Société d'anthropologie de Paris

La Société d’anthropologie de Paris (SAP) est une société savante fondée en 1859 par Paul Broca et 19 autres personnalités scientifiques. Son rayonnement s’impose rapidement, parallèlement à l’accroissement du nombre de ses membres ; elle est reconnue d’utilité publique le . Elle a pour but l’étude de l’histoire naturelle de l’Homme, c’est-à-dire l’origine et la diversité biologique de l’espèce humaine.

Société d'anthropologie de Paris
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
SAPVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Siège
Pays
Organisation
Fondateur
Président
Antoine Balzeau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Publication
Site web
Identifiants
RNA
SIREN

Les moyens d’action de la Société d’Anthropologie de Paris sont principalement la publication d’une revue scientifique internationale, les Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, ainsi que l’organisation d’une réunion scientifique annuelle, elle aussi de dimension internationale. Depuis 2021, la revue a décidé de confier la diffusion des BMSAP à OpenEdition Journals, avec un accès gratuit en intégralité dès la publication des manuscrits sans engendrer de frais de publication pour les auteurs (open access diamant). La SAP distribue également des prix scientifiques et tient chaque année, en jumelage avec la réunion scientifique, une conférence grand-public.

HistoireModifier

Son fondateur, Paul Broca (1824-1880) en restera le secrétaire général jusqu’à sa mort. Il est l'un des pères de l’anthropologie dans son acception “moderne”, c'est-à-dire, selon ses propres mots, s’intéressant à “l'étude du groupe humain dans son ensemble, dans ses détails, et dans ses rapports avec le reste de la nature”. Professeur de médecine, chirurgien et pathologiste, il identifie (dans l’aire qui porte désormais son nom) la localisation cérébrale du langage. Soucieux de quantification, il invente de nombreux instruments et indices anthropométriques ; il développe l’anatomie comparée des primates et est le premier à étudier l’Homme de Cro-Magnon (découvert en 1868). Il est parfois le reflet des préjugés de son temps (il croit en la hiérarchie des “races”) mais est aussi un homme engagé, évolutionniste convaincu, lié aux libres-penseurs, anti-esclavagiste et sénateur de la gauche républicaine.

La société d’anthropologie est la plus ancienne du monde à porter ce nom qui signifie bien que l’Homme est au cœur de ses préoccupations. Au départ, elle regroupe des disciplines qui ont acquis depuis leur propre autonomie (préhistoire, ethnographie, médecine légale, démographie, sociologie, etc.). Elle ne traite maintenant que d’anthropologie biologique mais elle a gardé sa position centrale, au carrefour des autres sciences. Sa spécificité est de placer  l’Homme biologique, au cœur de sa démarche qui est, avant tout, une approche inter-disciplinaire. Au cours de son existence, elle a su aussi, et c’est la preuve de sa vitalité, accueillir des approches nouvelles (biologie moléculaire, génétique et paléogénétique, imagerie tri-dimensionnelle, archéologie funéraire, auxologie, alimentation, etc.).

Lors de l'exposition universelle de 1900 à Paris, le docteur Léon Azoulay[1] effectue des enregistrements sonores de parlers et de musiques du monde entier, sur 411 cylindres de cires[2]. Une partie de ces documents linguistiques et ethnographiques est consultable[3].

OrganisationModifier

PrésidentsModifier

  • 1925 : Louis Dubreuil-Chambardel[5]
  • 1926 : Regnault
  • 1927 : Bloch
  • 1928 : Noir
  • 1929 : Jeanselme
  • 1930 : Brugiel
  • 1931 : Henri Rouvière
  • 1932 : Henri Victor Vallois
  • 1933 : De Santa-Maria
  • 1934 : Girard
  • 1935 : Crouzon
  • 1936 : Mignot
  • 1937 : Champy
  • 1938 : Vésigné
  • 1939-1945 : Louis Marin
  • 1946 : Lester
  • 1947 : Sémichon
  • 1948 : Jean Piveteau
  • 1949 : André Delmas (anatomiste)
  • 1950 : Augier
  • 1951 : Bourdelle
  • 1952 : Léon Pales
  • 1953 : Solas
  • 1954 : Bennejeant
  • 1955 : J. Anthony
  • 1956 : Schreider
  • 1957 : Delattre
  • 1958 : Georges Olivier
  • 1959 : Beltrami
  • 1960 : Huard
  • 1961 : Bouteiller
  • 1962 : Gessain
  • 1963 : Bourlière
  • 1964-1965 : Schweich
  • 1966-1967 : Kherumian
  • 1968-1969 : Chippaux
  • 1970-1971 : Martiny
  • 1972 : Dastugue
  • 1973 : Genet-Varcin
  • 1974 : Riquet
  • 1975-1976 : R. Fenart
  • 1977-1978 : Yves Coppens
  • 1979-1980 : H. Pineau
  • 1981-1982 : M.C. Chamla
  • 1983-1984 : R.P. Cousin
  • 1985-1986 : Bernard Vandermeersch
  • 1987-1988 : A. Ducros
  • 1989 : J. Wangermez
  • 1990 -1991 : Françoise Demoulin
  • 1992-1993 : Claude Masset
  • 1994-1995 : Alain Froment
  • 1999 : Anne-Marie Tillier
  • 2003-2004 : Pierre Darlu
  • 2005-2006 : Dominique Grimaud-Hervé
  • 2007-2008 : Pascal Sellier
  • 2009-2012 : Mark Guillon
  • 2013-2015 : Dominique Grimaud-Hervé
  • 2016-2017 : Gilles Berillon
  • 2018-2021 : Antoine Balzeau

SecrétairesModifier

Membres célèbresModifier

Fondations et prixModifier

En 1865, Ernest Godard lègue une somme pour la fondation du « Prix Godard » par la Société d'anthropologie de Paris, récompensant des recherches originales sur l'anthropologie[7],[8].

La Société d'Anthropologie de Paris décerne toujours des prix récompensant des travaux de chercheurs en Anthropologie. Depuis 2010, les anciens prix ont été supprimés et remplacés par deux nouveaux prix remis chaque année. Ces prix sont les suivants :

  • Le prix de la Société d'Anthropologie de Paris : Ce prix vise à récompenser un travail de thèse en anthropologie biologique, soutenu pendant l’année qui précède la date limite de candidature au prix. Cette thèse peut être rédigée en français ou en anglais. Ce prix est doté d’une récompense dont le montant, variable, sera fixé chaque année par le Conseil d’Administration de la SAP. La ou le lauréat.e du prix de la Société d’Anthropologie de Paris s’engage à publier aux BMSAP un résumé détaillé de sa thèse.
  • Le prix du meilleur poster : Ce prix est honorifique et récompense la meilleure communication affichée présentée pendant les journées.

RéférencesModifier

  1. « Azoulay, Eliaou », sur biusante.parisdescartes.fr
  2. Liste des phonogrammes composant le musée phonographique de la Société d'anthropologie.
  3. Enregistrements sonores effectués par Léon Azoulay lors de l'Exposition Universelle de 1900 à Paris Archives sonores CNRS Musée de l'Homme (Centre de Recherche en Ethnomusicologie,LESC UMR 7186, CNRS).
  4. L'Anthropologie : paraissant sous la direction de MM. Cartailhac, Hamy, Topinard, Éditeur : Elsevier-France (Paris), Janvier 1895, pages 226-227 sur Gallica
  5. « Société d'Anthropologie de Paris », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VIIe Série, t. 9, no fascicule 1-3,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018).
  6. « Statistique des Indiens de l'Amérique du Nord », Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, vol. 3, no 1,‎ , p. 659–661 (DOI 10.3406/bmsap.1868.9891, lire en ligne, consulté le 24 septembre 2020)
  7. [1865] M. Simonot, « Rapport sur le prix Ernest Godard », Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, Paris, libraire-éditeur Victor Masson, t. 6,‎ , p. 299-332 (lire en ligne [sur gallica], consulté en /02/2021).
  8. Biographie d'Ernest Godard : « Chapitre 5 : Les voyages préparatoires / Godard, membre de nombreuses sociétés savantes », sur ernestgodard.wordpress.com

SourcesModifier

  • Jean-Claude Wartelle, « La Société d’Anthropologie de Paris de 1859 à 1920 », Revue d'histoire des sciences humaines, no 10,‎ , p. 125–171 (ISBN 2-912601-26-6, DOI 10.3917/rhsh.010.0125)
  • Aldo Trucchio, Louis Simonin, ingénieur mineur et expert de la « race rouge », Tangence 123 (Huronie représentée : mythologies et appropriations), p. 71-85.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Lien externeModifier