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Spéculation à prime

La Spéculation à prime, ou marchés conditionnels est un système de spéculation très ancien à la Bourse de Paris, décrit par les textes officiels parlent d'un « jeu de primes ». Il consistait en un jeu d'options d'achat et de vente, permettant d'acheter ou vendre des obligations, mais de renoncer finalement à la transaction si le cours n'est pas parvenu au niveau espéré.

HistoireModifier

Les marchés conditionnels, à terme ou à prime, font leur retour officiel à la Bourse de Paris en 1844 [1] après avoir déjà été répertoriés au XVIIIe siècle[2]. Comme les techniques du marché à terme, celles du marché à prime, ont été introduites en France par le banquier écossais John Law[3] dans les années 1710 et utilisées à grande échelle lors de la vaste spéculation créée par le Système de Law.

Le 9 janvier 1720, le Régent exige que la Mississippi lui reprenne ses actions à 9 000 livres. John Law alors invente un instrument financier de plus, « les primes » : déposer 1 000 livres, donne le droit d'acheter l'action pour 10 000 livres pendant six mois[4]. Les spéculateurs préfèrent "les primes" aux actions, la rumeur espérant que ces dernières montent à 18 000 livres[5]. Vendre à 10 000 livres permettait d’acheter 10 "primes" [6], qui sont devenues l’objectif principal des spéculateurs.

Alphonse Courtois en donne la définition suivante dans son Traité des opérations de Bourse de 1862: "l'acte par lequel l'acheteur renonce au marché en consentant à payer la prime s'appelle abandon de la prime. Dans le cas contraire, on dit que l'on lève, et alors le marché à prime devient ferme et se traite comme toute opération ferme"[7].

Notes et référencesModifier

  1. "Les marchés à terme ou conditionnels au XIXe siècle", par Alex Viaenne, dans Le marché financier français au XIXe siècle: Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, Publications de la Sorbonne, 14 juin 2007, page 577 [1]
  2. "Les marchés à terme ou conditionnels au XIXe siècle", par ALex Viaenne, dans Le marché financier français au XIXe siècle: Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris, Publications de la Sorbonne, 14 juin 2007, page 571 [2]
  3. "Le mercantilisme au XVIIe siècle : Les banques et les billets de monnaie sous la Régence", page 49, par Jean-Marie Thiveaud, dans la Revue d'économie financière, 1998
  4. Le Régent, par Jean-Christian Petitfils [3]
  5. "Une brève histoire des crises financières: Des tulipes aux subprimes", par Christian CHAVAGNEUX [4]
  6. "JOHN LAW ET LA BULLE DE LA COMPAGNIE DU MISSISSIPPI" [5]
  7. "Traité élémentaire des opérations de Bourse", par Alphonse Courtois - 1867 - [6]