Soupe populaire

établissement caritatif où l'on sert des repas gratuits

Une soupe populaire est un lieu où de la soupe, ou plus généralement un repas, est servi gratuitement aux personnes démunies.

Une soupe populaire à Montréal, en 1931.
Une soupe populaire à Paris, en 2010.

HistoireModifier

Les premières soupes gratuites sont distribuées à la fin du XIXe siècle dans les pays industrialisés. On emploie parfois l'expression « fourneau économique ».

Benjamin Thompson (lord Rumford) est un officier anglais embauché par prince-électeur de Bavière comme aide de camp pour mener les réformes sur le système social dans cet État du Saint-Empire romain germanique. Dans les années 1790, il met en place des soupes populaires après avoir compris qu'on pouvait préparer un repas pour tous les travailleurs qui coûterait moins cher par personne que ce que chaque individu aurait dépensé pour se nourrir. Il élabore et publie diverses recettes pour préparer des milliers de rations de soupe gratuite distribuées à chaque repas aux pauvres, aux travailleurs dans les industries et les ateliers militaires, et aux prisonniers. Cette soupe Rumford (en) représente une première ébauche d'application de la science nutritionnelle naissante mais s'avère ne fournir qu'un tiers des apports caloriques quotidiens nécessaires[1]. Préparée avec des déchets de pain, des légumes et des os, elle a du succès dans le Saint-Empire romain germanique, mais reçoit en Angleterre le péjoratif surnom de Dirt and bones soup, littéralement « soupe de saletés et d'os »[2].

La plus ancienne soupe populaire de Paris, à l'initiative de commerçants, date de 1894[3].

Le terme « soupe populaire » apparaît après le krach de 1929. Des millions de chômeurs en Europe et aux États-Unis se sont ainsi nourris pour ne pas mourir de faim et de froid.

Aujourd'hui, de nombreuses associations servent des soupes populaires à travers le monde, par exemple à Lausanne où elle est servie 365 jours par an[4].

La soupe populaire est considérée comme ayant une importante fonction sociale, et répond aussi à des besoins de contacts humains[5].

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Notes et référencesModifier

  1. (en) Roger A. E. Wells, Dearth and Distress in Yorkshire, 1793-1802, Borthwick Publications, , p. 21
  2. Jacques Barrau, Les hommes et leurs aliments. Esquisse d'une histoire écologique et ethnologique de l'alimentation humaine, Temps actuels, , p. 111
  3. http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75006/a-115-ans-cette-soupe-est-toujours-populaire-12-04-2011-1403625.php
  4. « Recherche de prestations sociales », sur Site officiel de la Ville de Lausanne (consulté le 9 septembre 2020).
  5. L'errance urbaine, Danielle Laberge, Éditions MultiMondes, 2000