Simplicissimus (revue)

journal

Simplicissimus est un hebdomadaire satirique allemand créé à Munich par Albert Langen et Thomas Theodor Heine en avril 1896 et ayant paru jusqu'en 1944.

Simplicissimus
Image illustrative de l’article Simplicissimus (revue)
Couverture du premier numéro : illustration d'Angelo Jank.

Pays .
Périodicité hebdomadaire
Genre Presse satirique
Date de fondation 4 avril 1896
Date du dernier numéro 13 septembre 1944 (1re série)
Ville d’édition Munich

Développement

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Inspiré de l’hebdomadaire illustré français Gil Blas, ce périodique emprunte son nom au héros du roman picaresque Les Aventures de Simplicius Simplicissimus (1669) de Grimmelshausen, qui relate les aventures tragi-comiques d’un naïf pendant la guerre de Trente Ans.

Au départ, les caricatures ciblaient de préférence les symboles d'autorité et les injustices, à savoir les figures militaires prussiennes, la colonisation, l'Église et les inégalités sociales.

En 1898, le Kaiser, Guillaume II, n'apprécia pas du tout sa caricature dans la revue et fit censurer celle-ci : Thomas Theodor Heine fut condamné à six mois de prison et Albert Langen, l'éditeur, passa quatre ans et demi exilé en Suisse et dut payer une amende de 20 000 goldmarks.

En 1900, Albert Langen, par ailleurs un important éditeur d'ouvrages d'art, est à Paris pour l'exposition universelle : il rencontre l'éditeur d'origine hongroise Samuel-Sigismond Schwarz, qui fonde L'Assiette au beurre, l'année suivante.

En 1906, Rudolf Wilke, Olaf Gulbransson, Ludwig Thoma et Eduard Thöny, persuadent Langen de transformer Simplicissimus en une société par actions, qui permet de donner au personnel plus de contrôle sur la direction du journal.

Simplicissimus publie très tôt les travaux d'écrivains tels que Thomas Mann et Rainer Maria Rilke.

Pendant la Première Guerre mondiale, la revue se conforme au nationalisme ambiant. La République de Weimar marque un nouvel essor et un renouveau artistique. À l'arrivée des nazis au pouvoir, Thomas Theodor Heine dut s'exiler en Suède et, après quelques mois d'interdiction, la revue fut contrainte de relayer la politique du Troisième Reich, comme sa consœur Jugend[1].

Écrivains contributeurs célèbres

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Illustrateurs contributeurs

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Exemples de caricatures

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Bibliographie

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  • (de) Helga Abret et Aldo Keel, Die Majestätsbeleidigungsaffäre des „Simplicissimus“-Verlegers Albert Langen,
  • (de) Helga Abret et Aldo Keel, Das Kopierbuch Korfiz Holms (1899-1903): Ein Beitrag zur Geschichte des Albert Langen Verlags und des «Simplicissimus», Peter Lang, (ISBN 978-3261037091)
  • Helga Abret, Albert Langen (1869-1909), éditeur et médiateur : contribution à l'histoire de la vie littéraire et des échanges intellectuels en Allemagne autour de 1900. Thèse de doctorat, Paris, La Sorbonne, (lire en ligne)
  • Ludwig Hollweck (de): Karikaturen. Von den Fliegenden Blättern bis zum Simplicissimus. Munich 1973.
  • Christian Lenz (de) (dir.): 100 Jahre Simplicissimus. Zeichnungen aus einer süddeutschen Privatsammlung. Katalog zur gleichnamigen Ausstellung im Olaf Gulbransson Museum, Tegernsee vom 24. März bis 19. Mai 1996.
  • Detlev Mares (de): Böses Lachen. Feind- und Selbstbilder in der politischen Bildsatire des Simplicissimus. Dabs: Nicolai Hannig u. a. (dir.): Krise! Wie 1923 die Welt erschütterte, wbg, Darmstadt 2022, p. 220–239.

Notes et références

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  1. Jean-Claude Gardes, « Fragilité et force du pouvoir : l'Allemagne (1919 - 1939) », Matériaux pour l'histoire de notre temps, vol. 28, no 1,‎ , p. 26–30 (ISSN 0769-3206, DOI 10.3406/mat.1992.405749, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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