Soyouz 3

vol du programme spatial soviétique

Soyouz 3
Insigne de la mission Soyouz 3.
Insigne de la mission Soyouz 3.
Données de la mission
Vaisseau Soyouz
Équipage 1
Indicatif radio Аргон
(Argon - « Argon »)
Masse 6 575 kg
Date de lancement
08:34:18 UTC
Site de lancement Baïkonour 31/6[1]
Date d'atterrissage
07:25:03 UTC
Durée 3 j 22 h 50 min 45 s
Paramètres orbitaux
Nombre d'orbites 64
Apogée 205 km
Périgée 183 km
Période orbitale 88,3 min
Inclinaison 51,7°
Photo de l'équipage
Timbre commémoratif soviétique de la mission, portrait de Gueorgui Beregovoï.
Timbre commémoratif soviétique de la mission, portrait de Gueorgui Beregovoï.
Navigation

Soyouz 3 est un vol qui marque la reprise du programme spatial de l'Union soviétique, plus exactement des vols habités, dix-huit mois après l'accident de Soyouz 1, qui s'était soldé par la mort de son pilote.

Lancé le et piloté par Gueorgui Beregovoï, celui-ci avait pour mission de s'amarrer à un autre vaisseau Soyouz, Soyouz 2, celui-ci étant inoccupé. Le rendez-vous été réussi mais non la jonction.

La mission a duré quatre jours.

ÉquipageModifier

A la différence de ses collègues, qui ont fait l'objet d'une campagne de recrutement, Beregovoï est devenu cosmonaute parce qu'il a été personnellement sélectionné (en 1962) par un important membre du programme spatial soviétique, Nikolaï Kamanine.

Par ailleurs, alors que les autres cosmonautes sont décorés héros de l'Union soviétique après leur retour sur Terre, lui l'est déjà au moment du décollage : il l'a été en effet suite à ses exploits aériens pendant la Seconde Guerre mondiale.

Beregovoï présente une troisième particularité : il est âgé de 47 ans quand il prend la route de l'espace, ce qui est à l'époque un record. Et comme l'Américain John Glenn, il est né en 1921, or aucun de leurs collègues ne sont nés avant eux.

ContexteModifier

Le mois d' est marqué par la reprise des vols habités tant aux États-Unis (marqués en par la mort accidentelle des astronautes d'Apollo 1) qu'en Union soviétique. Les vols Apollo 7 (11-) et Soyouz 3 (26-) marquent donc le réveil de la course à l'espace entre les deux grandes nations.

A cette époque, les Américains poursuivent deux objectifs, ouvertement révélés à l'opinion publique : envoyer trois astronautes autour de la Lune (ce qu'ils parviendront à faire deux mois plus tard avec le vol Apollo 8) et surtout en déposer deux autres sur son sol (ce qu'ils réussiront en avec le vol Apollo 11) ; ceci en réponse au pari lancé en mai 1961 par le Président Kennedy et confirmé en septembre 1962.

Depuis 1964, les Soviétiques poursuivent des objectifs similaires mais, à la différence des Américains, ils les tiennent secrets et ne révèlent à propos les vols qu'ils réalisent que les informations qui les arrangent en termes de prestige. Ainsi par exemple les circonstances dramatiques du retour de l'équipage de Voskhod 2, en 1965, ne seront révélées que plus d'une vingtaine d'années plus tard, au moment de la Glasnost. De même, si les Soviétiques n'ont pu dissimuler la mort du pilote de Soyouz 1, en , les objectifs de son vol (un rendez-vous et un amarrage avec Soyouz 2) ne seront connus que bien plus tard[2].

Après la mort de Komarov, le vaisseau Soyouz a fait l'objet de nombreuses modifications, elles-mêmes testées à plusieurs reprises dans l'espace par des vaisseaux inhabités. En , les vaisseaux Cosmos 186 et 188 (en) ont été les tout premiers engins à s'arrimer automatiquement dans l'espace (pendant 3h30), exploit technique qui a été réédité en avec Cosmos 212 et 213, performances qui ont été révélées à l'époque mais sans que les motivations ne le soient.

De même, on n'apprendra que plus tard que, le , le vaisseau Soyouz modifié a été testé à vide pendant quatre jours sous le nom de Cosmos 238.

ObjectifsModifier

Le , Soyouz 2 décolle de Baïkonour. Il est prévu que Soyouz 3 établisse un rendez-vous avec lui et s'y amarre, technique que les Américains maîtrisent depuis (vol Gemini 8) et qui - donc - était déjà l'objectif de Soyouz 1 en .

Déroulement du volModifier

Soyouz 3 décolle le , un peu moins de 24 heures après Soyouz 2.

Un premier rendez-vous est tenté sur le mode automatique, les deux vaisseaux restant distants de 180 mètres.

Un second rendez-vous se déroule le lendemain, cette fois sur le mode manuel. Beregovoï s'approche tout près de sa cible et à plusieurs reprises il tente de s'y arrimer mais il est contraint de renoncer[3] (contrairement à ce que laisseront penser certains médias[4]), par crainte de manquer de carburant.

Beregovoi passe le reste du temps dans le compartiment orbital, plus spatieux que la cabine de pilotage. Il y effectue quelques expériences scientifiques. Et comme l'avait fait l'équipage d'Apollo 7 quelques jours plus tôt, il réalise des émissions de télévision, permettant au grand public de découvrir l'intérieur d'un vaisseau spatial en direct[5].

Après 81 orbites sur un peu moins de quatre jours, il revient sur Terre sain et sauf.

Trois mois plus tard, les équipages de Soyouz 4 et 5 parviendront à amarrer leurs vaisseaux.

Paramètres de la missionModifier

  • Masse : 6 575 kg
  • Périgée : 183 km
  • Apogée : 205 km
  • Inclinaison : 51.7°
  • Période : 88.3 minutes
  • Identifiant : Аргон Argon (Argon)

Notes et référencesModifier

  1. « Baikonur LC31 », Encyclopedia Astronautica
  2. Christian Lardier, L'astronautique soviétique, Armand Colin, 1992
  3. Christian Lardier, op. cit., p. 186
  4. Soyouz-3 se serait amarré avec Soyouz-2 pendant le vol de Beregovoï, Le Monde, 6 novembre 1968
  5. Soyouz | Premiers succès, kosmonavtika.com

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier