit et dirigé par des metteurs en scènes italiens — parmi les nombreux cinéastes qui se sont attaqués à ce genre avec des budgets divers, on peut citer notamment Sergio Leone (Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l'Ouest...)

Dans une des cinématiques du jeu Hotel Mario sur CD-i, au début du jeu, Luigi raconte à Mario qu'il « espère qu'elle (la princesse Peach) a fait plein de spaghettis ». Cette scène n'a pas manqué d'être parodiée plus d'une fois, y compris dans sa version en anglais.

LittératureModifier

Le conte Confession publique faite par la dernière mangeuse de spaghettis, du recueil Le Génie de l'aubergine et autres contes loufoques, de Pierre Cormon (1997), met en scène une femme qui refuse d'abandonner les spaghettis traditionnels au profit des spagetti en cube, dernière innovation de l'industrie agro-alimentaire en 2053, et le paie au prix fort[8].

SciencesModifier

Quand on plie un spaghetti (sec) il ne se casse jamais en deux morceaux, mais en trois ou plus. Ce « mystère du spaghetti », popularisé par Richard Feynman, s'explique par le fait que le spaghetti se brise bien d'abord en deux morceaux, mais qu'ils sont ensuite parcourus par une onde de détente de flexion qui fait transitoirement repasser la contrainte au-dessus du seuil de rupture. Une astuce pour réussir à casser un spaghetti en deux consiste à lui appliquer une certaine torsion avant de le plier[9],[10].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Définitions lexicographiques et étymologiques de « spaghetti » (sens A) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 23 juillet 2017].
  2. a et b Entrée « spaghetti » des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 23 juillet 2017].
  3. Josiane F. Hamers, « Emprunt », dans Marie-Louise Moreau (dir.), Sociolinguistique : les concepts de base, Sprimont, P. Mardaga, coll. « Psychologie et sciences humaines » (no 218), , 2e éd., 1 vol., 312 p., 14,8 × 22 cm (ISBN 2-87009-664-X et 978-2-87009-664-2, OCLC 38041879, SUDOC 010046380, lire en ligne), p. 136-139, p. 137 (« spaghetti ») (lire en ligne) [consulté le 23 juillet 2017].
  4. Liste des mots rectifiés les plus fréquents
  5. (it) Marcella Croce, « La Sicilia aprì la porta alla pasta », sur cronachedigusto.it, (consulté le 5 août 2017)
  6. (it) Cristina Ortolani, L'Italia della pasta, Touring, , 260 p. (ISBN 978-8836529339, lire en ligne), p. 126.
  7. (en) Emanuela Scarpellini, Food and Foodways in Italy from 1861 to the Present, Palgrave Macmillan, , 264 p. (ISBN 978-1137569608, lire en ligne), p. 103.
  8. Annick Jeanmairet, « Aubergine loufoque », Journal de Genève, 29 novembre 1997
  9. (en) Ronald H. Heisser, Vishal P. Patil, Norbert Stoop, Emmanuel Villermaux et Jörn Dunkel, « Controlling fracture cascades through twisting and quenching », Proceedings of the National Academy of Sciences, Washington, Académie américaine des sciences, vol. 115, no 35,‎ , p. 8665-8670 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, OCLC 43473694 et 1607201, PMID 30104353, PMCID 6126751, DOI 10.1073/PNAS.1802831115) .
  10. Céline Deluzarche, « Science décalée : on sait enfin comment casser un spaghetti en deux », sur Futura Sciences, (consulté le 11 octobre 2018).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier