Sitka

municipalité de l'Alaska, aux USA

Sitka
Sitka
Le centre-ville de Sitka.
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Drapeau de l'Alaska Alaska
Chef-lieu Sitka
Fondation 1799
Démographie
Population 8 952 hab. (2011)
Densité 1,2 hab./km2
Géographie
Superficie 744 360 ha = 7 443,6 km2
Superficie eau 501 820 ha = 5 018,2 km2
Superficie totale 1 246 180 ha = 12 461,8 km2
Localisation
Localisation de Sitka
Localisation du comté dans l'État.

Sitka (en tlingit : Sheetʼká), est une ville située sur l'île Baranof de l'archipel Alexandre, sur la côte Pacifique de l'État d'Alaska aux États-Unis. La ville a donné son nom à l'épicéa de Sitka.

Initialement nommée Novo-Arkhangelsk ou New Archangel — soit la Nouvelle-Arkhangelsk — à l'époque de l'Amérique russe (russe : Ново-Архангельск ou Новоaрхангельск, ou en translittération du russe : Novoarkhangelsk), elle était la capitale de l’Amérique russe.

HistoireModifier

En 1787, Alexandre Baranov y fonde un poste de traite où il implante d'anciens serfs russes et des Aléoutes. De 1799 à 1804, il est le gouverneur et administrateur résidant de l'Amérique russe et décide d'y construire sa capitale. Le fort est détruit par les Tlingits le qui massacrent les colons russes[1].

Baranov reprend les lieux deux ans plus tard et l'île est rebaptisée Sitka, tandis que la capitale prend le nom de Novo-Arkhangelsk (actuelle « Sitka »). En 1807, le gouverneur réside au château Baranov.

En 1870, la ville devient le siège d'un évêché orthodoxe, le premier sur le continent américain.

GéographieModifier

 
Panorama du port de Crescent Harbor, dans l'estuaire de l'Indian River avec, à l'arrière-plan, le massif des Sisters.

Selon le Bureau du recensement des États-Unis, Sitka est la commune la plus étendue des États-Unis, avec une superficie totale de 12 460 km2, dont 7 400 km2 de terres émergées et 5 030 km2 (40,3 %) d'eau. Elle devance Juneau qui ne compte que 7 440 km2 dont 7 040 km2 constructibles. Pour le reste des États-Unis, la commune la plus étendue des 48 États contigus est Jacksonville (Floride), avec 1 960 km2.

ClimatModifier

Sitka bénéficie d'un climat océanique (Köppen Cfb) donc de températures fraîches à modérées, et est exposée à des pluies abondantes : le volume moyen des précipitations annuelles est de 2 200 mm; les chutes de neige sont annuellement de 838 mm, réparties sur 233 + 19 jours respectivement. La température moyenne annuelle n'est que de 7,4 °C, avec des moyennes mensuelles s'étalant de 2,4 °C en janvier à 14 °C en août. La température de 21 °C n'est dépassée que 5,1 jours par an mais il n'y a que 10 jours sans dégel par an[2].

Le record de froid : −18,3 °C, a été atteint dans la nuit du 16 au et le record de chaleur (31,1 °C) a été atteint le [2]. Grâce à l'ambiance océanique, les hivers sont extrêmement doux par rapport à l'hinterland canadien. Grâce à la douceur relative des nuits, la ville se trouve pendant quatre mois au sud de l'isotherme de 10 °C, qui par convention marque la limite du climat polaire.

Considérant tous ces aspects, le climat de Sitka est fort voisin de celui de Fort William en Écosse. Malgré la douceur des nuits d'hiver, la rusticité de la flore est élevée pour cette latitude.

Port Walter est la région où les précipitations sont les plus élevées en Alaska, avec environ 6 100 mm.

 Données climatiques à Sitka, Alaska (Île Japonski, 1991–2020).
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,2 0,1 0,3 2,9 6,1 9,1 11,4 11,6 9,2 5,5 2,2 0,8 4,9
Température moyenne (°C) 2,5 2,7 3,1 5,9 9 11,7 13,7 14,1 11,8 8,1 4,6 3,1 7,6
Température maximale moyenne (°C) 4,8 5,2 5,9 9,1 11,9 14,3 15,9 16,7 14,5 10,6 6,9 5,4 10,2
Record de froid (°C)
date du record
−18
1971
−18
1948
−16
1951
−7
1948
−2
2002
2
1955
5
1945
3
1948
−1
1956
−7
1984
−17
1985
−17
1970
−18
1948
Record de chaleur (°C)
date du record
17
2018
16
1968
19
2019
24
1976
27
1964
28
1948
31
1976 et 2020
29
1950
25
1986
20
1969
18
1970
18
1944
31
1976 et 2020
Précipitations (mm) 213,4 149,4 142,7 109,2 97 74,4 115,3 185,9 297,9 300,5 254 215,1 2 154,8
dont neige (cm) 23,1 21,6 13 2,5 0 0 0 0 0 0,8 12,7 10,2 83,8
Nombre de jours avec précipitations 21,2 16,8 18,4 17,4 16,3 16,7 18,9 19,4 22,4 23,7 22 21,6 234,8
Nombre de jours avec neige 4,8 4 3,3 0,8 0,1 0 0 0 0 0,4 3,3 2,7 19,3
Source : Climatologie mensuelle d'après NOAA[2]
 Données climatiques à Port Walter, Alaska 1991–2020.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,6 −0,4 −0,1 2,1 4,9 8 10,2 10,3 8,3 4,9 1,7 0,2 4,1
Température moyenne (°C) 1,3 1,7 2,4 5,1 8,5 11,3 13,2 13,3 10,9 7,2 3,7 2 6,7
Température maximale moyenne (°C) 3,3 3,8 4,9 8,2 12,1 14,6 16,3 16,3 13,5 9,6 5,8 3,8 9,3
Record de froid (°C)
date du record
−18
1966
−16
1968
−15
1955
−8
1966
−4
1950
0
1955
1
2019
2
2019
−3
2019
−5
1984
−16
1985
−16
1970
−18
1966
Record de chaleur (°C)
date du record
15
1989
14
1995
14
2019
19
2003
22
1983
27
1991
26
1993
31
1990
23
1993
16
2012
14
2020
13
2014
31
1990
Précipitations (mm) 710,4 480,8 460 372,1 310,6 199,4 263,4 425,2 653,3 802,9 746,5 816,6 6 241,2
dont neige (cm) 535,9 528,3 603 243,1 0 0 0 0 0 0,5 149,1 387,1 2 447
Nombre de jours avec précipitations 24,2 19,3 20,3 18,8 15 14,5 15 16,7 21 24,1 24,5 24,6 238
Nombre de jours avec neige 16,8 15 14,8 3,1 0 0 0 0 0 0,1 5,6 12,6 68
Source : Climatologie mensuelle d'après NOAA[2]


ReliefModifier

 
Nouvelle-Arkhangelsk et Sitka - New Archangel et Sitca Sound (sur une carte de 1805).

Dans le sud de l'Île Kruzof se dresse le mont Edgecumbe, un stratovolcan endormi de 980 m. Par temps clair, on peut l’apercevoir depuis Sitka.

DémographieModifier

Historique des recensements
Ann. Pop.  
1880916
18901 190 +29,91 %
19001 396 +17,31 %
19101 039 −25,57 %
19201 175 +13,09 %
19301 056 −10,13 %
19401 987 +88,16 %
19501 985 −0,1 %
19603 237 +63,07 %
19703 370 +4,11 %
19807 803 +131,54 %
19908 588 +10,06 %
20008 835 +2,88 %
20108 881 +0,52 %
Est. 20188 647 −2,63 %
Composition de la population en % (2010)[3],[4]
Groupe Sitka   Alaska   États-Unis
Blancs 65,3 66,7 72,4
Autochtones d'Alaska 16,8 14,8 0,9
Métis 9,8 7,3 2,9
Asiatiques 5,9 5,4 4,8
Autres 1,3 1,6 6,2
Afro-Américains 0,5 3,3 12,6
Océaniens 0,3 1,1 0,2
Total 100 100 100
Latino-Américains 4,9 5,5 16,7

Selon l'American Community Survey, pour la période 2011-2015, 88,86 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler l'anglais à la maison, 3,59 % déclare parler le tagalog, 2,28 % l'espagnol, 1,24 % le tlingit, 0,93 % le russe, 0,66 % l'allemand, 0,62 % le coréen et 1,82 % une autre langue[5].

Évolution démographique
1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950
9161 1901 3961 0391 1751 0561 9871 985
1960 1970 1980 1990 2000 2010 - -
3 2373 3707 8038 5888 8358 881--

Hommages artistiquesModifier

  • Sitka est la ville qui sert de cadre au film La Proposition (2009)[7].
  • L’agent du FBI, Donald Ressler, se rend à Sitka lors de l’épisode 6 de la saison 2 de Blacklist afin d’élucider une enquête.
  • Elle est aussi la ville dans laquelle se déroule la majeure partie de l’action du roman Le Club des policiers yiddish.
  • César Cascabel fait une halte à Sitka, le temps d'un chapitre, dans le roman éponyme de Jules Verne
  • Il existe, dans Flight Simulator X (FSX), une mission qui consiste à atterrir sur l'aéroport de Sitka.

RéférencesModifier

  1. Mike Miller, Alaska's Southeast, 11th : Touring the Inside Passage, Globe Pequot, , 304 p. (ISBN 978-0-7627-5201-0, présentation en ligne)
  2. a b c et d D'après « NOAA Online Weather Data », sur National Oceanic and Atmospheric Administration (consulté le ).
  3. (en) « Sitka, AK Population - Census 2010 and 2000 », sur censusviewer.com.
  4. « Population of Alaska - Census 2010 and 2000 », sur censusviewer.com.
  5. (en) « LANGUAGE SPOKEN AT HOME BY ABILITY TO SPEAK ENGLISH FOR THE POPULATION 5 YEARS AND OVER », sur data.census.gov (consulté le )
  6. « Statistiques des États-Unis - Alaska - Profils des communautés de 2010 » (consulté en )
  7. Les scènes ont en fait été filmées à Rockport (Massachusetts).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Elisée Reclus, L'Amérique boréale, Paris, Hachette, coll. « Nouvelle géographie universelle », , p. 247

Articles connexesModifier

Liens externesModifier