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Sol brun après labourage (Lombardie).

Les sols bruns (ou brunisols) sont la forme classique de sol évolué que l'on rencontre sous forêt feuillue en zone tempérée. Ils portent généralement un humus de type mull, avec un pH de l'horizon A entre 5 et 6.

On observe la présence d'un complexe argilo-humique bien structuré. Dans les milieux d'acidité modérée (pH de 5,5 à 6,5), les cations Ca2+ et Al3+ qui relient habituellement les argiles aux composés humiques, sont peu abondants. Ils sont remplacés par l'oxyde de fer hydraté qui est issu de l'altération des minéraux ferro-magnésiens et est à l'origine la couleur brune[1].

Profil du sol type : A(B)C

Les sols bruns sont en général de bons sols forestiers

Sommaire

Condition d'apparitionModifier

Les sols bruns apparaissent à la suite du processus pédogénétique de brunification qui intervient en pédogenèse après une décarbonatation et avant un lessivage. Le milieu, bien drainé et non calcaire, libère en quantité suffisante des argiles et des oxydes de fer, permettant ainsi la mise en place d'un complexe argilo-humique avec une liaison Fe+2 (pont ferreux) caractéristique. « Sur matériau calcaire, la fourniture d’argiles est assurée principalement par héritage à partir de la roche-mère. Sur matériel silicaté, la brunification résulte d’une altération par acidolyse limitée. Sur lœss le processus est double[2]. »

En clair, les sols bruns apparaissent en zone tempérée dès lors qu'aucun cas particulier ne se présente (calcaire actif, nappe d'eau, humus acide, pente, etc.).

Dans les zones d'humification à faible acidité (mull mésotrophe) ou lorsque la couverture végétale a disparu ou si elle est trop sollicitée (incendies, essartage, étrépage, défrichage, etc.), le lessivage des colloïdes (argiles et hydroxydes de fer) entraîne la dispersion de ces composants puis leur migration vers les horizons inférieurs (phénomène d'illuviation) où ils refloculent grâce à la présence de cations issus de l'altération de la roche-mère. On aboutit à ce que l'on appelle un sol brun lessivé (luvisol)[3].

Sous-catégoriesModifier

  • Sol brun eutrophe :
    • taux de saturation > 70 % (saturé le plus souvent),
    • humus : eumull,
    • sur sol riche en base,
    • souvent en bas de pente ;
  • sol brun mésotrophe :
    • taux de saturation entre 30 et 70 %,
    • humus : mésomull ;
  • sol brun acide :
    • taux de saturation < 30 %,
    • humus : dysmull,
    • sur roche-mère acide (exemple : granite, schiste, grès…),
    • souvent en milieu/haut de pente faible ;
  • sol brun hydromorphe :
    • présence d'une nappe d'eau temporaire ne remontant jamais à la surface,
    • d'où un horizon (B)g de type pseudogley (bariolé de taches rouille et blanchâtres, traces caractéristiques de l'hydromorphie),
    • horizon (B)x compact, plancher de la nappe ;
  • sol brun ocreux (≈ alocrisol) :
    • intermédiaire entre les sols brunifiés et podzolisés (podzosol),
    • exclusivement sur roches acides,
    • humus de type moder,
    • début de dégradation chimique des argiles (processus de podzolisation).

Notes et référencesModifier

  1. Philippe Duchaufour, L'évolution des sols: essai sur la dynamique des profils, Masson et Cie, , p. 55.
  2. J.-P. Camuzard, La différenciation des sols : facteurs de la pédogenèse, ENGREF, (lire en ligne), p. 72.
  3. Philippe Duchaufour, Pierre Faivre, Jérôme Poulenard, Sabine Houot, Michel Gury, Introduction à la science du sol, Dunod, , p. 213-214.

Voir aussiModifier