Sion Sono

réalisateur, auteur et poète japonais
Sion Sono
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Naissance (59 ans)
Toyokawa (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonais
Profession Réalisateur, écrivain, compositeur, poète
Films notables Suicide Club
Why Don't You Play in Hell?
Love Exposure
Cold Fish
Guilty of Romance
Séries notables Tokyo Vampire Hotel
The Forest of Love

Sion Sono (園子温, Sono Shion?), également appelé Sono Sion, est un écrivain, poète, militant, réalisateur et scénariste japonais, né le à Toyokawa, dans la préfecture d'Aichi.

Son œuvre cinématographique est principalement connu pour ses films subversifs qu'il réalise après la sortie de Suicide Club (2001). Derrière la violence extrêmes de ses films se cachent un discours particulièrement acerbe sur la société capitaliste japonaise (Cold Fish, 2010), la condition de la femme au Japon (Guilty of Romance, Tag), le sectarisme ou la folie (Love Exposure, 2008). [1]Plus récemment il réalise des mini-séries, Tokyo Vampire Hotel (2017) et The Forest of Love (2019), commandées respectivement par Amazon Prime et Netflix.

Véritable boulimique de travail, il lui arrive d'écrire ou de réaliser plusieurs projets en même temps. En 2015, il sort pas moins de six films, dont Tag, The Whispering Star ou Shinjuku Swan.[2]

BiographieModifier

Il a grandi dans la baie de Mikawa. Son enfance est marquée par des parents particulièrement sévères et "peu enclins au bonheur"[3].

Il publie ses premiers poèmes à l'âge de 17 ans[4], puis entre à l'université Hōsei[4], à Tokyo. C'est là qu'il commence à réaliser des films, des courts-métrages en premier lieu. En 1987, Otoko no Hanamichi[5], film qu'il a co-écrit, réalisé et dans lequel il a joué, obtient le 4e grand prix du festival du film Pia[6]. Ce prix, assorti d'une bourse, lui permet de tourner son premier long-métrage, Bicycle Sighs (Jitensha toiki), sorti en 1990.

Parallèlement à sa carrière de réalisateur, Sion Sono poursuit son engagement dans le mouvement Tokyo GAGAGA, dont il est le leader, et qui organise des happenings dans les rues de Tokyo. Pendant plusieurs jours, les membres du groupe défilent dans la rue en hurlant de la poésie pour exprimer le mal-être de la société tokyoïte dans les années 1990[7]. C'est d'ailleurs avec cette bande de jeunes qu'il va tourner Bad film en 1995, projet abandonné un temps pour raisons financières et qu'il ne pourra finir de monter qu'en 2013[8].

Le réalisateur ne se démarquera pas de ses premiers élans poétiques et anticonformistes, qui font de lui un cinéaste singulier, n'hésitant pas à insérer des poèmes dans ses films ou à les faire durer quatre heures (pour Love Exposure).

Il se marie avec l'actrice Megumi Kagurazaka qu'il fait tourner dans plus d'une dizaine de ses films, dont Cold Fish (2010) et Guilty of Romance (2011).[9]

Thèmes et influencesModifier

L'œuvre de Sion Sono est généralement sombre. Elle peut aussi être qualifiée de gore, ce qui l'a d'ailleurs fait remarquer dans de nombreux festivals notamment. Ainsi, en 2001, Il crée l'événement avec Suicide Club, dont la première scène montre le suicide joyeux d'une cinquantaine de lycéennes dans une gare. On retrouve aussi des thèmes récurrents dans ses films, comme celui de l'échec du bonheur familial. Sion Sono traite dans ses films du rôle de la femme dans la société japonaise, remise au rang d'objet, ne pouvant exprimer ses désirs naturels, au risque de passer pour la "mauvaise femme". L'éclatement de la société et de ses institutions (la famille, donc, mais aussi la religion dans Love Exposure) est un thème récurrent dans les films du réalisateur. D'une manière générale, on peut dire que l'artiste est très inspiré par les divers malaises de la société japonaise. L'idée du fanatisme, dû à un manque de repères, ou une recherche de notoriété à cause de l'anonymat imposé par l'individualisme se retrouve également dans Love Exposure et Suicide Club.

Notons aussi qu'il n'hésite pas à aborder la sexualité et les perversions, pour tenter de démêler les vraies perversions de celles de la société.

Par ailleurs, Sion Sono dit s'être toujours inspiré de la poésie et des sentiments qu'il a en écrivant des poèmes pour réaliser ses films[10]. Son tout premier court-métrage, I am Sion Sono ! (Ore wa Sion Sono da!!), reflète d'ailleurs l'importance que la poésie a dans son œuvre. En effet, il se filme en train de déclamer à tue-tête des poèmes de sa composition devant la caméra. La caméra n'était donc au départ qu'un moyen de mettre en avant sa poésie, pour ce réalisateur qui déclare s'être toujours imaginé devenir romancier et poète plutôt que réalisateur, du fait de sa timidité[11].

Son auteur préféré, Edogawa Ranpo, un des grands noms du roman policier d'investigation populaire, est le fondateur de l'ero guro nansensu, un mouvement artistique combinant l'érotisme à des éléments macabres et grotesques. Les œuvres de Sion Sono s'inscrivent pleinement dans ce mouvement[11].

PublicationsModifier

Filmographie[12],[13]Modifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

DistinctionsModifier

  • Grand prix du festival du film Pia pour Otoko no Hanamichi en 1987[5].
  • Prix spécial du jury, lors du festival de Sundance pour Heya, en 1994.
  • Prix du film révolutionnaire et Fantasia Ground-Breaker d'argent, lors du festival FanTasia 2003 pour Suicide Club.
  • Prix Don Quichotte, mention spéciale et nomination Globe de Cristal, lors du Festival international du film de Karlovy Vary 2005 pour Noriko's Dinner Table.
  • Prix du meilleur film, lors du festival FanTasia 2006 pour Strange Circus.
  • Prix du jury des lecteurs du Berliner Zeitung, lors du Festival de Berlin 2006 pour Strange Circus.
  • Prix Agnès b, lors du Tokyo Filmex 2008, pour Love Exposure.
  • Prix FIPRESCI et Caligari, lors de la Berlinale 2009, pour Love Exposure.
  • Prix du meilleur film, lors du festival FanTasia 2009 pour Love Exposure.
  • Prix Lotus Air France (prix de la critique internationale) lors du Festival du film asiatique de Deauville en 2011 pour Cold Fish.
  • Prix Marcello Mastroianni du Meilleur jeune interprète lors de la 68e édition de la Mostra de Venise en 2011 pour Shôta Sometani et Fumi Nikaidô dans Himizu.
  • Prix du Public à la 19e édition de L'Étrange Festival en 2013 pour Why Don't You Play in Hell? (Jigoku de naze warui)

Notes et référencesModifier

  1. « Sono Sion, l’enfant terriblement rebelle du cinéma japonais », sur Télérama (consulté le 2 mai 2021)
  2. « Sono Sion, l’enfant terriblement rebelle du cinéma japonais », sur Télérama (consulté le 1er mai 2021)
  3. « Sono Sion, l’enfant terriblement rebelle du cinéma japonais », sur Télérama (consulté le 1er mai 2021)
  4. a et b « Biographie de Sion Sono sur le site de l'étrange festival »
  5. a et b (en) « Biographie de Sion Sono sur le site de l'Asia Pacific Screen Academy »
  6. (en) « Site officiel du festival du film Pia »
  7. « Hommage à Sion Sono »
  8. (en) « Bad film sur le site japansociety.org »
  9. « Entrevue avec Megumi Kagurazaka - État de choc, état de grâce », sur Le Devoir (consulté le 2 mai 2021)
  10. (en) « Interview de Sion Sono sur offscreen.com »
  11. a et b (en) « Interview de Sion Sono sur le site du Brooklyn Rail »
  12. (en) « Filmographie de Sion Sono sur le site de l'IMDB »
  13. (es) « Filmographie détaillée sur le site semaine de la semaine du cinéma expérimental de Madrid »
  14. « Tokyo Tribe (2014) », sur www.mcjp.fr, Maison de la culture du Japon à Paris (consulté le 1er novembre 2019)
  15. « TAG (リアル鬼ごっこ) », sur www.mcjp.fr, Maison de la culture du Japon à Paris (consulté le 1er novembre 2019)
  16. (en) « The Whispering Star », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  17. « Madly: Love of Love - Court-métrage - SensCritique », sur www.senscritique.com (consulté le 1er mai 2021)
  18. Antiporno : titre français du film à l'occasion de sa sortie en DVD. Voir l'article de Gwenaël Germain, « Le Roman-Porno japonais : attention, cinéma social sulfureux », Asyalist,‎ (lire en ligne)

Liens externesModifier