Sophie de Réan

Sophie de Réan
Personnage de fiction apparaissant dans
Les Malheurs de Sophie.

La petite Sophie qui lave sa poupée dans de l'eau trop chaude...
La petite Sophie qui lave sa poupée dans de l'eau trop chaude...

Nom original Sophie de Réan
Alias Sophie Fichini (deuxième nom)
Sexe Féminin
Cheveux Blonds
Yeux Gris
Famille M. de Réan (père)
Mme. de Réan (mère)
Fédora Fichini (belle-mère)
Paul d'Aubert (cousin)
M. d'Aubert (oncle)
Mme. d'Aubert (tante)
M. de Rugès (beau-père et père adoptif)
Mme. de Fleurville (mère adoptive)
Camille de Fleurville (sœur adoptive)
Madeleine de Fleurville (sœur adoptive)
Jean de Rugès (mari et frère adoptif)
Léon de Rugès (beau-frère et frère adoptif)
Entourage Famille de Rosbourg
Lambert (jardinier de son château)
Gabriel (cuisinier de son château)
Marthe (cuisinière de son château)
Lucie (première bonne de son château)
Mina (deuxième bonne de son château)
Miss Albion (institutrice d'école)
Élisabeth Chéneau

Créé par Comtesse de Ségur
Interprété par Madeleine Rousset
Films Les Malheurs de Sophie
Romans Les Malheurs de Sophie
Séries Les Malheurs de Sophie
Première apparition Les Malheurs de Sophie
Dernière apparition Les Deux Nigauds
Saisons 1
Épisodes 1 à 26 pour le dessin animé de 1997

Sophie de Réan, ou Sophie Fichini[1], est un personnage de la trilogie de la comtesse de Ségur, qui comprend Les Malheurs de Sophie, Les Petites Filles modèles et Les Vacances. Le livre Les Malheurs de Sophie a été publié en 1859 par les Éditions Hachette. C'est un classique de la littérature enfantine, qui a été adapté en bande dessinée en 1927, en pièce de théâtre, en série d’animation pour la télévision en 1997-98, en musique par Chantal Aubert (Les Bonheurs de Sophie) et en chanson par Chantal Goya.

ConceptionModifier

L’auteur, la Comtesse de Ségur (née Sophie Rostopchine) n’a pas caché que le livre Les Malheurs de Sophie était autobiographique et que les aventures de Sophie était en réalité ses aventures, celles de la petite fille russe mal-aimée qu’elle a été, entre une mère extrêmement sévère et un père absent.

Apparence physiqueModifier

Sophie a les yeux gris, une figure ronde et souriante, et des cheveux blonds, lisses et coupés court.


Dans le dessin animé Les Malheurs de Sophie, Sophie a les yeux verts, un visage fin et des cheveux assez longs et rouges, mais elle se retrouve avec les cheveux coupés au carré après la coupe réalisée par sa belle-mère Mme Fichini en guise de punition. Par la suite, les cheveux de Sophie repoussent et deviennent plus longs qu'auparavant et deux rubans roses, semblables à ceux de Camille, décorent les cheveux.

Description dans Les malheurs de Sophie de la Comtesse de SégurModifier

Sophie était coquette ; elle aimait à être bien mise et à être trouvée jolie. Et pourtant elle n’était pas jolie ; elle avait une bonne grosse figure bien fraîche, bien gaie, avec de très beaux yeux gris, un nez en l’air et un peu gros, une bouche grande et toujours prête à rire, des cheveux blonds, pas frisés, et coupés courts comme ceux d’un garçon. Elle aimait à être bien mise et elle était toujours très mal habillée : une simple robe en percale blanche, décolletée et à manches courtes, hiver comme été, des bas un peu gros et des souliers de peau noire. Jamais de chapeau ni de gants. Sa maman pensait qu’il était bon de l’habituer au soleil, à la pluie, au vent, au froid.

BiographieModifier

Les deux parents de Sophie, M. et Mme de Réan, sont vivants au début du récit. C'est la mère de famille qui vit à demeure car M. de Réan est très souvent absent du domicile. Paul d'Aubert, le cousin de Sophie, un peu plus âgé qu'elle, vit près du château de Réan. De ce fait, les personnes continuellement décrites sont Sophie, sa mère et Paul.

Sophie est âgée de 4 ans. Elle est particulièrement vive et active. Ses distractions sont variées : elle fait du thé avec divers ingrédients imbuvables (de la craie à argenterie et de l'eau du chien), met ses pieds dans de la chaux vive, se bat avec son cousin Paul, se régale de fruits confits au-delà du raisonnable, abîme continuellement sa poupée en tentant de bien s'en occuper.

En somme, Sophie passe son temps à faire des bêtises, bien qu'elle ne s'en rende toujours compte qu'après-coup.

Deux petites filles vivent dans un château proche de celui de Réan. Elles se prénomment Camille et Madeleine de Fleurville. Ensemble, les quatre enfants expérimentent beaucoup de jeux et d'activité.

Sophie, ses parents, le cousin Paul et les parents de ce dernier (M. et Mme d'Aubert) projettent de partir en Amérique. Le voyage est organisé parce que M. Fichini, un ami de la famille, laisse miroiter un héritage considérable s'ils se rendent là-bas. Les six personnes partent de leur province et se rendent à Paris pour y réaliser des achats. Puis ils vont dans un port pour monter à bord de la Sibylle, une frégate commandée par M. de Rosbourg.

La traversée se déroule paisiblement. Le jeune Paul est toujours meurtri de sa mise au ban continuelle de la part de ses parents. C'est pour cette raison qu'il s'était toujours trouvé dans le château de Réan, ses parents ne voulant pas l'élever et le considérant comme une charge inutile. Il éprouve un sentiment éperdu de tendresse et de respect pour le commandant de Rosbourg, qui veille sur lui durant le voyage comme un père de substitution admirable.

Mais l'histoire devient sinistre lorsqu'une tempête s'abat sur le navire. La Sibylle prend le gite, trouée par des rails de chemin de fer qui étaient dans la soute et ont éventrés la coque. La mère de Sophie, les parents de Paul et le reste des marins montent dans les chaloupes mises à la mer pour évacuer l'épave. Il n'y a plus de place pour cinq personnes qui n'ont pas été attendues : le commandant, M. de Réan, Sophie, Paul et un matelot surnommé le Normand. Une vague scélérate engloutit alors les chaloupes, qui sont ballottées en tous sens. Tous leurs passagers meurent noyés. Ayant vu le drame, Sophie et son père s'échappent de la Sibylle dans un tonneau qui ne peut les contenir que tous les deux. Les trois autres qui restent sur l'épave qui chavire sont contraints à trouver un autre moyen de s'échapper dans un temps imparti très court. Du point de vue de Sophie, le navire sombre pourtant bien vite. Elle est certaine qu'eux aussi ont péri.

Les deux survivants sont trouvés errants sur les flots par un navire qui les emmène en Amérique. M. Fichini meurt et demande en dernière volonté que M. de Réan, alors veuf, se marie avec sa fille, Fedora Fichini.

Il se marie sans grand entrain, miné par une dépression importante. La belle-mère est spontanément cruelle et vicieuse avec Sophie et, un jour, la frappe injustement sur les jambes avec des branchages. Lorsqu'elle en fait part à son père, ce dernier, très en colère, gifle Mme Fichini et lui intime l'ordre de ne plus jamais lever la main sur sa fille. La marâtre humiliée lui promet de battre Sophie le plus fort et le plus souvent qu'elle le pourra. M. de Réan meurt quelques jours après, terrassé par son cœur fragile et sa honte de ne pas avoir su empêcher les blessures de sa fille. Il n'a pas pu divorcer et donc enlever la garde de Sophie à Mme Fichini. Cette femme cruelle respecte scrupuleusement sa promesse de la battre.

Mme Fichini se montre d'une cruauté exécrable envers Sophie. La marâtre ne cesse de la fouetter, de la priver de nourriture et de la meurtrir.

Sophie est altérée par les meurtrissures que sa belle-mère aux allures d'ogresse lui inflige. Puisqu'elle est martyrisée, son caractère s'en ressent. Elle devient querelleuse, coléreuse et malhonnête. Elle ne fait en vérité que suivre la voie de sa belle-mère qui n'éprouve pour elle aucune considération estimable.

Celle-ci, de retour en France avec sa belle-fille, a pris possession du château de Réan, situé à côté de celui de Fleurville et profite de la présence de Mme de Fleurville et Mme de Rosbourg, qui vivent ensemble au château de Fleurville, pour parader dans ses vêtements pompeux et franchement ridicules, remplis de fanfreluches et de rubans. Ces dames se rendent tout de suite compte que Sophie est maltraitée et l'invitent le plus souvent possible.

Elle n'est pas foncièrement méchante ou cruelle comme Mme Fichini, mais Camille et Madeleine doivent faire preuve de patience et de compréhension pour que l'atmosphère reste bonne. Marguerite, moins mûre, moins compréhensive concernant les causes de son comportement, a nettement plus de mal à aimer l'orpheline. Les trois fillettes comprennent plus tard que la gourmandise de Sophie et sa malhonnêteté sont en grande partie causées par sa peur de Madame Fichini, pour qui « le fouet est le meilleur des maîtres » et « le seul moyen d'élever des enfants » (chapitre Les hérissons). En effet, pour parvenir à se nourrir, Sophie en a été réduite à tricher, mentir et dissimuler à cause de sa marâtre qui la privait très souvent de repas.

Lorsque Mesdames de Fleurville et de Rosbourg réussissent à convaincre Madame Fichini de leur laisser Sophie, celle-ci fait de gros progrès, mais devra encore s'efforcer de perdre des défauts profondément ancrés. « Chère Camille, je vois que je resterai toujours méchante ; jamais je ne serai bonne comme vous », dit-elle dans le chapitre Un événement tragique.

CaractèreModifier

Sophie est une petite fille très gentille, charmante et agréable au quotidien, mais cependant, il lui arrive d'être colérique, de mentir (souvent pour protéger ses amis voire parfois elle-même). C'est une petite fille très gourmande, qui ne manque pas une occasion pour se régaler de délicieux petits mets. Lorsqu'elle est délivrée de l'emprise de Madame Fichini, Sophie, se remet à manger de manière exagérée, et de nouveaux défauts apparaissent, sûrement liés aux mauvais traitements de sa belle-mère. Mais Mme de Fleurville, lorsque Sophie va venir habiter chez elle, va la faire changer, et la rendre honnête, douce, patiente, raisonnable et bonne.

ApparitionsModifier

Sophie apparaît dans la trilogie comprenant Les Malheurs de Sophie, Les Petites Filles modèles et Les Vacances. Elle apparaît également dans Les Deux Nigauds, un autre livre de la comtesse de Ségur.

Elle est, bien entendu, aussi présente dans la série animée de 1997, diffusé sur France 3, France 5 et TiJi.

Notes et référencesModifier

  1. Comtesse de Ségur, Les Vacances (lire en ligne), chap. I (« Arrivée ») :

    « Tout était en l’air au château de Fleurville ; Camille et Madeleine de Fleurville, Marguerite de Rosbourg, et Sophie Fichini, leurs amies, allaient et venaient, montaient et descendaient l’escalier, couraient dans les corridors, sautaient, riaient, criaient, se poussaient. »