Sofina

société belge de holding et d'investissement

Sofina
Création 1898
Personnages clés Dannie N. Heineman
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : SOF
Siège social Bruxelles
Drapeau de Belgique Belgique
Direction Harold Boël
Activité Société d'investissement
Société mère Trust Financiers de Transports et d'Entreprises Industrielles (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Compagnie Générale de Tramways de Buenos-Ayres (d), Anglo-Argentine Tramways Company (en), CHADE (d) et Société d'Électricite de Rosario (d)
Site web http://www.sofina.be

Capitalisation 7,63 milliards d'euros (au 31 décembre 2019)[2]

Sofina est une entreprise belge, faisant partie de l'indice Bel20. Elle est à ce titre une des 20 plus grandes capitalisations de la bourse de Bruxelles. Elle a son siège à Bruxelles, avec des bureaux au Luxembourg et à Singapour. Plus ancienne holding ou société de portefeuille de Belgique en activité[3], elle investit dans des entreprises en Europe, aux Etats-Unis, et en Asie.

Elle détient notamment des participations dans Biomérieux, Byju's (en), Cognita (en), Colruyt, Danone, Nuxe, Orpea. Elle a précédemment été actionnaire directement ou indirectement des entreprises Eurazeo, Flipkart, Richemont, SES, Suez, Uber, WhatsApp et Yahoo[4]. La société est détenue, en 2019, à 54,5 % par la famille Boël.

HistoireModifier

1898-1955Modifier

La Société Financière de Transports et d'Entreprises Industrielles S.A. (Sofina) est créée en 1898 comme société anonyme de droit belge. Elle a été fondée à l’initiative du groupe allemand UEG (de) (Union Elektrizitäts Gesellschaft, précurseur de l'AEG), lié aux groupes américains Thomson-Houston Electric Company et General Electric[5]. Simple société à portefeuille au départ, la Sofina devient après 1905, un puissant trust électrique, grâce à l'ingénieur américain d'origine allemande Dannie N. Heineman (1872-1962)[5],[6] qui la dirige jusqu'en 1955.

Sous sa direction, la Sofina obtient successivement d’importantes concessions de tramways et d’électricité en Espagne, Hongrie, Argentine, Italie, France, dans l’Empire ottoman, et au Portugal. En 1919, une filiale est fondée, la Compania Hispano-Americana de Electricidad, alias Chade (es)[5]. Heineman collabore aussi avec le financier Alfred Loewenstein au sein du holding canadien Sidro (Société Internationale d’Énergie Hydroélectrique) qui détient d’importants intérêts dans des sociétés d’électricité à Barcelone et au Mexique[7]. En Belgique et en France[8], la Sofina joue notamment un rôle de financement dans la coordination de la production et du transport d’électricité. Selon l'Association pour la valorisation des archives d’entreprises (AVAE), qui a inventorié plus de 150 mètres linéaires d’archives de la société Sofina couvrant cette période « la Sofina est le parangon des holdings de développement aux ambitions internationales[9] ». Après la Seconde Guerre mondiale, le groupe investit essentiellement aux États-Unis, dans les secteurs de l’électricité et du pétrole[10]. En 1955, Dannie N. Heineman agé de 83 ans, quitte la Sofina[11].

Après 1955Modifier

Les actionnaires familiaux actuels commencent à y investir ; Yves Boël est nommé adminstrateur en 1956[5]. En novembre 1964, la Sofina passe sous le contrôle conjoint des groupes Boël et Société générale de Belgique[5]. La société toujours, établie à Bruxelles, devient une société à portefeuille. Yves Boël, « financier » du groupe Boël[12], en est le président honoraire jusqu'à son décès en juin 2012.

Participations, gouvernance et actionnariatModifier

ParticipationsModifier

La Sofina détient des participations - avec dans certains cas un siège dans le conseil d’administration - dans entre autres les sociétés Colruyt, Danone, Luxempart, SES S.A, Delhaize, Eurazeo, GDF Suez[13]. En 2019, la Sofina entre au capital de Nuxe[14]. En 2020, elle participe à l'investissement pour la plateforme lituanienne Vinted[2]. En 2021, elle mène la seconde levée de fonds de l'entreprise franco-néerlandaise Dott[15].

La capitalisation boursière du groupe passe de deux milliards d'euros en 2005[16], à neuf milliards d'euros en 2021.

Gouvernance et directionModifier

Le britannique David Verey (en) est président exécutif du conseil d’administration depuis 2014, succédant à Richard Goblet d’Alviella (en)[17]. Harold Boël est directeur général depuis 2008[18]. Guy Verhofstadt est désigné administrateur indépendant à partir de 2012[19].

ActionnariatModifier

La majorité des actions est détenue par la Famille Boël[20], via les structures Union Financière Boël (18,89 % de l'actionnariat), Société des Participations Industrielles (15,02 % des actions), et Henex (15,88 % des actions) ; actionnaires agissant de concert en vertu d’un accord relatif à la possession, l'acquisition ou la cession de titres conférant le droit de vote des actions Sofina[21].

Nom Actions (au [22]) %
Boel (famille) 18 665 018 54,5
Brederode 684 121 2,00
Sofina 619 306 1,81
CAPFI DELEN Asset Management 571 250 1,67
The Vanguard Group 415 426 1,21
Norges Bank Investment Management 386 013 1,13
BlackRock Fund Advisors 131 339 0,38
Mercier Vanderlinden Asset Management 124 480 0,36
First Eagle Investment Management 105 118 0,31
Lyxor International Asset Management 76 038 0,22
  • Au siège de la société Sofina à Bruxelles est domicilié depuis l'ASBL « Club Sofina »[23].

Notes et référencesModifier

  1. Pressearchiv 20. Jahrhundert, (organisation), consulté le  
  2. a et b « La holding belge Sofina a investi dans la plateforme Vinted », Le Soir (Belga),‎ (lire en ligne).
  3. Yves Cavalier, « Sofina, le plus vieux holding de Belgique toujours en vie, joue plus que jamais la carte de la modernité (INFOGRAPHIE) », La Libre.be,‎ (lire en ligne)(consulté le 21 février 2021).
  4. Simon Souris, « Harold Boël, CEO de la Sofina: "Il faut se réinventer entre générations. Le monde change" (interview) », L'Écho,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a b c d et e « L'"affaire SOFINA" », Courrier hebdomadaire du CRISP, no 269,‎ , p. 1 à 23 (lire en ligne).
  6. Fernand Vanlangenhove, « Dannie Heineman. La vocation internationale d'un grand ingénieur au siècle de l'électricité », Bulletins de l'Académie Royale de Belgique, no 63,‎ année 1977, p. 23-56 (lire en ligne).
  7. "La vie et la mort d’Alfred Loewenstein", Maurice Privat, La Nouvelle Société d’Edition, 1929.
  8. René Brion, « Les interventions du groupe SOFINA dans le financement de l’industrie électrique française », Bulletin d'histoire de l'électricité, no 18,‎ année 1991, p. 123 (lire en ligne).
  9. [1] Inventaire Sofina.
  10. Anne Vincent et Evelyne Lentzen, « Les investissements belges aux Etats-Unis », Courrier hebdomadaire du CRISP, nos 1160/15,‎ , p. 1 à 47 (lire en ligne).
  11. (en) APS Physics, « Dannie Heineman », sur Aps.org (consulté en ).
  12. Dominique Berns et Alain Dewez, « Yves Boël : Monsieur Sofina ou le financier de la famille », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Les analystes restent positifs sur Sofina après un beau parcours boursier », sur oblis.be, .
  14. P.C.-C., « Sofina, nouvel actionnaire de Nuxe », extrait de la reve Pharmacien Manager no 192, sur Le Moniteur des pharmacie, (consulté le ).
  15. « Trottinettes électriques : Dott lève 70 millions d'euros pour changer de dimension », sur Les Echos, (consulté le )
  16. Ariane van Caloen, « La Sofina au centre des questions », La Libre,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Le comte Goblet d'Alviella quitte la présidence de Sofina », L'Écho,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. (en) « Harold Boel Chief Executive Officer, Sofina SA », sur Bloomberg.com.
  19. Moniteur Belge en ligne 21 mai 2012
  20. Le Point, magazine, « Le belge Sofina monte dans Touax mais n'envisage pas d'en prendre le contrôle », Le Point, (consulté le ).
  21. [2] Sofina Communiqué du .
  22. Zone Bourse, « Sofina : Actionnaires Dirigeants et Profil Société | SOF | BE0003717312 », sur www.zonebourse.com (consulté le ).
  23. Moniteur belge en ligne 24 février 2006.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

(par nom d'auteur)

  • Brion, R et Moreau, J.-L, Inventaire des archives du Groupe Sofina (Société Financière de Transports et d'Entreprises industrielles). 1881-1988, Bruxelles, Le Centre, (Archives générales du Royaume. Inventaires, no 291, xxix + 190 p.), traite surtout la période 1890-1950.
  • Séverine Laurtet, « La saga Sofina: entre avancées et attentes », Fiscalité internationale, éditions Jfa,‎
  • Liane Ranieri, Dannie Heineman, patron de la SOFINA: un destin singulier, 1872-1962, Editions Racine, coll. « Businessmen », , 484 p. (ISBN 9782873864316)
  • Fernand Vanlangenhove, Dannie Heineman. La vocation internationale d'un grand ingénieur au siècle de l'électricité, Bulletins de l'Académie Royale de Belgique, (lire en ligne), pp. 13-56

Liens externesModifier