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La socialisation anticipatrice désigne une socialisation, c'est-à-dire une incorporation de normes et de valeurs, qui se fait par avance, en vue de l'intégration d'un individu dans un groupe social différent du sien, le groupe de référence[1],[2],[3],[4]. Théorisée par Robert King Merton en 1957, élève de Talcott Parsons, la socialisation anticipatrice concorde avec l'idée d'une société de plus en plus différenciée. Son idée est que l’individu ne se socialise pas seulement par rapport à son groupe d’appartenance mais aussi par rapport au groupe de référence (qu’il connaît sans y appartenir), un groupe social porteur de valeurs, de buts, qui sont jugés désirables. Le groupe de référence est un groupe auquel l'individu souhaite appartenir. La socialisation anticipatrice va de pair avec la méritocratie et la démocratisation des États, accentuant la mobilité sociale, et donc de favoriser les transfuges de classe, c'est-à-dire le passage d'une classe sociale à une autre.

La socialisation anticipatrice peut être vectrice de concurrence et s'inscrit dans une logique individualiste caractéristique des sociétés occidentales modernes : le peu de places dans le groupe de référence associé à un grand nombre d'individus désirant s'intégrer à ce groupe fournit un facteur supplémentaire de frustration et d'individualisme. Dans le cas où la structure sociale laisse peu de place à la mobilité, on observe l'émergence d’une frustration collective, pouvant causer de la violence ou des émeutes : c'est notamment le cas des heurts dans les banlieues, comme celles de 2005 en France.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier