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Soledad Gustavo

institutrice, éditrice, écrivaine libertaire et féministe espagnole
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mañé.

Soledad Gustavo
Teresa Mañé Miravet
Image illustrative de l’article Soledad Gustavo

Naissance 29 novembre 1865
Cubells (Catalogne)
Décès 5 février 1939
Perpignan (France)
Origine espagnol
Type de militance pédagogue
journaliste
éditrice
Cause défendue libertaire
féminisme
« À mon ami Max Nettlau », 3 décembre 1929.
La Revista Blanca, 15 janvier 1903.

Soledad Gustavo, de son vrai nom Teresa Mañé i Miravet, née le à Cubelles (Catalogne) et morte le à Perpignan (France), est une institutrice, éditrice et écrivaine libertaire et féministe, militante et conférencière de la Libre Pensée.

Mariée à Federico Urales (Joan Montseny), elle est la mère de Federica Montseny.

Sommaire

BiographieModifier

Elle naît dans une famille aisée qui lui permet de faire des études pour devenir enseignante.

Militante anticléricale, elle donne avec Anselmo Lorenzo, Tarrida del Marmol et Pere Esteve des conférences pour contrer l'influence rétrograde de l'Église catholique.

Pédagogue libertaireModifier

Précurseur de l'Escuela moderna de Francisco Ferrer, elle milite pour un enseignement laïque.

Elle fonde une école rationaliste à Reus et devient une des premières institutrices laïques d'Espagne.

Ses conceptions sur l'éducation reprennent la tradition de la Première Internationale, réclamant l'égalité de l'instruction pour tous les enfants des deux sexes, sans distinction de milieu social. Dans un article de La Revista Blanca du 1er juillet 1929, El libro de la vida, elle critique les parents qui ne recherchent pour leurs enfants que l'obtention de diplômes, au détriment de leur santé, surtout quand il s'agit des plus pauvres[1].

Ses idées sont inspirées par Paul Robin et Maria Montessori : pour les jeunes enfants, l'importance du jeu dans les écoles maternelles et les premières études ; pour l'enseignement en général, l'appel à l'imagination et à la réflexion critique de l'élève[1].

En 1889, elle obtient un prix au Concours Socialiste de Barcelone pour son essai El amor libre (l'amour libre)[1].

Auteure et éditriceModifier

En 1898, elle est parmi les fondateurs de La Revista Blanca[2], « revue de sociologie, de science et d'art »[3]. Elle y contribue par des articles théoriques et historiques[4].

En 1902, elle assume officiellement la direction de Tierra y Libertad[1].

Elle se lie d'amitié avec l'historien anarchiste Max Nettlau.

Elle collabore à La Voz de la Mujer (La Voix de la femme), premier journal anarcha-féministe, dont la devise est « Ni Dieu, ni Patron, ni Mari », animé en Argentine par Virginia Bolten[5].

De sa rencontre avec Federico Urales (Joan Montseny) nait, le 12 février 1905, la future ministre anarchiste Federica Montseny[6].

Militante anarchisteModifier

Elle participe activement à tous les événements qui marquent le mouvement libertaire durant cette période : la Semaine tragique de Barcelone et l'exécution de son ami Francisco Ferrer en 1909, la fondation de la Confédération nationale du travail en 1910, la fondation de la Fédération anarchiste ibérique en 1927 et la Révolution sociale espagnole de 1936.

Elle est l'auteure de très nombreux articles, de traductions (dont des textes de Louise Michel), mais aussi d'ouvrages comme La Sociedad futura (1889) et El Sindicalismo y la Anarquia (1932).

Selon l'historien Jacques Maurice : « Trois militants libertaires de renom, Federico Urales, Soledad Gustavo et leur fille Federica Montseny, mettent leur plume et leur sens commercial au service de l'idéal qu'ils professent en créant la collection de romans « brefs » (32 p.), La Novela Ideal : plus de six cents titres entre 1925 et 1935. Le père et la fille, qui figurent parmi les huit collaborateurs permanents, en écriront 136 à eux deux. La collection a aussi bénéficié de 159 auteurs occasionnels. »[7]

Elle meurt, pendant la Retirada le 5 février 1939[8].

ŒuvresModifier

IconographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Renée Lamberet, Soledad Gustavo, sa place dans la pensée anarchiste espagnole, in Anarchici e anarchia nel mondo contemporaneo, actes du colloque de la Fondation Luigi Einaudi, Turin, 5-7 décembre 1969, Einaudi, 1971, texte intégral.
  2. Michel Ragon, Dictionnaire de l'Anarchie, Albin Michel, 2008, lire en ligne.
  3. Paul-Henri Bourrelier, La Revue blanche : une génération dans l'engagement 1890-1905, Paris, Fayard, 2007, page 567.
  4. Jordi Canal, Histoire de l'Espagne contemporaine, Armand Colin, 2009, lire en ligne.
  5. Nicole Fourtané, Michèle Guiraud, L'identité culturelle dans le monde luso-hispanophone, Presses Universitaires de Nancy, 2006, page 248.
  6. José Jornet (dir.), Républicains espagnols en Midi-Pyrénées : exil, histoire et mémoire, Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2005, lire en ligne.
  7. Rose Duroux, Jacques Maurice, El anarquismo andaluz, una vez más, Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 2|2008, texte intégral.
  8. Geneviève Dreyfus-Armand, L'exil des républicains espagnols en France. De la Guerre civile à la mort de Franco, Albin Michel, 1999, lire en ligne.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Renée Lamberet, Soledad Gustavo, sa place dans la pensée anarchiste espagnole, in Anarchici e anarchia nel mondo contemporaneo, actes du colloque de la Fondation Luigi Einaudi, Turin, 5-7 décembre 1969, Einaudi, 1971, texte intégral.
  • (es) Joan Micó i Millan, Teresa Mañé Miravet (1865-1939), Retrats, n°16, Ajuntament de Vilanova i la Geltrú, texte intégral.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier