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Les shoebox houses (boîtes à chaussures) sont de petites maisons typiques, dispersées dans différents quartiers de Montréal. La plupart d’entre elles ont été construites au début du XXe siècle. Elles logeaient les familles d’ouvriers et témoignent de l’essor industriel de la ville.

Même si ce n’est pas de la grande architecture, ces maisons comportent un intérêt patrimonial, souligne David B. Hanna, professeur associé en urbanisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elles représentent l’affranchissement de la classe ouvrière à la fin du XIXe siècle, qui était désormais libre d’acheter un petit lopin de terre[1].

Ces habitations furent les pionnières des arrondissements qui, à l’époque, n’étaient que des banlieues. C’est pour cela qu'on les retrouve dispersées un peu partout sur le territoire de Montréal. Vers les années 1890, les trains de banlieue et le tramway créent un rayonnement de la ville, car avant cela les développements se faisaient rue par rue. Certains ouvriers décident alors de construire, parfois eux-mêmes, leur maison, souvent loin de leur lieu de travail[1].

Cette maison unifamiliale de petit gabarit a un seul étage est aussi associée aux maisons de type boom town (ville champignon). Son toit est plat et la composition de sa façade présente peu d’ornementation. Sa période de construction est principalement concentrée dans la deuxième moitié de la période dite de création des infrastructures municipales (1875-1945). La popularité de la maison tient à ce gain d'espace, combiné à un faible coût de construction. Il n’y a aucune unité de paysage où ce type de maison est un type architectural principal[2] .

La maison "shoebox" est construite en bois, fabriquée en gros madriers de bois, pièce sur pièce (à la façon rurale) et enveloppée de briques (à la façon urbaine) pour protéger contre le feu. Elles peuvent parfois disposer d'un minuscule jardin à l'avant et d'une petite cour à l'arrière.

Si l'on ne connait pas le nombre exact de maisons de ce type dans Montréal, certains arrondissements comme Rosemont- La Petite patrie en recensent plus de 560.

Sommaire

Caractéristiques architecturalesModifier

ImplantationModifier

La maison est généralement implantée de façon contiguë, avec une marge de recul avant qui varie entre 1,5 à 4 mètres. Lorsque l’on retrouve une série de maisons unifamiliales d’un étage, les façades forment des alignements réguliers. La cour avant est habituellement peu aménagée[3].

VolumétrieModifier

Ce type architectural possède un volume rectangulaire simple d’un étage avec toit plat. Le rez-de-chaussée est surélevé par rapport au niveau du sol de deux à quatre contremarches. On retrouve fréquemment un porche d’entrée couvert ou même une galerie en façade[3].

Matériaux de revêtementModifier

Le socle du bâtiment est constitué par le béton apparent de la fondation. La brique, le déclin de bois et les revêtements légers contemporains sont les principaux matériaux de revêtement utilisés sur le corps de la façade[3].

Traitement des façadesModifier

Le socle est peu exprimé, si ce n’est que par la fondation apparente. La composition du corps de la façade est simple. Il s’agit d’une symétrie ou l’on retrouve la porte au centre et une fenêtre de chaque côté. Le porche couvert est de dimension variable. Lorsqu’il ne recouvre pas les fenêtres, on remarque fréquemment la présence d’un auvent. Le couronnement est simple et composé d’un solin métallique. Les couronnements plus complexes sont formés d’une corniche en métal ou d’un parapet à fronton[3].

OuverturesModifier

Les fenêtres sont à battants ou composées d’une partie fixe et d’une partie coulissante. La proportion des fenêtres est de une unité de largeur pour ½ de hauteur. On retrouve également des proportions presque carrées.

Les portes sont simples et sans imposte. Il est fréquent que l’encadrement des ouvertures ne soit pas exprimé. Lorsqu’il l’est, on retrouve un linteau droit en pierre ou composé de briques en soldat[3].

PréservationModifier

Au cours des dernières années, plusieurs maisons de type shoebox ont été démolies. certains matériaux de construction ont mal vieilli et de nombreuses mises au normes sont trop onéreuses et dissuadent parfois les propriétaires de les rénover ou de les conserver.[4] On les remplace la plupart du temps par des immeubles, un investissement rentable pour les promoteurs immobiliers. Cette situation qui inquiète Héritage Montréal. «Héritage Montréal souhaite que la Ville mette en place un régime intérimaire de protection afin de permettre aux experts d’effectuer l’inventaire des propriétés de type "shoebox" sur l’ensemble du territoire et de réfléchir à des modalités de protection de ces maisons emblématiques d’une période importante de l’histoire de Montréal[5] » Plusieurs associations et organismes publics ont entamé des démarches en vue de sauvegarder ces maisonnettes, autant comme témoignage du passé architectural que de l'empreinte du développement économique et social de la ville[6].

RéférencesModifier

Liens externesModifier