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Smash (album de The Offspring)

album de The Offspring
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Smash

Album de The Offspring
Sortie
Enregistré Janvier-février 1994
Track Record, North Hollywood, États-Unis
Durée 46:47
Genre Punk rock, skate punk
Producteur Thom Wilson
Label Epitaph

Albums de The Offspring

Singles

Smash est le troisième album studio du groupe californien de punk rock The Offspring, sorti le sur le label Epitaph.

C'est avec cet album, porté par les singles Come Out and Play et Self Esteem, que le groupe devient célèbre dans le monde entier. Bien accueilli par la critique, il est considéré, avec Dookie sorti la même année, comme l'un des deux albums ayant relancé l'intérêt du grand public pour le punk et ayant ouvert la voie à d'autres groupes de ce genre musical. Il est le dernier album du groupe pour le label indépendant Epitaph, le groupe signant après sa sortie avec Columbia Records.

Il atteint notamment la 4e place du classement Billboard 200 aux États-Unis, pays dans lequel il est six fois disque de platine, et il est certifié au moins disque de platine dans plusieurs autres pays. Vendu à plus de onze millions d'exemplaires à travers le monde, c'est l'album qui détient le record de ventes pour un label indépendant.

Sommaire

EnregistrementModifier

Après la tournée ayant accompagné la sortie de l'album Ignition (1992), les membres du groupe The Offspring commencent à écrire de nouvelles chansons vers le milieu de l'année 1993. Les sessions d'enregistrement de leur troisième album se déroulent sur trois semaines entre janvier et février 1994 aux studios Track Record de North Hollywood[1]. Entre deux sessions d'enregistrement, les studios sont endommagés par le séisme de 1994 à Northridge[2]. Le groupe travaille avec le producteur Thom Wilson, qui a déjà produit leurs deux premiers albums, mais des tensions surgissent pendant les sessions car Wilson estime que la formation s'éloigne trop du style punk[3]. Plusieurs chansons sont écrites par Dexter Holland dans les embouteillages quotidiens lorsqu'il fait le trajet de son domicile jusqu'au studio[4], et les chansons It'll Be a Long Time et Smash sont écrites dans l'urgence juste avant la fin des sessions[5]. Come Out and Play est la dernière chanson a être enregistrée, Dexter Holland cachant jusqu'au dernier moment aux autres membres du groupe qu'il a décidé d'y ajouter un riff aux sonorités moyen-orientales et une voix, celle de leur ami Jason McLean, répétant plusieurs fois la phrase « You gotta keep 'em separated » car il pensait qu'ils allaient rejeter son idée[2]. Le coût total d'enregistrement de l'album s'élève à 20 000 $[5], le groupe obtenant un rabais en concluant un accord par lequel ils doivent céder la priorité à chaque fois qu'un groupe payant le tarif normal souhaite utiliser le studio[6].

Parution et accueilModifier

Sortie et succès commercialModifier

Alors qu'Ignition, l'album précédent du groupe, s'est vendu à environ 50 000 exemplaires[6], Epitaph espère en vendre le triple avec Smash[1]. Les ventes dépassent toutes leurs espérances car l'album dépasse le million d'exemplaires vendus en quatre mois[1]. L'album atteint la 4e place au Billboard 200[7]. Il s'est par ailleurs notamment classé numéro un des ventes en Australie, deuxième en Autriche, en Belgique et en Finlande, et troisième au Canada, en Suède et en Suisse.

C'est l'album du groupe qui a connu le plus grand succès, juste devant Americana, avec des ventes mondiales annoncées à onze millions d'exemplaires, dont six millions aux États-Unis[8],[6]. Il est aussi l'album ayant réalisé les meilleures ventes mondiales sur un label indépendant[5].

Le single Come Out and Play a atteint la première place du classement musical Modern Rock Tracks de Billboard, alors que les singles suivants, Self Esteem et Gotta Get Away, ont respectivement atteint la 4e et la 6e place de ce même classement.

Accueil critiqueModifier

Stephen Erlewine, d'AllMusic, lui donne la note de 4,5/5, écrivant que le groupe combine un son heavy metal à une attitude punk et que, même si les autres chansons ne sont pas aussi « implacablement accrocheuses » que les singles, l'album dans son entier est solide et parcouru de riffs puissants[9]. Pour Mike Stagno, du site Sputnikmusic, qui lui donne la note de 4/5 et recommande particulièrement les chansons Smash, Come Out and Play, Something to Believe In, Self-Esteem, Nitro (Youth Energy) et It'll Be a Long Time, l'album combine « un tempo rapide, un punk rock très énergique, une excellente écriture de textes et le caractère accrocheur du pop punk »[10]. Brendan Riley, de Stereogum, évoque un album au son beaucoup plus brut que Dookie avec des textes plus sombres et plus matures, des riffs ravageurs et des mélodies accrocheuses étrangement transcendées par les talents limités de chanteur de Dexter Holland[11]. Pour Robert Hilburn, du Los Angeles Times, qui lui donne la note de 3/4, l'album est principalement destiné à la jeunesse mais le message que veut faire passer le groupe est convaincant[12].

Greg Kot, de Rolling Stone, lui donne la note de 3/5, estimant que c'est un album divertissant et qui arrive à dépasser les conventions de son style musical mais « qu'aucune chanson n'est assez rapide ou inventive pour faire oublier les accents pleurnicheurs de la voix de Dexter Holland »[13]. David Browne, d'Entertainment Weekly, lui donne la note de B-, considérant que c'est du « surf-punk metal » accrocheur mais ni particulièrement novateur ni subversif[14].

Classements et certificationsModifier

Pays Meilleure
position
  Allemagne (Media Control AG)[15] 4
  Australie (ARIA)[16] 1
  Autriche (Ö3 Austria Top 40)[17] 2
  Belgique (Flandre Ultratop)[18] 2
  Belgique (Wallonie Ultratop)[19] 2
  Canada (Canadian Albums Chart)[20] 3
  États-Unis (Billboard 200)[7] 4
  Finlande (Suomen virallinen lista)[21] 2
  Norvège (VG-lista)[22] 9
  Nouvelle-Zélande (RIANZ)[23] 6
  Pays-Bas (Mega Album Top 100)[24] 5
  Royaume-Uni (UK Albums Chart)[25] 21
  Suède (Sverigetopplistan)[26] 3
  Suisse (Schweizer Hitparade)[27] 3
Pays Ventes Certifications
  Australie (ARIA)[28] 280 000 +   4 × Platine
  Autriche (IFPI Austria)[29] 25 000 +   Or
  Belgique (BEA)[30] 50 000 +   Platine
  Canada (CRIA)[31] 600 000 +   6 × Platine
  États-Unis (RIAA)[32] 6 000 000 +   6 × Platine
  Japon (RIAJ)[33] 200 000 +   Platine
  Norvège (IFPI Norway)[34] 25 000 +   Or
  Nouvelle-Zélande (RMNZ)[35] 15 000 +   Platine
  Royaume-Uni (BPI)[36] 300 000 +   Platine
  Suède (GLF)[37] 100 000 +   Platine
  Suisse (IFPI Switzerland)[38] 50 000 +   Platine

TournéeModifier

Le groupe joue plus de 200 concerts entre mai 1994 et août 1995, principalement en Amérique du Nord et en Europe mais aussi en Australie et au Japon[39]. En 2014, la formation donne une série de concerts pour fêter le 20e anniversaire de la sortie de l'album, jouant pour l'occasion celui-ci dans son intégralité[40].

Caractéristiques artistiquesModifier

Thèmes et compositionsModifier

Come Out and Play, dont le thème est la violence dans le milieu scolaire, a des sonorités arabisantes, alors que What Happened to You?, qui traite de la toxicomanie, a des accents de ska jamaïcain[41]. Killboy Powerhead est une reprise d'un titre de The Didjits figurant sur l'album Hornet Piñata (1990)[42]. Bad Habit a pour thème la rage routière[4], Gotta Get Away la pression que ressentait Dexter Holland pour terminer l'album dans le temps imparti et Self Esteem traite d'une relation dans laquelle le garçon est malmené par sa petite amie car il n'a pas assez d'amour-propre pour lui tenir tête.

Titre et pochetteModifier

Le titre de l'album, Smash (« briser / fracasser » en anglais), est aussi celui de sa dernière chanson. Dans les paroles de celle-ci se trouve l'explication du titre : « Smash is the way you feel all alone, Like an outcast you're out on your own, Smash is the way you deal with your life » (« Briser est ta façon de te sentir seul, comme un exclu tu ne peux compter que sur toi-même, fracasser est ta façon de gérer ta vie »), ces paroles constituant « un résumé et un culte de l'aliénation qui est à la base de la culture punk »[43].

La pochette de l'album représente un squelette humain, le crâne et la partie supérieure du torse, « distordu et sinistre » vu en basse définition à travers la lumière jaune de rayons X. Elle représente le « contenu thématique sombre et nihiliste que l'on retrouve dans les chansons du disque : mort, avidité, suicide, violence, dépendance et maltraitance »[44].

PostéritéModifier

Smash est crédité pour avoir permis, avec Dookie de Green Day sorti deux mois plus tôt, de ramener le punk au centre de la scène musicale pour le grand public[5].

Il fait partie des albums listés dans le livre Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, qui le décrit comme mélangeant « un punk fiévreux et un rock puissant » et « bardé de mélodies contagieuses »[45]. Le magazine Kerrang! le classe en 1998 à la 54e place de ses 100 albums à écouter avant de mourir[46] et en 2006 à la 5e place des meilleurs albums de punk de tous les temps[47]. En 2014, Loudwire le place 4e de sa liste des meilleurs albums de rock de l'année 1994[48] et, en 2015, 18e de sa liste des meilleurs albums de punk de tous les temps[49]. Toujours en 2014, New Musical Express le cite dans sa liste des 20 meilleurs albums de pop punk[50]. La même année, le magazine Rock Sound le classe en 6e position de sa liste des 51 meilleurs albums de pop punk de tous les temps[51].

Fiche techniqueModifier

Liste des chansonsModifier

Toutes les paroles sont écrites par Dexter Holland sauf mention contraire, toute la musique est composée par The Offspring.

Smash
No TitreAuteur Durée
1. Time to Relax 0:25
2. Nitro (Youth Energy) 2:27
3. Bad Habit 3:43
4. Gotta Get Away 3:52
5. Genocide 3:33
6. Something to Believe In 3:17
7. Come Out and Play 3:17
8. Self Esteem 4:17
9. It'll Be a Long Time 2:43
10. Killboy PowerheadThe Didjits 2:02
11. What Happened to You? 2:12
12. So Alone 1:17
13. Not the One 2:54
14. Smash 10:42

La dernière chanson, Smash, se termine après 2:52, après quoi apparaissent trois morceaux cachés : un speech de fin en écho à l'intro Time To Relax, un extrait de l'intro de Change The World (qui apparaîtra sur l'album Ixnay on the Hombre), et une variation instrumentale acoustique du thème de Come Out And Play.

CréditsModifier

InterprètesModifier

Équipe de production et artistiqueModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (en) Mike Boehm, « Helping Make Offspring a Smash », Los Angeles Times,‎
  2. a et b (en) Nate Jackson, « Seven Things You Didn't Know About Smash », sur ocweekly.com, (consulté le 10 février 2019)
  3. (en) « The Offspring Biography », sur muzikum.eu (consulté le 10 février 2019)
  4. a et b (en) Nate Jackson, « Seven Things You Didn't Know About Smash Part 2 », sur ocweekly.com, (consulté le 10 février 2019)
  5. a b c et d (en) Richard Bienstock, « The Offspring's 'Smash': The Little Punk LP That Defeated the Majors », Rolling Stone (consulté le 10 février 2019)
  6. a b et c (en) John Wiederhorn, « The Offspring Were 'Flying By the Seat of Their Pants' As They Rocketed to Stardom », sur yahoo.com, (consulté le 10 février 2019)
  7. a et b (en) « The Offspring - Billboard 200 », Billboard (consulté le 10 février 2019)
  8. (en) Tim Peacock, « Heaven Is A Half-Pipe: The Joys Of Skate-Punk », sur udiscovermusic.com, (consulté le 10 février 2019)
  9. (en) Stephen Erlewine, « Smash », sur allmusic.com (consulté le 10 février 2019)
  10. (en) Mike Stagno, « Smash », sur sputnikmusic.com (consulté le 10 février 2019)
  11. (en) Brendan Riley, « Smash Turns 20 », sur stereogum.com (consulté le 10 février 2019)
  12. (en) Robert Hilburn, « Do You Hear What We Hear? », Los Angeles Times,‎
  13. (en) Greg Kot, « Smash », sur rollingstone.com (consulté le 10 février 2019)
  14. (en) David Browne, « Smash », sur ew.com, (consulté le 10 février 2019)
  15. (de) Charts.de – The Offspring – Smash. GfK Entertainment. PhonoNet GmbH.
  16. (en) Australian-charts.com – The Offspring – Smash. ARIA Top 50 album. Hung Medien.
  17. (de) Austriancharts.at – The Offspring – Smash. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien.
  18. (nl) Ultratop.be – The Offspring – Smash. Ultratop 200 albums. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch.
  19. Ultratop.be – The Offspring – Smash. Ultratop 200 albums. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch.
  20. (en) « Top Albums/CDs - Volume 61, No. 6, March 13, 1995 », sur collectionscanada.gc.ca (consulté le 10 février 2019)
  21. (fi) Finnishcharts.com – The Offspring – Smash. Suomen virallinen lista. Hung Medien.
  22. (en) Norwegiancharts.com – The Offspring – Smash. VG-lista. Hung Medien.
  23. (en) Charts.org.nz – The Offspring – Smash. RIANZ. Hung Medien.
  24. (nl) Dutchcharts.nl – The Offspring – Smash. Mega Album Top 100. Hung Medien.
  25. (en) « The Offspring - Charts Albums », sur officialcharts.com (consulté le 10 février 2019)
  26. (en) Swedishcharts.com – The Offspring – Smash. Sverigetopplistan. Hung Medien.
  27. (en) Swisscharts.com – The Offspring – Smash. Schweizer Hitparade. Hung Medien.
  28. (en) « ARIA Charts - Accreditations - 1997 Albums », sur aria.com (consulté le 15 décembre 2018)
  29. (de) « Gold & Platin - Offspring », sur ifpi.at (consulté le 15 décembre 2018)
  30. (en) « Gold and Platinum Certifications Albums 1995 », sur ultratop.be (consulté le 15 décembre 2018)
  31. (en) « Gold & Platinum Certification The Offspring », Music Canada (consulté le 15 décembre 2018)
  32. (en) « Gold & Platinum - The Offspring », Recording Industry Association of America (consulté le 15 décembre 2018)
  33. (ja) « The Record > February 2003 > Certified Awards », sur riaj.jp,
  34. (no) « IFPI Norsk Trofeer », sur ifpi.no (consulté le 15 décembre 2018)
  35. (en) « official Top 40 Albums », sur nztop40.co.nz (consulté le 15 décembre 2018)
  36. (en) « Certified Awards Search - The Offspring », BPI (consulté le 15 décembre 2018)
  37. (sv) « Guld- och Platinacertifikat − År 1987−1998 », sur ifpi.se (consulté le 15 décembre 2018)
  38. (en) « Awards Search - The Offspring », sur swisscharts.com (consulté le 15 décembre 2018)
  39. (en) « The Offspring Smash Tour », sur setlist.fm (consulté le 10 février 2019)
  40. (en) Chad Childers, « The Offspring Promote Tour by Covering Bad Religion + Pennywise », sur loudwire.com, (consulté le 10 février 2019)
  41. (en) Neil Strauss, « Proof of Punk's Currency », sur nytimes.com, (consulté le 10 février 2019)
  42. (en) Steve Huey, « Didjits Biography », sur allmusic.com (consulté le 10 février 2019)
  43. (en) Randy Lewis, « Punk Peers Give Danell Full-Throttle Farewell », Los Angeles Times,‎
  44. (en) Dustin Griffin, « Album Cover Feature - Smash », sur vandalamagazine.com, (consulté le 10 février 2019)
  45. Robert Dimery, Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, Flammarion, (ISBN 2-0820-1539-4), p. 734
  46. (en) « The Kerrang! 100 Albums You Must Hear Before You Die », sur rocklistmusic.co.uk (consulté le 10 février 2019)
  47. (en) « Kerrang posts list of top 50 punk albums of all time », sur punknews.org, (consulté le 10 février 2019)
  48. (en) Chad Childers, « 10 Best hard Rock Albums of 1994 », sur loudwire.com, (consulté le 10 février 2019)
  49. (en) « Top 25 Punk Albums of All Time », sur loudwire.com, (consulté le 10 février 2019)
  50. (en) Emily Barker, « 20 Pop Punk Albums Which Will Make You Nostalgic », sur nme.com, (consulté le 10 février 2019)
  51. (en) « The 51 Most Essential Pop Punk Albums of All Time », Rock Sound,‎ , p. 73