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Simon de Joinville
Sceau et contre sceau Simon de Joinville.png
Titre de noblesse
Sire de Joinville
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
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Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Maison de Joinville (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Helvide de Dampierre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoints
Ermengarde de Montclair (d)
Béatrice d'AuxonneVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Blason Joinville 52.svg
blason

Simon de Joinville, mort en 1233, était un seigneur de Joinville, un croisé et un sénéchal de Champagne.

Sommaire

BiographieModifier

Quatrième fils de Geoffroy IV, Simon, seigneur de Sailly, devient seigneur de Joinville à la mort de son frère Geoffroy V en Terre sainte. Ceci est attesté dès juin 1204 par des actes et aumônes qu’il fonde pour l’anniversaire de celui-ci.

Durant les premières années de son avènement, Simon s’occupa surtout de l’administration de son fief, et de donations aux couvents du voisinage. Il semblait avoir moins de penchant pour la guerre que ses aïeux, alors que beaucoup d’occasions se présentaient.

L’année même de son premier mariage, il prit la croix contre les Albigeois. Entre juin 1209 et mars 1210, on le signale dans la région de Montségur.

Son titre de sénéchal de Champagne apparaît pour la première fois en mai 1206. Huit années passeront avant qu’il ne le prit de nouveau. L’hérédité du titre pour les Joinville n’était pas encore admise. Il fallut de nombreuses batailles et circonstances pour qu’il devienne héréditaire pour Simon et ses successeurs, à la suite de longues luttes sournoises et brutales entre Blanche de Navarre, comtesse de Champagne, et les comtes de Brienne, le duc de Lorraine (dont Simon était l’allié), l’archevêque de Trêves, Renard de Choiseul, pour ne citer que les plus importants protagonistes.

Les combats furent durs malgré les trèves : le duc de Lorraine et Simon accordèrent un armistice à Blanche de Navarre en 1218. La comtesse de Champagne fait alors alliance avec Frédéric II, et battit par la suite le duc de Lorraine et Simon de Joinville. Simon dut d’ailleurs se faire aider par les hommes de l’abbaye de Saint-Urbain pour défendre son château de Joinville lors d’une bataille.

Dans le traité qui suivit, Simon déclara ne s’être révolté que parce que les Champagne refusaient injustement de reconnaître son droit héréditaire à la sénéchaussée. De l’autre côté, les Champagne, par crainte des Joinville et de leurs alliés, seigneurs puissants, reconnaîtront aux Joinville le titre de sénéchal, à titre héréditaire, avec promesse de fidélité.

Quelques compensations en remises de fiefs vinrent sceller le traité : celui de La Fauche, de Geoffroy de Cirey, et d’Arnoul de Reynel, par exemple. L’acte reconnaissant cette sénéchaussée à titre héréditaire ne sera signé que le 28 juillet 1226.

Entre-temps, Simon, lui aussi, vieille tradition familiale oblige, est excommunié une première fois, et doublement : par le pape, Honorius III et l’évêque de Châlons Guillaume du Perche, pour son attitude dans le conflit contre les comtes de Champagne, comme tous les partisans du comte de Brienne d’ailleurs. La sentence épiscopale fut révoquée en juillet 1218, avec obligation de restituer ce qui avait été pillé à Thonnance et Suzannecourt : vins, blés, fourrages et objets mobiliers. L’anathème pontifical ne fut levé qu’en décembre de la même année.

Simon s’étant croisé, dès juillet 1218, il avait pris soin de laisser à sa femme l’usufruit de tous ses biens, sauf le château de Joinville, que les hommes mêmes de Joinville devaient garder jusqu’aux quinze ans de son fils Geoffroy.

On sait peu de choses sur lui en Terre sainte, sinon qu’il est devant Damiette vers avril 1219. Après le siège de cette ville, en novembre de la même année, son séjour en Égypte ne se prolongea pas : il était de retour à Joinville dès septembre 1220.

En qualité de sénéchal, il arbitra un conflit entre la comtesse Blanche de Champagne et le comte Hughes de Rethel en 1221.

Mariage avec Béatrice d'AuxonneModifier

Devenu veuf vers 1221, il se remaria en 1224 au plus tard avec Beatrix de Bourgogne ou d'Auxone, fille d'Étienne II d'Auxonne et dame de Marnay. Il est mentionné — fratri meo — dans le testament de la comtesse consort de Savoie, Agnès de Faucigny[1],[2]. Selon une tradition, Beatrix de Bourgogne aurait épousé le sénéchal de Joinville après un mariage avec Aymon de Faucigny, toutefois l'historien de La Corbière réfute la thèse sur le fait qu'il n'existe aucun acte n'attestant ce lien[3].

Enfants : Leur fils aîné Jean sera le chroniqueur de Saint Louis. Les chroniqueurs signalent qu’enfants du premier et second lit s’accordèrent fort bien, et qu’ils durent beaucoup de leur fortune aux relations que le mariage d’une de leur sœur utérine avait contracté avec la Maison de Savoie. Le deuxième fils, Geoffroy de Vaucouleurs obtint les titres de maréchal et de baron Geneville en Angleterre. Le troisième fils, Simon II sire de Marnay, deviendra baron de Gex par son mariage avec Léonette de Gex. Ils eurent aussi Guillaume, Marie/Simonette (x Jean de Til-Châtel, d'où Guy III et la suite des sires de Til-Châtel) et Helvis/Simonette (x Jean de Faucogney vicomte de Vesoul, d'où Aymon IV et la suite des sires de Faucogney vicomtes de Vesoul). De son premier lit avec Ermengarde de Walcourt de Montclair (fille de Jean, fils d'Arnould de Montclair, fils cadet de Werry II de Walcourt ; Montclair est lié à l'avouerie des Walcourt sur le prieuré de Merzig de l'abbaye de Mettlach), Simon de Joinville avait eu Geoffroy (seigneur de Montclair, † avant son père vers 1230-1233) ; Isabelle (x Simon IV de Clefmont-en-Bassigny) ; et Béatrice (x Guermond vidame de Châlons) ; Montclair eut alors pour co-seigneurs leurs descendants les Clefmont-Bassigny et les vidames de Châlons jusque vers 1264 († de Guy de Clefmont), puis les Clefmont partagèrent Montclair avec le comte de Luxembourg (les vidames de Châlons ayant perdu/cédé leur part en sa faveur vers 1265) puis le duc de Lorraine, jusqu'à leur extinction en 1427 ; leur lointain cousin Arnould VI de Sierck et de Berg récupéra alors Montclair.

Simon éprouve alors des difficultés financières et n’hésite pas à emprunter aux moines de Clairvaux 400 livres, et 500 livres à l’évêque de Châlons, le comte de Champagne signant sur l’acte pour caution. Ces sommes sont considérables pour l’époque.

Le jeune comte Thibaut IV, qui avait naguère contesté l’investiture de Simon en qualité de sénéchal de Champagne héréditaire concédée par sa mère Blanche de Navarre, vint plus tard discuter sa caution. De nombreuses tractations « de pouvoir » eurent lieu entre vassaux et suzerains de la région : Guillaume de Joinville, évêque de Langres, frère de Simon, avait dû lui-même s’engager à restituer les emprunts de son frère. En 1226, le comte de Champagne est critiqué par le roi Louis VIII en personne sur sa conduite au siège d’Avignon.

Début 1227, Simon rejoint les barons qui se révoltent contre Blanche de Castille. Un peu plus tard, suivant l’exemple de ses suzerains Champagne et Bar, il se rapproche d’elle, participe à une trêve et se soumet. Dès mars de la même année, il est de retour à Joinville.

De nouveau les barons se soulevèrent et les hostilités recommencèrent fin 1229. Simon, allié aux Lorraine et aux Champagne, contre les Bar et les Boulogne, sauva Troyes en 1230 avec ses hommes d’armes, à la suite d’une longue marche de nuit et d’une attaque des envahisseurs au petit matin.

À la même époque, Simon faisait constater par lettres patentes de Thibaut IV les conventions d’un mariage entre l’aîné des fils de son second mariage, Jean (le futur Jean-Sire, chroniqueur de Saint Louis) avec Alix de Grandpré.

C’est le dernier acte d’importance de Simon, qui, le reste de sa vie, se consacra au gouvernement de ses domaines. Il fonda deux villes neuves, Mathons en 1208 et Burey-la-Côte en 1222. Il fut très libéral envers les établissements religieux, notamment avec la collégiale Saint-Laurent, enclose dans les murs de son château de Joinville. Cette observation doit être nuancée car vis-à-vis des abbayes de Saint-Urbain et de Montier-en-Der, la tradition familiale se perpétuait. Contestations à tout propos, prétentions injustes, contributions levées indûment sur les terres abbatiales, violences commises par les officiers seigneuriaux, tels sont les motifs qui aboutirent, encore, à une sentence d’excommunication prononcée par l’évêque de Toul allié à Henri II de Bar, pendant la guerre de 1229 - 1230.

Sous Jean de Joinville, pourtant connu pour ses hauts sentiments religieux, le roi Louis IX dut intervenir à propos de semblables litiges : le bailli de Chaumont força finalement le pieux sire à se défaire de ses avoueries au profit du roi, suzerain dominant.

Au mois de mars 1233, le comte de Champagne Thibaut IV, renouvela la charte par laquelle il déclarait la sénéchaussée de Champagne héréditaire pour les Joinville. Toute sa vie, Simon s’était battu pour cette consécration définitive. Il mourut deux mois après, sa veuve Béatrice prenait alors le titre de « Senescalissa Campanie », Jean-Sire n’avait que neuf ans. Il allait être éduqué à la cour de Champagne.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • Jehan de Joinville recherches menées par Yves RENAUD avec, entre autres, la version originale du Livre des saintes paroles et des bons faiz de nostre saint roy Looÿs rédigée dans une langue intermédiaire entre le français de l'Île-de-France et le lorrain de la Pléiade

BibliographieModifier

  • Jules Simonnet, Essai sur l'histoire de la généalogie des sires de Joinville (1008-1386) accompagné de chartes, Société historique et archéologique de Langres, F. Dangien, 1875.
  • Henri-François Delaborde, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville suivi d'un catalogue de leurs actes , Paris, 1894.
  • Jackie Lusse, Les seigneurs de Joinville : Etienne, premier seigneur et constructeur du château, Les Cahiers Haut-marnais, tome 179, 1989, p1-23.
  • Jean-Noël Mathieu, Nouvelles recherches concernant le lignage de Joinville, Les Cahiers Haut-marnais, tome 190, 1992, p1-25.
  • Theodore Evergates: The Aristocracy in the County of Champagne. 1100–1300. University of Pennsylvania Press, Philadelphia PA 2007, (ISBN 0-8122-4019-7).

RéférencesModifier

  1. State Archives, volume 104, page 22, fascicules 15, and Wurstenberger (1858), Vol. IV, 764, p. 443..
  2. Acte de janvier 1257 publié dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/884).
  3. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe - XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, , 646 p., p. 58.