Simon Lavo

explorateur français

Simon Lavo, parfois orthographié Simon Lavaux[1], né le à Germignonville (Orléanais) et disparu en 1788 à Vanikoro[2],[3],[4], est un médecin français. Il est membre de l'expédition de Lapérouse (1785-1788) et disparaît avec elle.

Simon Lavo
Biographie
Naissance
Décès
Activités

BiographieModifier

 
Le drame de Tutuila auquel échappe de justesse Simon Lavo.

Fils de Jacques Lavo (mort en 1782), laboureur et marchand, et de Marie-Catherine Gidouin (v. 1726-1799), Simon Lavo a trois frères et une sœur :

  • Jacques (1752-1806), cultivateur à Ymonville, dont un fils : Étienne (né en 1794) et postérité ;
  • Jean-François (né en 1758), cultivateur à Germignonville. Il laisse également une descendance ;
  • Michel Dominique (né en 1760), compagnon serrurier, on perd sa trace à partir de 1780[5].
  • Marie Catherine (1750-1809), épouse de Pierre Bellenoue, cultivateur et bourrelier à Germignonville.

Il est formé à partir de ses quatorze ans à l'art de la chirurgie par Jacques Puech, chirurgien à Chartres[6].

Simon Lavo devient chirurgien major de la marine, attaché au port de Brest. Il est affecté à l'expédition de Lapérouse, le , en qualité de chirurgien ordinaire de la Marine, et meurt vraisemblablement avec le reste de l'équipage lors du naufrage de La Boussole et l’Astrolabe à Vanikoro en 1788.

Il est nommé Lavaux sur le rôle des équipages de l'Astrolabe.

Il avait participé à la campagne des Indes aux côtés de Suffren (1781 à 1784), et son rôle dans l'expédition n'est pas mince. De Langle, second de l'expédition, le complimente de la sorte : « Je n'ai pas perdu un homme et n'ai même pas eu un malade ». Hommage de Lapérouse également à ses qualités : « Un précieux talent, une sagacité particulière pour s'exprimer et comprendre les langues étrangères »[7]. Il compose en effet un lexique qui permet à Lapérouse d'établir le contact avec les habitants des îles Kouriles.

Simon Lavo réchappe de justesse au drame de Tutuila, le , en se sauvant à la nage. Blessé à la tête, il doit être cependant trépané. Diminuée, l'expédition continue et accoste en Australie à Botany Bay en . Lapérouse envoie alors son dernier courrier « Dix-huit des vingt blessés que nous avions en partant de Maouna, sont entièrement rétablis ; et M. Lavaux (sic), chirurgien major de l'Astrolabe, qui avait été trépané, ne laisse aucune crainte sur son état ».

Le , la Boussole et l’Astrolabe lèvent l’ancre pour se fracasser quelques semaines plus tard sur les récifs de Vanikoro. On perd ensuite sa trace, comme tous les membres de l'expédition. Il est cependant possible qu'il ait fait partie du groupe de survivants issus de l’Astrolabe qui ont construit un ou plusieurs petits navires sur l'île pour tenter de se sauver vers l’Australie ou les îles de la région[8]. Dans l’archipel de l’Amirauté vit une famille qui se nomme Lavaux et qui se dit, depuis le XIXème siècle, descendante du chirurgien de l’Astrolabe. Cependant, aucune expertise génétique n'a été tentée à ce jour pour vérifier cette hypothétique filiation[8].

RéférencesModifier

  1. Il est nommé Lavaux sur le rôle d'équipage de L’Astrolabe.
  2. Il existe un doute sur son sort exact, mais il est vraisemblablement mort lors du naufrage de L’Astrolabe.
  3. Selon un récit édité à New York en 1844, Simon Lavo aurait abordé les îles Vitu, au nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il aurait fait souche. L'auteur, Jefferson Jacobs, affirme y avoir rencontré en 1834 sa fille et son fils. Simon Lavo est surnommé Lavoo ou encore le « guerrier rouge ». Aucune preuve ne permet cependant d'étayer cette affirmation.
  4. L'information sur le livre de Jacobs a été donnée à la SAEL par Jean Guillou, membre de l’association Salomon et grand spécialiste des recherches sur le « mystère Lapérouse ».
  5. Jugement sur requête du Tribunal de Première instance de Chartres en date du 14 mai 1802. Archives départementales d'Eure-et-Loir, cote 3 U 1 83: "Qu'en 1780, Michel Dominique Lavo est parti du pays en qualité de compagnon serrurier pour faire son tour de France, sans qu'on ait reçu aucune de ses nouvelles"
  6. Brevet d'apprentissage du 2 avril 1769, reçu par Maître Leroy-Clévilliers, notaire à Chartres, archives départementales d'Eure-et-Loir, cote 2 E 4 329.
  7. Lapérouse, Le voyage de Lapérouse annoté par J.B.B. de Lesseps : De Brest à Botany Bay, Escourbias, Pôles d'images, coll. « fac similé de 1831 », , 208 p. (ISBN 2-915561-05-2, lire en ligne), p. 134.
  8. a et b Vincent Groizeleau : La France lance une ultime expédition pour percer le mystère Lapérouse, article de 19 mars 2008, sur le site Mer et Marine.

BibliographieModifier

  • Plongée magazine, no 16, « Vanikoro », sous-titré « Dernières nouvelles de La Pérouse », par Pierre Larue, p. 52
  • Le Mystère Lapérouse, ou le Rêve inachevé d'un roi, par l'association Salomon, éditions de Conti,
  • Pierre Bérard, Le voyage de La Pérouse : Itinéraire et aspects singuliers, Albi, Un Autre Reg’Art, , 175 p. (ISBN 978-2-916534-60-2, lire en ligne)
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0)
  • Étienne Taillemite, Marins français à la découverte du monde : De Jacques Cartier à Dumont d'Urville, Paris, éditions Fayard, , 725 p.

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