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Tisha Beav

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Un jour de pleurs pour les générations : -n
À l'époque de la clôture de la Mishna, le 9 ''av'' semble perdre de son importance : si [[Rabbi Yehouda]] prend sa ''[[seouda mafseket]]'' (dernier repas avant le jeûne) à la façon d'un repas de deuil, Rabbi [[Juda Hanassi]] en annule le caractère lorsque [[shabbat hazon|le 9 ''av'' a lieu le chabbat]] et que le jeûne doit être décalé au lendemain (c'est-à-dire au dimanche)<ref>T.B. [[Meguila (traité)|Meguila]] 5b</ref>. Cependant, les Sages de Babylone différencient soigneusement ''Tisha beav'' des autres jeûnes et en rendent l'observance obligatoire car les tourments y sont plus nombreux qu'en tout autre jeûne<ref>T.B. ''Rosh Hashana'' 18b</ref> ; c'est d'ailleurs, aux dires de plusieurs, le seul jeûne public observé à Babylone<ref>T.B. ''Pessa'him'' 54b, ''Taanit'' 11b & 12b</ref>.
 
Le 9 ''av'' donne lieu au cours des siècles suivants à la composition et à la lecture de [[piyyout|pièces liturgiques]] d'un nouveau genre, les ''[[kinnotkinot]]'' (élégies). Il devient de coutume dans les communautés [[ashkénaze]]s de lire en outre le [[Livre des Lamentations]] lors de la veillée du 9 ''av''<ref>''Minhaggim yeshanim miDoura'', p. 149, éd. Jérusalem 1969 (numérisée dans le Projet Responsa v. 1.17+)</ref>, les séfarades lisant aussi [[Livre de Job|celui de Job]] le matin, suivant l'ordonnance plus ancienne d'[[Amram Gaon]]<ref>''Seder Rav Amram Gaon, seder tisha beav''</ref>. Aux ''kinnotkinot'' d'[[Eléazar Hakalir]] qui se lamentent sur la chute du Temple, et celles de [[Juda Halevi]] qui [[Sionides|pleurent Sion]], s'ajoutent des complaintes sur l'appel aux [[Croisades]] par le pape [[Urbain II]] (survenu le 9 ''av'' de l’an [[1095]] EC) et sur le [[procès du Talmud|brûlement du Talmud]] à Paris (daté du 9 ''av'' de l’an [[1242]] EC).
 
Du fait de ces nouvelles calamités, le 9 ''av'' revêt un aspect de tristesse et d'ascétisme de plus en plus marqué avec le temps : au {{s-|XII|e}}, [[Moïse Maïmonide]] ne compte comme marques de deuil que celles énoncées dans le Talmud et limite l'interdiction de viande et de vin à la ''seouda mafseket''<ref>''[[Mishne Torah]], Sefer Zmanim, Hilkhot Taanit'' 5:8</ref>. Un siècle plus tard, [[Moïse de Coucy]], protagoniste du procès du Talmud, signale que beaucoup ne mettent pas les ''[[tefillin]]'' (phylactères) pour prier<ref>''Sefer Mitzvot HaGadol, assin, asse derabbanan'' 3</ref> et les décisionnaires rhénans étendent la période de deuil bien au-delà de la semaine au cours de laquelle a lieu le 9 ''av''<ref>[[Eléazar de Worms]], ''Sefer Harokea'h'' 331 ; ''[[Jacob Moelin|Sefer Maharil]], Hilkhot shiva assar betamouz vetisha beav''</ref>.
 
Au fil des années et des siècles, les catastrophes s'accumulent et, avec elles, les marques de deuil et ''kinnotkinot'' :
* la signature du décret d'[[expulsion des Juifs d'Angleterre]] par le roi [[Édouard Ier d'Angleterre|Édouard {{Ier}} d'Angleterre]], le 9 ''av'' 5050 ([[1290]] EC)
* l'expulsion des Juifs de France par [[Philippe le Bel]], le 10 Av 5066 (22 juillet 1306)<ref name="Jewen20">{{en}} {{lien web|url=http://www.jewishencyclopedia.com/view.jsp?artid=288&letter=F&search=France#820|titre =JE, Exile of 1306}}</ref>
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