Sophie Rude

peintre française

Sophie Rude, née le à Dijon et morte le à Paris est une artiste peintre française.

Sophie Rude
Sophie Rude, Portrait de l'artiste (1841),
musée des Beaux-Arts de Dijon.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Sophie FrémietVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Maître
Élève
Lieux de travail
Conjoint
Parentèle
signature de Sophie Rude
Signature

Biographie

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Famille

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Sophie Frémiet[1] naît rue des Forges à Dijon, où son père Louis Frémiet, mécène et ardent bonapartiste, est contrôleur des impôts et adjoint de son beau-père[2]. Sa mère, Thérèse Sophie Monnier, est issue d'une famille d'artistes[3]. Le grand-père maternel de Sophie Frémiet, le graveur Louis-Gabriel Monnier, sera le premier conservateur du musée des Beaux-Arts de Dijon.

Louis Frémiet prend sous sa protection un jeune inconnu, François Rude, élève de François Devosge qui vit sous son toit[2]. Le , Sophie Frémiet épouse celui-ci à Bruxelles[3]. Le couple aura un seul enfant, Amédée né le 20 juin 1822[2] et mort en 1830 à l'âge de huit ans[3] à Paris[2].

En 1839, le couple adopte Martine Henriette Victorine Vanderhaert, nièce orpheline de Sophie Rude, qui pose pour plusieurs de leurs œuvres, future épouse de leur neveu Paul Cabet.

   
Louis Frémiet, père de Sophie Rude et Madame Van der Haert, sœur de Sophie Rude
   
François Rude, mari de Sophie Rude et le domicile du couple No 17, rue Henri-Barbusse (précédemment rue d'Enfer)
   
Amédée Rude, fils de Sophie Rude et Martine Cabet, sa nièce

Formation et exil

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Sophie Frémiet reçoit des cours d'Anatole Devosge[3], fils d'un ami de son père qui fut fondateur de l'école de dessin de Dijon[2]. Devosge est un ancien élève de Jacques-Louis David et transmet à son élève le style néoclassique du maître.

Après la chute du Premier Empire et le retour des Bourbon en 1815, la famille Frémiet, comme nombre de bonapartistes, quitte la France pour s'installer à Bruxelles[3] au royaume uni des Pays-Bas, état nouvellement créé. Sophie Frémiet poursuit ses études artistiques sous la direction d'un autre exilé, maître de son premier professeur, Jacques-Louis David[3]. Elle exécute notamment des copies d'après le maître à la demande de celui-ci[2] tout en exposant ses propres œuvres à Bruxelles en 1818[3] et Anvers[2].

Carrière artistique

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Sophie Rude commence sa carrière dans la peinture de scènes mythologiques[2]. En 1820, La Belle Anthia remporte le concours de l’Académie royale des beaux-arts de Gand[2]. À cette époque, Sophie Rude est une artiste en vogue, qui obtient de nombreuses commandes, notamment pour l'ancien palais royal de Tervueren ; ces œuvres disparaissent dans l'incendie qui détruisit le château[2]. Le duc d'Arenberg lui commande des allégories[2]. Elle travaille dans un style néo-classique, tirant principalement ses sujets de la mythologie, même si elle produit également un petit nombre d'œuvres d'inspiration religieuse. Son atelier est fréquenté par des artistes comme Adèle Kindt[4].

En 1827, la famille Rude vient s'installer à Paris et ouvre un atelier rue d'Enfer[3] pour enseigner leur art respectif. Sophie Rude entame une nouvelle carrière de peintre d'histoire et délaisse la mythologie au contact de cet univers parisien[2]. En 1833, elle obtient une médaille de deuxième classe pour Les adieux de Charles roi d'Angleterre à ses enfants[2]. Elle se consacre presque exclusivement au portrait à partir de 1840[5], tant de ses proches et amis que pour des commandes. C'est par ses portraits qu'elle se fait remarquer le plus[6]. Son talent est moins visible en raison de l'attention accordée à son mari[6]. Elle sert de modèle à ce dernier, notamment pour la figure de la Victoire du célèbre haut-relief du Départ des volontaires de 1792 sur un des quatre piédroits de l'arc de triomphe de l'Étoile[7].

Après la mort de son mari en 1855, Sophie Rude se consacre à exposer et faire connaître l'œuvre de celui-ci[7].

En 1905, son tableau Autoportrait est reproduit dans un livre répertoriant les femmes peintres du monde, Women Painters of the World, qui donne un aperçu des femmes peintres les plus en vue jusqu'en 1905, date de publication de ce livre[8].

Le musée des Beaux-Arts de Dijon conserve une collection de portraits peints par Sophie Frémiet[3] (31 peintures et dessins)[9] , dont les portraits de Louis Frémiet (vers 1820), de son fils Amédée, de sa sœur Victorine Van der Haert (née Frémiet), de son neveu Jean-Baptiste Louis van der Haert, de Paul Cabet, époux de sa nièce Martine, de François Rude ainsi qu'un autoportrait.

Ce n'est qu'en 2004 que Sophie Rude bénéficie d'une monographie[3].

Collections publiques

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Est visible à Chalon-sur-Saône, au musée Vivant-Denon : Portrait du peintre Camille Bouchet[10], huile sur toile.

Sont visibles à Dijon, au musée des Beaux-Arts :

  • Portrait de Théophile Berlier, 1817, huile sur toile ;
  • Portrait de sa sœur Victorine Frémiet, 1818, huile sur toile, 162 × 118 cm ;
  • Portrait d'homme, vers 1820, huile sur toile, 49,7 × 40,3 cm ;
  • Portrait de son père Louis Frémiet, vers 1821-1825, huile sur toile, 49 × 39,5 cm ;
  • Ariane abandonnée dans l'île de Naxos, 1826, huile sur toile ;
  • Portrait de Madame Van der Haert, née Victorine Frémiet, 1827, huile sur toile, 145 × 118 cm[11] ;
  • Portrait d'Amédée Rude, vers 1830, huile sur toile, 46 × 38 cm[12] ;
  • Portrait de Monsieur Paul Émile Villeneuve, vers 1830, huile sur toile, 41 × 33 cm ;
  • Le Sommeil de la Vierge dit La Sainte Famille, 1831, huile sur toile, 211 × 178 cm ;
  • Entrevue de Monsieur le Prince et de la duchesse de Montpensier, Salon de 1836, huile sur toile, 115 × 100 cm ;
  • La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges ou Révolte à Bruges en 1436, Salon de 1841, huile sur toile, 183 × 150 cm[13],[14] ;
  • Portrait de l'artiste, autoportrait, 1841, huile sur toile, 65 × 54 cm[15] ;
  • Portrait de François Rude, 1842, huile sur toile, 100 × 81,5 cm ;
  • Portrait de jeune femme, 1849, huile sur toile, 82 × 65 cm ;
  • Portrait de Madame Bassereau, 1852, huile sur toile ;
  • Portrait de Paul Cabet, 1854, huile sur toile ;
  • Portrait de Jean-Baptiste Van der Haert, 1856, huile sur toile, 73 × 59 cm ;
  • Portrait de Césarine Huet, 1861, huile sur toile, 101 × 81 cm ;
  • Portrait de Monsieur Petit, trésorier payeur général, 1861, huile sur toile, 101 × 82 cm[16] ;
  • Portrait de Madame Vauzelles et de sa fille, 1861, huile sur toile, 101 × 81,5 cm ;
  • Portrait de Madame Gerbois et de sa fille, 1861, huile sur toile, 100 × 80 cm ;
  • Portrait de Jean Auguste Devillebichot, vers 1862, huile sur toile, 41 × 31 cm ;
  • Portrait de Monsieur Wasset, conseiller référendaire à la cour des comptes, vers 1862, huile sur toile, 76 × 61 cm[17].

Est visible à Gray, au musée Baron-Martin : Portrait de Mme Gerbois (ou Guerbois) avec sa fillette, 1861, huile sur toile, 100 × 81 cm.

On peut voir à Paris, au musée du Louvre : Portrait de Bernard Wolf, acteur, auteur et directeur du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, huile sur toile, 125 × 85 cm[18].

Exposition

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  • François & Sophie Rude : Un couple d'artistes au XIXe siècle, citoyens de la Liberté, musée des Beaux-Arts de Dijon, 2012, exposition d’intérêt national [3],[9]

Notes et références

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  1. Son acte de naissance porte Frémiet, avec un accent.
  2. a b c d e f g h i j k l et m Gubin 2006, p. 257
  3. a b c d e f g h i j et k Maëva Abillard, « Rude Sophie », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Adèle Kindt »  , sur femmespeintres.be (consulté le ).
  5. Sophie Barthélémy, « Sophie Rude, entre histoire et portrait », Dossier de l'art, hors-série no 19, octobre 2012, pp. 66-69.
  6. a et b « Sophie Rude entre histoire et portrait | Dossier de l'Art hors-série n° 19 », sur dossiers-art.com (consulté le ).
  7. a et b Gubin 2006, p. 258
  8. « The Project Gutenberg eBook of Women Painters of the World, by Walter Shaw Sparrow », sur gutenberg.org (consulté le ).
  9. a et b Musée des beaux-arts dijon, « Dossier mécénat François et Sophie Rude, un couple d'artistes au XIXe siècle »  , sur beaux-arts.dijon.fr, (consulté le ).
  10. Peintre né en 1799 à Dijon et décédé en 1890 à Pourlans, qui avait fait la connaissance de Sophie Rude à l'école des Beaux-Arts de Dijon, dans l'atelier d'Anatole Devosge. Source : Guy Thiébaut, « Camille Bouchet, un maître oublié », revue Images de Saône-et-Loire n° 208 de décembre 2021, pages 2 à 6.
  11. « PORTRAIT DE MADAME VAN DER HAERT, NEE FREMIET, SOEUR DE L'ARTISTE », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le ).
  12. « collections du musée des beaux-arts de dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le ).
  13. Sophie Barthélémy, « Sophie Rude, La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges ou révolte à Bruges en 1436 », dans Dossier de l'art, hors-série no 19, octobre 2012, pp. 72-73.
  14. « Révolte à Bruges en 1436 », notice no 00000077524, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  15. « Portrait de l'artiste », notice no 00000077522, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  16. « Portrait de Monsieur Petit, trésorier payeur général », notice no 00000077516, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  17. « Portrait de Monsieur Wasset, conseiller référendaire à la cour des comptes », notice no 00000077512, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture.
  18. « Site officiel du musée du Louvre », sur cartelfr.louvre.fr (consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

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  • Sophie Barthélemy et Matthieu Gilles (dir.), François et Sophie Rude. Citoyens de la Liberté. Un couple d’artistes au XIXe siècle, Dijon-Paris, Musée des Beaux-Arts de Dijon-Somogy Éditions d’Art, 2012, 288 p., 382 ill. (ISBN 978-2-7572-0588-4) [lire en ligne] lien archivé.
  • Monique Geiger, Sophie Rude peintre et femme de sculpteur, une vie d'artiste au XIXe siècle (Dijon - Bruxelles - Paris), Dijon, Société des amis des Musées de Dijon, 2004 (ISBN 2-9523255-0-2).
  • Monique Geiger, « Sophie Rude (1797-1867). Une élève de David et son évolution artistique (avec essai de catalogue de son œuvre) », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Année 1987, 1989, pp. 167-190.
  • E. Gubin, C. Jacques, V. Piette et J. Puissant (eds) (Monique Geiger), Dictionnaire des femmes belges : xixe et xxe siècles : Frémiet, Sophie, Bruxelles, Éditions Racine, (ISBN 2-87386-434-6, lire en ligne)
  • Élodie Lecuppre-Desjardin, « Isabelle de Portugal et Sophie Rude. Quand le Grand Genre se fait miroir de la détresse maternelle », Revue du Nord, vol. 446, no 2,‎ , p. 275–289 (ISSN 0035-2624, DOI 10.3917/rdn.1446.0275, lire en ligne, consulté le ).

Articles connexes

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Liens externes

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