Société mycologique de France

société scientifique

La Société mycologique de France, souvent appelée SMF, est une société savante qui regroupe les mycologues français et francophones. Depuis 2017, le président en est Raphaël Hervé.

HistoireModifier

La Société botanique de France, fondée en 1853, a longtemps hébergé et donné son appui à la mycologie française adolescente, en publiant de nombreux articles relatifs aux champignons dans son Bulletin, jusqu'à la fondation de la revue Grevillea[a] en 1872, revue qui couvre toute la cryptogamie. Puis Roumeguère (en) fonde une Revue mycologique[b] en 1879, dans laquelle il fait une large publicité à la nouvelle Société mycologique en reproduisant dans le numéro du [1], le premier compte-rendu de Session Générale tenue à Épinal[2].

Elle a été fondée en 1884 à Épinal dans les Vosges, sous le patronage de la Société d'émulation du département des Vosges, par un petit groupe de mycologues déjà célèbres, la plupart vosgiens, dont deux médecins, Lucien Quélet (1832-1889) et Antoine Mougeot (1815-1889), rejoints par deux pharmaciens, Émile Boudier (1828-1920) et Narcisse Patouillard (1854-1926), un enseignant, Lucien Forquignon[c], un ouvrier, Pillods[3], et plus tard par un autre médecin, René Ferry (1845-1924), le gendre de Roumeguère.

Le but de l'association est à l'origine assez limité, ressemblant étrangement à l'actuel programme d'Inventaire national des Mycota français : « Établir des relations entre les botanistes mycologues épars sur divers points du territoire français, centraliser leurs recherches et arriver ainsi à jeter les bases d'une flore cryptogamique complète de la France[4]

C'est la première société mycologique au monde. Un an après sa création, elle rassemble déjà 128 membres fondateurs, et trois ans plus tard, ils sont plus de 250. La plupart des membres fondateurs exerçaient des professions libérales[2] :

  • puis elle s'ouvre aux amateurs, au nombre d'une centaine en 1885[5].

La prépondérance des professions libérales à cette époque tranche avec l'absence des membres de l'université de France, à l'inverse des membres fondateurs venus de l'étranger dont plusieurs sur les 14 sont des universitaires. Il est intéressant de noter également que les médecins vont être remplacés par des enseignants. Le siège et lieu de naissance excentré de la SMF à Épinal explique sans doute la majorité (66) des membres résident dans l'Est, contre 14 seulement en région parisienne sensu lato.

La liste des 128 membres fondateurs publiée dans le Bulletin n°I (1885)[6] contient deux membres honoraires (Berkeley, Kalchbrenner), trois membres à vie (Noël, Raoul, Veulliot), 109 membres titulaires et 14 membres correspondants[2].

En 1888, elle compte plus de 250 membres[7], aucune société analogue n'existant alors ans le pays.

Elle est reconnue d'utilité publique par un décret du .

Après un long hébergement à la galerie de Minéralogie du Muséum National d'Histoire Naturelle, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, son siège est aujourd'hui situé au 20 rue Rottembourg dans le 12e arrondissement de Paris.

Quelques activitésModifier

Le fichier de la SMFModifier

C'est un fichier informatisé sous Access qui contient plus de 18 000 espèces de champignons étudiés par les mycologues pour leur intérêt botanique, notamment ceux qui intéressent plus particulièrement les humains :

  • 242 champignons comestibles
  • 261 champignons toxiques
  • 29 champignons mortels

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. 1er juillet 1872.
  2. Revue mensuelle fondée 15 juillet 1879, dirigée par Casimir Roumeguère (1828-1892) jusqu'à sa mort et continuée par son gendre, le Dr R. Ferry jusqu'au 15 octobre 1906.
  3. né le à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).
    Thèse en 1881 Recherches sur la fonte malléable et sur le recuit des aciers. Thèses présentées à la Faculté des sciences de Paris, pour obtenir le grade de docteur ès sciences physiques.
    Membre fondateur de la Société mycologique de France : Professeur à l'université de Dijon.
    Catalogue des champignons observés et récoltés dans le Sud-Ouest, 1884.
    Les Champignons supérieurs, physiologie, organographie, classification, détermination du genre, avec un vocabulaire des termes techniques, 1886.

RéférencesModifier

  1. Revue mycologique, 7e Année, 1885, lire en ligne sur Gallica.
  2. a b et c Dr Maixent Guétrot (1934) : Le Quarantenaire de la Société mycologique de France (1884-1924) ; éd. par la Société mycologique de France, 1934, lire en ligne sur Gallica.
  3. Probablement un client du Docteur Quélet, d'après Guétrot, loc. cit.
  4. Exposé par Quélet in Bulletin Soc. myc. France Tome II, (1886) p. 31.
  5. Bulletin Soc. myc. France Tome I, (1885) p. III-IX.
  6. Société mycologique, Bulletin N°1, Mai 1885, lire en ligne sur Gallica.
  7. Bulletin Soc. myc. France Tome IV, (1888) p. LXXXI.

Liens externesModifier

  • La Revue mycologique de 1879 à 1906 sur Gallica.fr