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Social-traître

nom donné à un social-démocrate dans le jargon léniniste

Dans le vocabulaire léniniste, social-traître est le nom donné à un social-démocrate, dont la ligne politique est accusée de trahir les intérêts de la classe ouvrière qu'elle prétend représenter. Le qualificatif fut utilisé comme injure visant à discréditer les sociaux-démocrates, surtout au cours de la « troisième période » du Komintern devenu stalinien (1928-1943).

HistoireModifier

Le terme apparaît lors de la fondation de l'Internationale de 1919, pour désigner les partis ouvriers qui se sont ralliés à l'union sacrée au début de la Première Guerre mondiale[1].

À partir du congrès de Tours en 1920 qui marque la séparation en socialistes et communistes en France, le terme est utilisé par les communistes comme insulte contre les socialistes, accusés de servir la bourgeoisie[1]. Le terme sera particulièrement utilisé sous Staline, pour dénoncer aussi bien socialistes que communistes qui s'éloignent de la doctrine du stalinisme[2] puis tombe en désuétude après les années 1950.

L'expression « social-traître » connaît cependant un regain d'intérêt en France lors de la décennie 2010, notamment sur les réseaux sociaux, et vise particulièrement le PS et la gauche de gouvernement[1]. Pour le sociologue Marc Lazar, le retour de cette expression est un marqueur de la division de la gauche, sans que ses utilisateurs lui donnent forcément un sens précis.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

CitationsModifier

  • « Hugo : Ce qu'il veut, ce qu'il pense, je m'en moque. Ce qui compte c'est ce qu'il fait […] Il agit comme un social-traître. » (Jean-Paul Sartre, Les Mains sales, 1948)

RéférencesModifier

  1. a b et c Lucile Berland et Cédric Rouquette, « «Social-traître», le réveil d'une insulte vintage », sur Slate, (consulté le 4 avril 2019).
  2. « Social-traître », sur Encyclopedia Universalis (consulté le 9 avril 2019).