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Tisha Beav

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Jour le plus triste du calendrier hébraïque, le 9 ''av'' est précédé par une période [[Les trois semaines|de trois semaines]] au cours desquelles viande, vin, musique et autres marques de réjouissance sont progressivement interdits. Il est principalement observé par un jeûne depuis le crépuscule à la sortie des étoiles le lendemain. Les Juifs y sont en outre soumis aux mêmes restrictions que ''[[Yom Kippour]]'' sur les parfums, le port de chaussures de cuir et les rapports conjugaux. Cependant, la solennité est absente du jour et il n’y règne que le deuil, ritualisé par la lecture sur un ton éteint, à même le sol, du [[Livre des Lamentations]] et des ''[[kinot]]'' (élégies) ainsi que, pour certains, du [[Livre de Job]]. Il est suivi, six jours plus tard, le quinzième jour du mois d’av (hébreu : ט״ו באב tou bèav) par [[Tou Beav]] qui est, selon la tradition rabbinique, l'un des jours les plus joyeux de l'année juive à l'époque des Temples de Jérusalem.
 
Selon le concept du judaïsme de la transformation inéluctable du mal en bien, le 9 av deviendra selon la tradition rabbinique un jour de fête avec l’avènement de l Époque messianique comme enseigné dans le [[Traité Berakhot|Traité Berakhot]] du [[Talmud de Jérusalem]] (2,4).
 
 
Alors que les coutumes de deuil dominent, les ''[[hassidim]]'' tiennent à rappeler que le jour n'est pas totalement dépourvu d'espoir : d'une part, une tradition talmudique affirme que le [[Messie dans le judaïsme|Messie]] naîtra un 9 ''av''<ref name="Mashiah">[[Talmud de Jérusalem|T.J.]] ''Berakhot'' 2:4</ref> et, d'autre part, « qui pleure la destruction de Jérusalem mérite de se réjouir de sa reconstruction<ref>T.B. ''Taanit'' 30b</ref> ». Le 9 av devient donc, paradoxalement, un temps d'espoir et d'anticipation, une opportunité de tisser un lien plus étroit avec Dieu<ref>{{en}} {{lien web |url=http://www.chabad.org/library/article_cdo/aid/144573/jewish/Three-Weeks.htm |titre=Three Weeks Laws and Customs: From Destruction to Renewal |site=chabad.org}}</ref>.
 
Beaucoup poursuivent lors du 9 ''av'' la coutume de compléter l'étude d'un traité talmudique qu'ils observent depuis le début du mois d’''av'', atténuant les tourments des souvenirs tragiques par la joie de l'[[étude de la Torah]]<ref name="Rabbi">Cf. [[Menachem Mendel Schneerson]], ''Sefer haSichos'' 1991, seconde partie, {{p. |733}}</ref>.
 
=== Le 9 av après le Moyen Âge ===
En [[1648]], [[Sabbataï Tsevi]] se base, entre autres, sur la tradition qui fait naître le Messie un 9 ''av''<ref name="Mashiah"/> pour [[Prétendants juifs à la messianité|se proclamer Messie]] et abolir les observances du 9 ''av''. Sa conversion à l'islam entraîne cependant un détachement de la majeure partie de ses fidèles, de sorte que son action n'entraîne pratiquement aucune répercussion.
 
Au {{s-|XIX|e}}, la ''[[Haskala]]'', qui encourage les Juifs à s'intégrer au monde profane et non-juif, a des effets plus durables : d'une part, les premiers théoriciens de la [[judaïsme réformé|réforme du judaïsme]], souhaitant gommer toute dimension nationale au fait juif, estiment que la chute du Temple a permis la transformation de la nation juive en une nation de prêtres<ref>[[David Einhorn (rabbin)|David Einhorn]], ''Ner tamid'', 1856, {{p.|100}}, cf. {{harvsp|Encyclopedia Judaica|2008}}</ref>. La désaffection à l'observance du 9 ''av'' semble également avoir été monnaie courante parmi les premiers [[sioniste]]s, et [[Berl Katznelson]], pourtant chef de file de ce mouvement, s'offusque en [[1934]] que des jeunes du parti aient pu tenir des feux de camp « en ce jour qui a scellé notre destin<ref>{{lien web|url=http://www.myjewishlearning.com/israel/Jewish_Thought/Modern/Secular_Zionism.shtml|auteur=R' Ed Snitkof|titre=Secular Zionism|site=My Jewish Learning|consulté le=1{{er}} juin 2011}}</ref> ».
 
La [[Shoah]] et la création de l'[[État d'Israël]] en 1948 entraînent des changements profonds dans cet état de choses :
* D'une part, on assiste au retour du 9 ''av'' dans la liturgie réformée bien que beaucoup de ceux-ci y voient avant tout le jour mémorial par excellence pour les victimes de la Shoah<ref>Allôn Gal, ''Envisioning Israel: the changing ideals and images of North American Jews'', Magnes Press, Jérusalem 1996, {{p.|141}}</ref> (de fait, les déportations en masse des Juifs parqués dans le [[ghetto de Varsovie]] vers le camp d'extermination de [[Treblinka]] ont commencé le 9 ''av''<ref>{{lien web|url = http://judaism.about.com/od/daysofmourning/a/tav_events.htm |titre = Tisha B'Av Calamities - 9th day of the Hebrew month of Av - Ninth of Av - Jewish Days of Mourning - Fast Day }}</ref> et, en France, la [[rafle du Vélodrome d'Hiver]], ainsi que celles de [[Rafle manquée de Nancy|Nancy]] et de la Marne, ont eu lieu au cours [[les trois semaines|des trois semaines]] qui séparent le [[17 tammouz]] du 9 ''av'').<br />[[Menahem Begin]], devenu premier ministre, avait lui aussi eu l'intention de regrouper toutes les journées du souvenir, y compris [[Yom Hazikaron|celle pour les victimes du terrorisme antisémite et antisioniste et pour les soldats israéliens morts en service]], au 9 ''av''<ref>{{en}} [http://www.haaretz.com/print-edition/features/dreaming-of-the-third-temple-in-a-conflicted-land-of-israel-1.302924 ''Dreaming of the Third Temple in a conflicted Land of Israel''], ''Haaretz'', 20 juillet 2010</ref>.<br />Le souvenir des victimes de la Shoah s'insinue aussi dans la liturgie orthodoxe, des nouvelles ''kinot'' étant composées par Yehouda Leib Bialer, [[Simon Schwab]] en 1959 et par [[Shlomo Halberstam II|Solomon Halberstam]], troisième ''[[Rebbe]]'' de la [[dynastie hassidique de Bobov]], en 1984.
* D'autre part, la résurrection d'un foyer juif sur la terre ancestrale et les victoires militaires de la [[guerre des Six Jours]] suscitent en beaucoup la certitude de l'imminence de la rédemption d'Israël. Interrogé au lendemain de la guerre des Six Jours, le rabbin [[judaïsme conservative|''conservative'']] Theodore Friedman plaide pour une abolition au moins partielle du jour ; toutefois, son confrère [[David Golinkin]] infirme cette opinion en 1997, en rappelant que le jeûne du 9 ''av'' avait continué à être observé après le [[retour à Sion]] alors que les autres jeûnes avaient été abolis<ref>''Proceedings of the Committee on Jewish Law and Standards of the Conservative Movement 1927-1970 - Volume III'' Ed. David Golinkin, The Rabbinical Assembly, Jerusalem, 1997</ref>.<br />Selon les représentants des mondes orthodoxe et ''haredi'', tout importants que soient ces évènements, seule la [[troisième Temple|reconstruction du Temple]] permettra de changer le 9 ''av'' en jour de joie<ref>{{lien web |url=http://www.inss.org.il/publications.php?cat=21&incat=&read=72 |auteur= Yehuda Ben Meir|titre=The Disengagement: An Ideological Crisis|série= Strategic Assesment, March 2005, vol. 7, n°4|site=The Institute for National Security Studies|consulté le=2010-07-20 }}</ref>. Tout changement, y compris celui proposé par le Rav [[Hayim David Halevy]] de réciter la prière ''[[Nahem]]'' au passé et non plus au présent, a été refusé. ''A contrario'', une ''kina'' est rédigée en 2005 par le rabbin [[sioniste religieux]] Yehoshoua Buch sur le [[Plan de désengagement des territoires occupés|retrait unilatéral du ''Goush Katif'']], dont le début avait été fixé au lendemain du 9 ''av''<ref>{{pdf}} {{lien web|url=http://machonshilo.org/en/images/stories/files/Kina%20for%20Gush%20Katif.pdf|titre=Kina for Gush Katif|auteur=Yehoushoua Buch}}</ref>.
Le 9 ''av'' continue donc à être considéré comme la date la plus noire du calendrier hébreu, d'autant que certains malheurs continuent à s'y produire (notamment l'[[attentat de l'AMIA|attentat contre le bâtiment de l’''Asociación Mutua Israelita Argentina'']], le 18 juillet 1994, qui fit 84 morts et 230 blessés).
 
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