Siegfried Rädel

homme politique allemand

Siegfried Rädel (né le à Copitz, mort le à Brandebourg) est un homme politique communiste, résistant allemand au nazisme.

BiographieModifier

Le menuisier rejoint le SPD en 1912. À 20 ans, il devient soldat. Avec son bataillon de pionniers, il connaît quatre années de guerre sur la ligne de front et est blessé deux fois. Siegfried Rädel rejoint l'USPD après la guerre et est membre des conseils d'ouvriers et de soldats à Pirna pendant la révolution. En 1919, ses collègues l'élisent président du comité d'entreprise des soieries artificielles de Pirna. Il devient ensuite membre du KPD puis ne rejoint pas la scission du KPAD.

Il est conseiller municipal de Pirna en 1921 et secrétaire de la section locale du KPD. Dans la même année, il est membre du Comité central du KPD et, de 1924 à 1933, membre du Reichstag.

Siegfried Rädel devient connu pour ses efforts visant à soulager la détresse des victimes des inondations de la Gottleuba en 1927 et de la Müglitz entre 1927 et 1932 et pour son engagement à la construction d'un système de barrage. Les travaux auront lieu après la Seconde Guerre mondiale.

Les efforts de Rädel pour regrouper les initiatives sociales, les forces et les organisations conduisent en 1927 à la création du Syndicat des organisations Socio-politiques à l'échelle impériale. Rädel fait partie des délégués allemands du Congrès de la paix mondial en août 1928 à Amsterdam.

Après la prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933, Rädel se rend le 7 février 1933 à la réunion illégale du Comité central du Parti communiste à la maison du sport de Ziegenhals à Berlin et doit s'exiler à la fin du mois de décembre 1933. Il va à Prague, en France, en Union soviétique et à Zurich. Une affaire de parti contre lui pour « activité factionnelle » est initiée puis se termine avec une simple réprimande.

La police suisse arrête Rädel fin 1936 avec sa compagne Maria Weiterer, avec qui il vit et travaille depuis 1927. En France, où il est expulsé, le secrétariat du Comité central du KPD, alors basé à Paris, lui confie la direction de l'organisation des émigrés communistes. Siegfried Rädel participe en France à des tentatives pour former un front populaire antifasciste, le cercle Lutetia. Heinrich Mann, Lion Feuchtwanger, Rudolf Leonhard, Leonhard Frank et Paul Merker se rencontrent au sein de ce cercle d'émigrés allemands. Lors de la « Conférence de Berne » du KPD à Draveil, il est élu au Comité Central de 17 membres.

Rädel est arrêté à Paris le et d'abord détenu à la prison de la Santé avant d'être interné au camp du Vernet. Au printemps 1941, il obtient la nationalité soviétique, ce qui doit lui permettre de partir pour l'Union soviétique. En novembre 1941, Rädel est transféré avec Franz Dahlem dans la prison de Castres. En août 1942, le régime de Vichy livre Rädel à la Gestapo. À partir du mois d'octobre, dans la prison de Moabit, il est condamné pour haute trahison à la peine de mort par la Volksgerichtshof le 25 février 1943 et décapité le 10 mai 1943 dans la prison de Brandebourg.

CommémorationModifier

Au moment de la RDA, les usines de soie artificielle de Pirna portent le nom de Siegfried Rädel ; elles disparaissent dans les années 1990. Une rue de la ville garde le nom. L'Ullersdorfer Platz à Dresde-Buhlau est renommée de 1945 à 1991 Siegfried-Rädel-Platz. Bad Gottleuba a un monument. Le nom de Siegfried Rädel est présent dans le mémorial aux membres du Reichstag assassinés, posé en 1992 près du parlement.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier