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Simon Canuel

homme politique français

BiographieModifier

La RévolutionModifier

Il entre en service le 3 janvier 1787, comme soldat au régiment de Limousin, et il gagne tous ses grades militaires dans les guerres de la Vendée. Ainsi, de simple officier au 71e régiment d'infanterie qu'il est, il devient tour à tour, grâce à la protection de Rossignol et de Kléber, adjudant-général, adjoint, adjudant-général, général de brigade et général de division. Il se distingue à Doué et à Savenay. Verger-Dubareau et lui commandent une division, renforcée par les grenadiers de Louis Blosse, placée sur le flanc gauche de la bataille de Savenay. Il se fait remarquer alors par une grande exaltation révolutionnaire.

En avril 1796, général en chef, Simon Canuel dirige la pacification d'un mouvement contre-révolutionnaire, en Sancerrois, mené par Phélippeaux. Lors de la reprise de la ville de Sancerre, il commande la colonne de droite, venant de Bourges par Azy. Sa colonne est composée d'un détachement de la Garde Nationale de Sancerre, de la gendarmerie du département du Cher et d'un corps de troupes de ligne[3].

 
Gravure du général républicain Simon Canuel.

Le Directoire l'envoie ensuite à Lyon déclaré en état de siège. Fin 1797, Canuel, commandant le département du Rhône dans la 19e division militaire, est démis de ses fonctions pour connivences avec les royalistes et renvoyé aux armées, puis à employer dans une division active[4]. Il en est de même pour son adjudant Perrin, certainement l'adjudant-général Charles Perrein ou Perrin, auparavant à l'armée de Rhin-et-Moselle, accusé de détournements à Rheinfelden (Allemagne) en l'an IV, mis au traitement de réforme puis employé dans la 19e division militaire[5].

L'EmpireModifier

Napoléon Ier ne juge pas à propos d'employer Canuel dans les armées actives, mais il le fait quand même chevalier de la Légion d'honneur le 16 octobre 1803. En 1804, il prend le commandement de la 2e division militaire à Mézières, et en 1806, celui de la 25e division militaire à Liége, puis il est rayé du cadre des officiers généraux quelque temps après.

Aussi se montre-t-il des plus empressés à saluer le retour des Bourbons. Il se déclare en 1814 chaud partisan des Bourbons, et le roi Louis XVIII le fait chevalier de Saint-Louis.

On le voit pendant les Cent-Jours se réfugier parmi les Vendéens insurgés, se placer en 1815 dans les rangs des hommes qu'il a jadis combattus et devenir chef d'état-major du marquis de La Rochejaquelein.

La RestaurationModifier

Louis XVIII confère à Canuel de présider le 20 mars 1816 le conseil de guerre chargé de condamner le général Travot. Son zèle monarchique l'entraîne jusqu'à dénoncer, comme attentatoires à la majesté royale, les mémoires dans lesquels les avocats de l'accusé se bornent à invoquer pour leur client le bénéfice de l'amnistie.

À cette même époque, Lyon revoit Canuel comme gouverneur de la 19e division militaire. Sa conduite dans cette ville est déplorable. Il déploie contre ses anciens camarades un zèle exagéré. Le mouvement insurrectionnel qui éclate alors à Lyon et à Saint-Étienne est excité et dirigé par des agents provocateurs. Canuel livre impitoyablement à la cour prévôtale ceux qui ont eu l'imprudence d'y prendre part, et plusieurs sont condamnés à mort et exécutés.

Le colonel Charles Nicolas Fabvier aide de camp du maréchal Marmont, duc de Raguse, chargé par le gouvernement de faire la lumière sur le complot réel ou supposé, et M. Charrier de Sainneville, lieutenant de police de Lyon dénoncent à l'opinion publique la conduite tenue par "Canuel" dans ces circonstances. Le général leur intente un procès et le gagne devant les tribunaux, mais l'opinion publique laisse justement à Canuel la responsabilité de ce système de provocation, et son nom reste condamné à la plus fâcheuse célébrité.

Fin de carrièreModifier

À peu de temps de là, Canuel est même arrêté, compromis dans l'affaire de la conspiration du bord de l'eau, mais, après une ordonnance de non-lieu, il est remis en activité de service et compris dans le nombre des inspecteurs généraux de l'année. Il est fait officier de la Légion d'honneur le 10 juillet 1822

En 1823, il a le commandement d'une division du 3e corps d'armée en Espagne, et le 4 octobre 1823, il est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur. Le 4 novembre 1823, il est appelé au commandement de la 21e division militaire à Bourges et nommé grand-officier de la Légion d'honneur le 23 mai 1825. La Révolution de 1830 le trouve dans cette position. Sa radiation définitive du cadre des officiers ne se fait pas attendre.

Il est mort le 11 mai 1840.

PublicationsModifier

  • Mémoires sur la guerre de Vendée, 1815
  • Réponse au colonel Favier sur les événements de Lyon, 1818.

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte de baptême de Simon Canuel sur le site des Archives de la Vienne, commune des Trois-Moutiers, paroisse de Saint-Hilaire, le 29 octobre 1767.
  2. Acte de décès de Simon Canuel sur le site des Archives de la Vienne, commune de Loudun, le 11 mai 1840.
  3. France Militaire, p. 161
  4. Inventaire pv Directoire, tome III, vendémiaire-nivôse an VI
  5. ibidem, 25 prairial et 13 fructidor an V, Guerre

Liens externesModifier