Sica

poignard antique
Sica
Image illustrative de l'article Sica
Sica datant du Ier siècle av. J.-C. provenant de la tombe d'un guerrier Dace à Cugir, Musée celto-romain de Manching.
Présentation
Pays d'origine Thrace
Type Sabre
Époque Antiquité romaine
Utilisateur(s) Guerriers thraces, celtes et illyriens, gladiateurs
Poids et dimensions
Longueur de la lame 25 à 35 cm
Caractéristiques techniques
Matériaux Métal

La sica est une arme blanche s'apparentant à un sabre recourbé, dont l'origine et l'usage sont généralement liés aux peuples Thraces durant l'Antiquité romaine.

Elle devient l'arme qui équipe les gladiateurs appelés « thraces » mais aussi, dans l'évolution du vocabulaire latin, le poignard qui caractérise les comploteurs politiques, les assassins et autres tueurs à gages.

DescriptionModifier

Dans l'Antiquité romaine, le terme sica désigne généralement une arme recourbée s'apparentant à un sabre ou une longue dague[1] dont le tranchant, à la manière d'une faucille, est sur la face interne de la lame et dont la pointe est acérée[2].

ThracesModifier

Son origine et son usage sont généralement liés aux peuples Thraces[1] — plus particulièrement les Daces — où elle équipe les cavaliers à partir de la fin de la période hellénistique[3]. Valère Maxime rapporte[4] par exemple que c'est d'un coup mortel de sica porté par un mercenaire Thrace qu'est frappé le consul Publius Licinius Crassus Dives Mucianus en 130 av. J-C.'"`UNIQ--nowiki-00000013-QINU`"'2'"`UNIQ--nowiki-00000014-QINU`"' dans le conflit qui oppose Rome et la succession attalide[3].

Dans ces régions, leur taille moyenne varie de 25 à 35 cm, pouvant toutefois être plus petites ou plus grandes et, bien qu'elles connaissent une relative unité morphologiques à partir de la fin du IIIe siècle av. J.-C., tant la forme du manche que la courbure et l'épaisseur de la lame peuvent varier[5]. Il semble que dans ces régions, son usage ait disparu après la conquête romaine de [6], évènement au cours duquel le roi dace Décébale, vaincu par Trajan, se suicide avec une sica[6].

Au tournant du IIIe siècle, Clément d'Alexandrie[7] attribue toujours aux Thraces l'invention d'une grande dague incurvée, mais il la nomme harpē[2].

RomainsModifier

 
Statuette en bronze d'un gladiateur thrace, Gaule romaine, IIe – IIIe siècle, Musée de la BnF.

Au fil de l'usage, le terme tend à s'appliquer plus généralement à toute arme à lame incurvée et peut désigner le kopis également en usage chez les Thraces[3], certaines armes incurvées celtes et illyriennes[6], mais surtout l'épée caractéristique des gladiateurs appelés « thraces »[3].

Le terme évolue également pour désigner plus généralement un (court) poignard dont, ainsi qu'en atteste Cicéron[8], s'arment les comploteurs politiques[9], donnant notamment son nom au sicarius, archétype du tueur à gages, ainsi qu'à un courant d'activistes juifs opposés aux Romains, les Sicaires[10].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Esposito 2021, p. 114.
  2. a b et c Rustoiu 2007, p. 67.
  3. a b c et d Webber 2011, p. PP101.
  4. Factorum ac dictorum memorabilium libri IX, III. 2. 12
  5. Rustoiu 2007, p. 68.
  6. a b et c Rustoiu 2007, p. 70.
  7. Stromates, I, 16
  8. Catilinaires, II, 10
  9. Pierre Sauzeau et Thierry van Compernolle, Les armes dans l'Antiquité : De la technique à l'imaginaire (Actes du colloque international du SEMA, Montpellier, 20 et 22 mars 2003), CERCAM, Université Paul-Valérie, Montpellier III, (ISBN 978-2-84269-799-0), p. 401
  10. « Sicaire », dans Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, vol. III, Robert, , p. 3498

BibliographieModifier

  • (en) Gabriele Esposito, Armies of the Thracians and Dacians, 500 BC to AD 150 : History, Organization and Equipment, Pen and Sword Military, (ISBN 978-1-5267-7277-0), p. 114.
  • (en) Chris Webber, The Gods of Battle : The Thracians at War, 1500 BC - 150 AD, Casemate Publishers, (ISBN 978-1-84884-942-6, lire en ligne).
  • Aurel Rustoiu, « Thracian sica and Dacian falx : The history of a "national" weapon », dans Sorin Nemeti, Florin Fodorean et Eduard Nemeth (éds.), Dacia Felix : Studia Michaeli Bărbulescu oblata, Cluj-Napoca, , p. 67–82

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

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