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Sion Assidon
Naissance (71 ans)
Agadir, Drapeau du Maroc Maroc
Nationalité Drapeau du Maroc Marocaine
Profession
homme d'affaires
Autres activités
Coordinateur de BDS Maroc
et membre fondateur de Transparency Maroc
Formation
mathématicien
Famille
marié, 2 enfants[réf. nécessaire]

Sion Assidon (né en 1948) est un militant marocain.

Il s'investit dans la lutte pour l'instauration de la démocratie dans son pays, ce qui lui vaut d'être emprisonné de 1972 à 1984, pendant les années de plomb[1]. En 1986, il fonde sa société d'informatique puis reprend l'entreprise familiale. Sion Assidon est marié à une palestinienne américaine. C'est un « défenseur résolu de la cause palestinienne »[2], coordinateur de BDS Maroc[3]. En 2005, il fonde "Transparency Maroc" dont il devient le directeur et il est membre du Bureau exécutif et du Conseil d'administration de Transparency International[1].

BiographieModifier

Professeur de mathématiques, il est arrêté chez lui à Casablanca le 23 février 1972. « À 17 heures », précise-t-il. Il est conduit à Dar Mokri, où il reste dix-sept jours. Puis, c’est la prison Ghbila avec cinquante-deux frontistes qui déclenchent une grève de la faim de trente-deux jours pour obtenir le statut de prisonnier politique.

Son procès commence le 30 juillet 1973. Des observateurs y sont admis. Les accusés peuvent parler et font le procès du régime. Sion Assidon est condamné à quinze ans. Il reste à Ghbila jusqu’en février 1974 puis est transféré à Kénitra, jusqu'à sa libération, le 24 août 1984. Il a été emprisonné douze ans et demi.

Il se distingue en 1979 par une tentative d’évasion montée avec deux camarades au cours d’un séjour à l’hôpital. L’un d’eux, Rahal Jbiha, se tue en tombant du cinquième étage. Les deux autres sont repris après quatre jours de cavale.

À Kénitra, « à partir de 1980, c’est le régime 5 étoiles ». Il reprend des études, passe une maîtrise de mathématiques et d'économie. Avant son procès en 1973, il avait fait des efforts pour améliorer son niveau de maitrise de la langue arabe. Il a ainsi étudié Ibn Khaldoun dans le texte et a profité d'une période de punition par isolement pour étudier des classiques de l’histoire de l’islam. Cette maitrise de la langue va lui permette l'accès aux textes lorsqu'il se passionnera, plus tard, à Kénitra, pour l'histoire du Maroc. Dans le jardin, il plante trois amandiers. Il parle de « joie de vivre ». « On avait des moments de rigolade que je n’ai jamais retrouvés. »

Il ne supporte pas la promiscuité et déclare regretter le régime de cellule qu’il a connu pendant quatre ans : « une bénédiction ! » Après sa libération, il a à cœur de ne plus dépendre de personne, même de sa famille, et de retrouver son autonomie. Il habite seul. Il est rapidement employé par un industriel, proche de la gauche, qui engage volontiers les HEK. Il leur trouve toutes les qualités : compétence, ardeur au travail, sens de l’organisation, discipline… « C’était un précurseur. »

Sion Assidon crée sa propre entreprise (d’informatique) en 1986. Trois ans plus tard, il reprend une entreprise familiale de négoce et d’industrie qui emploie une centaine de personnes. Il n’a pas renoncé à ses idées et fonde avec d’autres, dont Aboudrar, une association contre la corruption, qui deviendra en 1996 l’antenne de Transparency International qu’il anime avant de passer la main en 2000.

Antisioniste[3], Sion Assidon s’active dans le mouvement de solidarité avec la Palestine. Marié à une Américano-Palestinienne, ils ont eu un fils : Millal. En décembre 2011, il manifeste contre la chanteuse marocaine Hindi Zahra avec le groupe casablancais du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) parce que cette dernière a décidé d'aller tenir un concert à Tel-Aviv[4]. En avril 2012, c'est contre la venue de la tenniswoman israélienne Shahar Peer qu'il manifeste et déclare : « Nous ne devons pas recevoir d’artistes ou de sportifs de ce pays comme si de rien n’était. Il est anormal de faire comme si tout allait bien. Voilà des gens qui font subir un apartheid au peuple palestinien. Nous ne devons pas les recevoir mais aussi marquer une solidarité avec le peuple palestinien »[5].

RéférencesModifier

Voir aussiModifier