Un siccatif est une substance qui joue un rôle de catalyseur en accélérant le « séchage », ou, plus exactement, la prise, ou le durcissement, (siccativation) d'un matériau tel une huile ou une peinture à base d'huile (pour le bâtiment ou les artistes).

Usage ancien dans les peinturesModifier

Au XIXe siècle, siccatif est la propriété et le nom collectif des substances que l'on mêle aux couleurs détrempées à l'huile pour les faire plus promptement « sécher » ou durcir[1]. Ces siccatifs, contenant des métaux lourds comme le plomb et donc souvent toxiques, sont la litharge (oxyde de plomb(II), PbO), le sulfate de zinc (anciennement couperose blanche ou vitriol blanc) et l'huile grasse. L'huile grasse ou siccative est une huile qui a été dégraissée, puis clarifiée, propre à détremper les couleurs que l'on désire faire « sécher » rapidement (en fait polymériser ou durcir) ; on en fait aussi usage comme vernis sur les peintures à l'huile faites extérieurement, et comme véhicule pour les résines. On dégraisse l'huile et on la rend siccative par plusieurs procédés ; la céruse (carbonate basique de plomb) calcinée, la litharge et la terre d'ombre (ocre, avec une teneur élevée en dioxyde de manganèse en plus de l'oxyde de fer), ou bien la céruse, la litharge, l'acétate de plomb (le sel de Saturne) et le sulfate de zinc sont les matières qui lui donnent cette propriété[2].

Les huiles d'œillet, de lin sont naturellement siccatives. L'huile de noix, que l'on tire du fruit du noyer, est plus limpide que celle de lin, mais moins siccative : on en fait peu d'usage[2].

Problèmes de toxicitéModifier

Les siccatifs déshydratants peuvent être toxiques par ingestion.

Les siccatifs pour peinture à base d'huile de lin ont souvent contenu des taux élevés de plomb, les rendant toxiques ou contaminant.

Le plomb, sous forme de céruse, minium ou autre pigment, ou de siccatif, est désormais interdit dans de nombreux pays, en raison de sa toxicité (voir saturnisme) et des conséquences écotoxicologiques induites à long terme.

Les siccatifs rendent le recyclage des vieux bois peints, vernis ou huilés délicat. Leurs poussières de ponçage et leurs résidus de sciage sont toxiques, et leur combustion doit se faire dans des installations spéciales munies de filtres appropriés pour intercepter les cendres volantes toxiques.

L'huile de lin, par exemple, peut être appliquée sur le bois sans siccatif, mais son « séchage », ou plus exactement son durcissement par oxydation au contact de l'oxygène de l'air, sera plus long et doit se faire à l'abri de la poussière.

Notes et référencesModifier

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Siccatif » (sens IA1) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a et b J.M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment. Vocabulaire des arts et métiers en ce qui concerne les constructions (Peinture dorure), Carilian, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier