Simon-Napoléon Parent

premier ministre du Québec de 1900 à 1905

Simon-Napoléon Parent, né le à Beauport et mort le à Montréal, est un avocat et homme politique québécois.

Simon-Napoléon Parent
Illustration.
Simon-Napoléon Parent, vers 1900.
Fonctions
Premier ministre du Québec

(4 ans, 5 mois et 18 jours)
Lieutenant-gouverneur Louis-Amable Jetté
Législature 9e, 10e, 11e
Prédécesseur Félix-Gabriel Marchand
Successeur Lomer Gouin
Maire de Québec

(11 ans, 9 mois et 10 jours)
Prédécesseur Jules-Joseph-Taschereau Frémont
Successeur Georges Tanguay
Député à l'Assemblée législative du Québec

(15 ans, 2 mois et 19 jours)
Élection 17 juin 1890
Réélection 8 mars 1892
11 mai 1897
7 décembre 1900
25 novembre 1904
Circonscription Saint-Sauveur
Législature 7e, 8e, 9e, 10e, 11e
Groupe politique Libéral
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Charles-Eugène Côté
Chef du Parti libéral du Québec

(4 ans, 5 mois et 20 jours)
Prédécesseur Félix-Gabriel Marchand
Successeur Lomer Gouin
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Beauport, province du Canada
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Montréal, Canada
Nationalité canadienne
Parti politique Parti libéral du Québec
Enfants Georges Parent
Charles Eugène Parent
Diplômé de École normale Laval
Université Laval
Profession Avocat
Religion Chrétien catholique

Signature de Simon-Napoléon Parent

Simon-Napoléon Parent
Premiers ministres du Québec

Député libéral de la circonscription de Saint-Sauveur à l'Assemblée législative de la province de Québec de 1890 à 1905, il est le premier ministre du Québec du au .

Biographie

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Fils de Simon-Polycarpe Parent, cultivateur et commerçant, et de Luce Bélanger, il naît à Beauport le [1]. Il reçoit l'instruction élémentaire dans ce village, puis déménage en 1870 à Québec où il étudie à l'École normale Laval. Il interrompt ses études pour devenir teneur de livres. Il se marie le avec Clara Gendron, avec qui il aura 13 enfants, dont Georges Parent et Charles Eugène Parent. En 1878, il s'inscrit en droit à l'Université Laval[2]. Il obtient son diplôme le et est admis au barreau le [3].

Pratique du droit

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Il ouvre ensuite un cabinet sur la rue Saint-Vallier, dans Saint-Sauveur. De nature timide, il s'adjoint de brillants orateurs pour plaider les causes qu'il prépare : Joseph-Évariste Prince (1882–1883), John Constantine O’Donnell (1884–1891), Charles de Guise (1895) puis Charles Fitzpatrick, Louis-Alexandre Taschereau, Lawrence Arthur Dumoulin Cannon (en) et Ferdinand Roy (1898–1905).

Carrière politique

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De 1890 à 1905, il mène de front une carrière politique au niveau municipal et provincial[1].

Politique municipale

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Échevin du quartier Saint-Vallier au conseil municipal de Québec de 1890 à 1894, maire suppléant en 1892, Simon-Napoléon Parent devient maire du au . Il est préoccupé par le développement régional, notamment par le projet de construction du pont de Québec lancé en [1],[2].

Politique provinciale

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Simon-Napoléon Parent en 1901.

Lors des élections provinciales de 1890, il est élu en tant que premier député de Saint-Sauveur à l'Assemblée législative du Québec sous la bannière libérale. Il est réélu à quatre reprises : 1892, 1897, 1900 et 1904. Au sein du gouvernement Marchand, il est commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries du au [1]. Lorsque Félix-Gabriel Marchand décède en plein mandat, le , le premier ministre du Canada Wilfrid Laurier encourage Parent à devenir chef du Parti libéral du Québec[3].

Premier ministre du Québec

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Le , il devient premier ministre du Québec. Il garde pour lui les Terres, Forêts et Pêcheries et confie à ses rivaux d'importants portefeuilles. Même si son parti n'a jamais possédé autant de sièges à l'Assemblée législative, son leadership à la tête de l'état sera fragile. L'absence d'opposition parlementaire amenuise la partisanerie au profit des dissensions entre les députés des différentes régions. Le , trois de ses ministres (Lomer Gouin, Adélard Turgeon et William Alexander Weir) démissionnent. Il effectue un remaniement ministériel, mais 44 députés demandent sa démission le . Il accepte de démissionner, à condition d'être blanchi par un comité parlementaire, ce qui est accordé. Le , il démissionne de son poste de premier ministre mais reste député avant d'abandonner son siège le [1].

Simon-Napoléon Parent est un travailleur acharné, et partage son temps entre son cabinet d'avocat, son poste de maire et sa fonction de premier ministre[3]. Il entend gérer les affaires de l'État comme on gère une entreprise[3]. En 1902, reprenant une idée chère à Honoré Mercier, il convoque une deuxième conférence interprovinciale[4] portant sur la question des subventions fédérales accordées aux provinces. Le gouvernement Parent mise sur l'industrialisation des centres urbains plutôt que sur la colonisation du territoire québécois, mais soustrait les terres cultivées à la spéculation en 1904. Fidèle aux principes libéraux, il adopte une série de mesures destinées à stimuler l'économie basée sur les richesses naturelles[2].

Après la politique

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Le , il devient président du Chemin de fer transcontinental au Canada. Lors de l'effondrement de 1907 du pont de Québec, Parent est toujours président la compagnie responsable de sa construction. La responsabilité incombe toutefois aux ingénieurs, selon une commission d'enquête. Il démissionne le , avec l'élection d'un gouvernement conservateur à Ottawa. Il occupe ensuite le poste de président de la Commission du régime des eaux courantes de Québec de 1911 à 1920[1].

À partir de 1915, il souffre de troubles cardiaques. Il meurt à l'Hôtel-Dieu de Montréal le et est inhumé à Québec, au cimetière Saint-Charles, le .

 
Simon-Napoléon Parent, vers 1900.

Distinctions

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Honneurs

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Le 523, rue Saint-Vallier, résidence qu'il habite dans le quartier Saint-Sauveur dans les années 1890-1900, est classé patrimonial par la ville de Québec.

Résultats électoraux

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Résultats électoraux de Simon-Napoléon Parent

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Élection générale québécoise de 1890 dans Saint-Sauveur [7]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent Libéral 833 62,2 % 327
     Luc Routhier Conservateur 506 37,8 % -
Total 1 339 100 %  
Élection générale québécoise de 1892 dans Saint-Sauveur [8]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent (sortant) Libéral (sans opposition)
Total
-
-  
Élection générale québécoise de 1897 dans Saint-Sauveur [9]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent (sortant) Libéral 1 773 82 % 1 385
     Delphis-J. Marsan Ouvrier 388 18 % -
Total 2 161 100 %  
Élection partielle québécoise de 1897 dans Saint-Sauveur [10]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent (sortant) Libéral (sans opposition)
Total
-
-  
Élection générale québécoise de 1900 dans Saint-Sauveur [11]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent (sortant) Libéral (sans opposition)
Total
-
-  
Élection générale québécoise de 1904 dans Saint-Sauveur [12]
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Simon-Napoléon Parent (sortant) Libéral (sans opposition)
Total
-
-  

Résultats électoraux du Parti libéral du Québec sous Parent

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élections précédentes • Résultats des élections générales de 1900 [13]élections suivantes
Partis Chef Candidats Sièges Voix
1897 Élus Nb % +/-
     Libéral Simon-Napoléon Parent 74 51 67 54 957 53,1 % -0,13 %
     Conservateur Edmund James Flynn 33 23 7 43 277 41,9 % -1,97 %
     Libéral indépendant 4
-
-
2 906 2,8 % +1,53 %
     Conservateur indépendant 2
-
-
1 438 1,4 % +0,41 %
     Indépendant 1
-
-
824 0,8 % +0,34 %
Total 114 74 74 103 402 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 67,8 % et 1 020 bulletins ont été rejetés.
Il y avait 350 517 personnes inscrites sur la liste électorale pour l'élection,
toutefois seules 153 998 personnes avaient plus d'un candidat dans leur district.
élections précédentes • Résultats des élections générales de 1904 [14]élections suivantes
Partis Chef Candidats Sièges Voix
1900 Élus Nb % +/-
     Libéral Simon-Napoléon Parent 74 67 67 62 889 55,4 % +2,28 %
     Conservateur Edmund James Flynn 21 7 7 30 331 26,7 % -15,12 %
     Libéral indépendant 18
-
-
14 236 12,5 % +9,74 %
     Ouvrier 3
-
-
4 796 4,2 % -
     Ligue nationaliste[15] 1
-
-
1 201 1,1 % -
Total 117 74 74 113 453 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 53,5 % et 1 018 bulletins ont été rejetés.
Il y avait 382 143 personnes inscrites sur la liste électorale pour l'élection,
toutefois seules 213 958 personnes avaient plus d'un candidat dans leur district.

Notes et références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Archives

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