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Sonam Topgyal Kazi

écrivain et traducteur tibétain
(Redirigé depuis Sonam Togpyal Kazi)
Ne doit pas être confondu avec Sonam Topgyal ou Rai Bahadur Sonam Tobten.
Sonam Topgyal Kazi
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Activité

Sonam Topgyal Kazi, Sonam T. Kazi ou Sonam Topgay Kazi (tibétain : བསོད་ནམས་སྟོབས་རྒྱལ་ཀ་ཛི, Wylie : bsod nams stobs rgyal ka dzi, né à Rhenock (en) au Sikkim le - mort à Saugerties dans l'État de New York[1] le ) était un écrivain et traducteur depuis le tibétain né au Sikkim. Spécialiste du Dzogchen, il a traduit de nombreux ouvrages.

Sommaire

BiographieModifier

Né au Sikkim en 1925, il était le 5e fils de Relon Sonam Dadul Renock Kazi, un officiel du Gouvernement du Sikkim. Durant son enfance, son père qui rencontra à deux reprises le 13e Dalaï Lama, partagea avec lui ses connaissances au sujet du Tibet, éveillant son intérêt pour le bouddhisme tibétain. Il a aussi reçu une formation durant ses jeunes années à la Scottish Universities Mission Institution à Kalimpong et au Collège Saint-Étienne à Delhi[2]. Quand un poste s'est libéré au Tibet, il s'est porté candidat et fut interprète et traducteur auprès de la mission indienne au Tibet entre janvier 1949 et octobre 1955[3],[4]. En 1956, avec le diplomate indien Apa Pant et le prince héritier du Sikkim Palden Thondup Namgyal, il reçoit, côté indien du Nathu La, le 14e dalaï-lama quand il se rendit en Inde à l'occasion du 2 500e anniversaire de la naissance du bouddha Siddhartha Gautama, de à [5].

Sa première impression lui fait dire : "Existe-t-il un seul autre lieu sur terre où la paix et le bonheur prévalent vraiment ?" Sonam Togpyal Kazi énumère 9 points démontrant que le Tibet était à l'époque libre et indépendant :

  1. Le Tibet dispose de sa propre langue, art, culture, et religion. Principalement bouddhiste, la liberté de pratiquer une autre religion (ou aucune) existait.
  2. Concernant les Affaires étrangères, il y eut au Tibet des représentants du Gouvernement britannique, puis par la suite du Gouvernement indien, mais aussi du Bhoutan et du Népal.
  3. Les Tibétains avaient leur propre monnaie (billets et pièces), qu'ils frappaient eux-mêmes.
  4. Il existait un réseau de bureaux de postes tibétain et des tampons d'affranchissement, et il imprimait des timbres postaux de différentes tailles, couleurs et dénominations. Sur les timbres était figuré un lion des neiges, l'emblème du Tibet. Y figuraient également les lettres tibétaines signifiant « Gouvernement du Tibet » et en anglais le mot « Tibet »
  5. Le Tibet disposait de ses propres systèmes de communications : télégrammes pour Gyantsé et Yatung, et l'Inde depuis le Bureau de Télégraphe tibétain. Une communication radio existait entre Lhassa et Chamdo et d'autres lieux le long de la frontière de l'est. Une station de radio a aussi diffusé des nouvelles en anglais à Lhassa brièvement en 1950, avant l'arrivée des communistes.
  6. Le Tibet disposait d'un service de police pour maintenir loi, et des magistrats dans les villes importantes, avec un système de tribunaux pour la justice. Le Tibet avait aussi ses propres soldats, dont les fonctions étaient les cérémonies et la garde des frontières.
  7. Le Tibet avait ses institutions pour traiter des affaires étrangères, intérieures, etc., et distribuait ses propres passeports aux officiels gouvernementaux qui visitaient des pays étrangers, et contrôlait l'entrée des personnes étrangères au pays.
  8. Il existait un système médical tibétain.
  9. Les vestiges historiques du Tibet démontrent que son indépendance est patente au XIIe siècle et l'on peut remonter au VIIe siècle, sous le règne de Songtsen Gampo.

Sonam Togpyal Kazi est retourné en visite au Tibet en 1957-58 en tant que membre d'une délégation indienne pour y envisager une visite du Premier ministre indien Nehru, visite qui a eu lieu en octobre 1958[6].

Sonam Togpyal Kazi a été envoyé par le Gouvernement de l'Inde pour recevoir le 14e Dalaï Lama lors de son arrivée en exil en Inde en 1959. Il fut l'interprète principal du dalaï-lama pendant 13 ans, jusqu'en 1972. Il accueillit Thomas Merton lorsqu'il rendit visite au dalaï-lama à Dharamsala[7]. Il assista David Armine Howarth dans la traduction en anglais de la première autobiographie du dalaï-lama, Ma terre et mon peuple[8].

Sonam Kazi a supervisé certains aspects du montage des films d'Arnaud Desjardins sur les maîtres tibétains, et c'est à ce titre qu'il se rend en France en 1968[9].

Selon Havnevik Hanna, citant Arnaud Desjardins, la fille de Sonam Togpyal Kazi, Jetsun Péma, a été reconnue par le 14e Dalaï Lama et le 16e Karmapa comme la réincarnation de Jetsun Lochen Rinpoché (Lochen Chönyi Zangmo) qui fut enseignante de Sonam Topgyal Kazi et de sa femme[10].

ŒuvresModifier

  • 1993 Kun-Zang La-May Zhal-Lung: The Oral Instruction of Kun-Zang La-Ma on the Preliminary Practices of Dzog-Ch'En Long-Ch'En Nying-Tig (Nga-Gyur Nying-Ma), Volumes 2 à 3, traduction Sonam T. Kazi, Diamond Lotus Pub, 1989.
  • 1981 Encyclopedia Tibetica: the collected works of Bo-doń Paṇ-chen Phyogs-las-rnam-rgyal, (Bodong Chögle Namgyel) Volume 1, Ed. Tibet House
  • 1975 The collected works of Kun-mkhyen, Jigme Lingpa
  • 1977 bKe'vielm. bKa' brgyad bde gshegs 'dus pa'ichos skor, Nyangrel Nyima Özer
  • 1969 The Redaction of Rdzogs-chen Rgyal-sras Gzhan-phan-mtha'-yas Volume 3 Gyalse Shenpen Thaye
  • 1969 Rang grol skor gsum and Byang chub kyi sems kun byed rgyal po'i don khrid rin chen gru bo: sources for the understanding of Rdzogs-chen meditation Longchenpa
  • 1970 The visionary and mystic poetry of Khams-smyon dharma-sengge (Khams-smyon dharma-sengge ou Karma Jigme Chokyi Singye)
  • 1971 Mi-pham on the Kālacakra tantra: a reproduction of the two volumes from the collected works of 'Jam-mgon 'Ju Mi-pham-rgya-mtsho dealing with the cycle of the Wheel of time, Jamgon Ju Mipham Gyatso

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier