Sheshonq II

pharaon égyptien

Sheshonq II
Image illustrative de l’article Sheshonq II
Masque funéraire de Sheshonq II, trouvé à Tanis
Naissance 934 avant notre ère
Décès vers -887
Période Troisième Période intermédiaire
Dynastie XXIIe dynastie - Dynastie parallèle des grands prêtres d'Amon
Fonction Grand prêtre d'Amon, puis corégent avec son père, Osorkon Ier
Prédécesseur comme pharaon, Osorkon Ier ;
comme grand prêtre d'Amon, Ioupout
Dates de fonction comme grand prêtre d'Amon, -924 à -890 ;
comme pharaon corégent, -890
Successeur comme pharaon, Takélot Ier ;
comme grand prêtre d'Amon, Iouwelot
Famille
Grand-père paternel Sheshonq Ier
Grand-mère paternelle Karoma Ire
Grand-père maternel Psousennès II
Père Osorkon Ier
Mère Maâtkarê
Conjoint Nesytanebetisherou
Enfant(s) Harsiesi Ier
Fratrie Iouwelot
Takélot Ier
Nesbanebdjed III
Sépulture
Nom tombe NRT III, antichambre
Type tombeau
Emplacement nécropole royale de Tanis
Date de découverte
Découvreur Pierre Montet
Objets sarcophage hiéracocéphale en argent massif ;
sarcophage interne, constitué d'un cartonnage hiéracocéphale doré ;
masque en or massif ;
momie à l'état de squelette ;
amulettes, bijoux prophylactiques, et parure royale ;
quatre vases canopes, contenant quatre petits sarcophages de canopes en argent massif ;
ouchebti(s)

Sheshonq II est un pharaon obscur de la XXIIe dynastie égyptienne antique. Manéthon l’appelle Chechanq II. Il ne règne qu'en tant que corégent de son père à Tanis[1].

GénéalogieModifier

L'identité de Sheshonq reste discutée par les historiens et égyptologues. Son existence n'était attestée que par de rares mentions, jusqu'à la découverte de sa sépulture à Tanis. Auparavant, il n'apparaissait pas comme un personnage important, son règne étant inclus dans les trois règnes intercalaires mal connus que Manéthon place entre ceux d'Osorkon Ier et de Takélot Ier, peut-être sous le nom de Thoutkhéperrê Sheshonq attesté à Bubastis et Abydos.

Étant le seul à être véritablement attesté, et dont on a donc retrouvé le sarcophage intact (voir plus bas), il est communément identifié comme fils d’Osorkon Ier et de la reine Maâtkarê fille de Psousennès II, et comme époux de Nesytanebetisherou dont il a un enfant, le futur Harsiesi Ier, roi de Thèbes de -870 à -860. De fait, il est identifié avec Sheshonq grand prêtre d'Amon, qui occupa cette haute fonction du royaume sous le règne d'Osorkon Ier.

Cependant, les bijoux retrouvés dans sa tombe peuvent indiquer qu'il ait vécu avant Osorkon Ier, ou bien qu'il ait été l'un de ses frères. En effet, certaines des pièces de joaillerie que portait sa momie sont au nom du fondateur de la XXIIe dynastie, à savoir le pharaon Sheshonq, premier du nom[2]. En général, lorsque le nom d'un pharaon est trouvé dans la tombe d'un autre souverain, il est admis qu'il y a un lien de filiation direct, soit que le sujet soit le père du second, soit son fils. Des bracelets et pectoraux retrouvés au nom du fondateur de la dynastie sont des parures royales de haute qualité, sorties des meilleurs ateliers d'orfèvrerie du pays, dont certaines ont été portées du vivant même de leur propriétaire, démontrant que ces objets ont été confectionnés dans un laps de temps assez proche du vivant même de Sheshonq II.

De plus, parmi ces bijoux, deux autres portent des noms de personnages importants de la XXIe dynastie. Il s'agit de deux bracelets prenant la forme d'une tige de papyrus à deux ombelles qui enserrent un scarabée. L'un des deux scarabées est inscrit au nom de Djedkhonsouefânkh, un grand prêtre d'Amon, tandis que l'autre est inscrit au nom de Menkhéperrê, autre grand prêtre d'Amon, frère et successeur du précédent[3]. Tous deux, fils de Pinedjem Ier, ont régné sur Karnak bien avant la période des fondateurs de la XXIIe dynastie. Ils sont contemporains des règnes de Psousennès Ier, lui aussi fils de Pinedjem Ier, et de ses successeurs de la XXIe dynastie.

Enfin, dernier fait troublant, aucun objet provenant de la sépulture de Sheshonq II ne contient le nom de son père officiel, Osorkon Ier, ce qui surprend, s'ils étaient tous les deux liés par des liens du sang et, surtout, par une corégence.

Tous ces indices convergent vers une identification différente de Sheshonq II, qui pourrait donc avoir vécu plutôt au début de la XXIIe dynastie, à une période contemporaine du fondateur de la dynastie Sheshonq Ier. Il peut s'agir tout aussi bien de reliques, que d'un héritage lié à la fonction même de Sheshonq[4], mais ils laissent en tout cas planer le doute sur son identité réelle, et sur sa place dans l'arbre généalogique de la dynastie.

RègneModifier

Selon l'identification classique de Sheshonq II, il est nommé grand prêtre d'Amon de Thèbes, de -924 à -890, puis est choisi par son père comme corégent afin de lui succéder, à partir de -890.

Dès lors, sa résidence est à Tanis. Il épouse Nesytanebetisherou, et ils ont un enfant, Harsiesi Ier, qui réclamera plus tard sa part d'héritage, et de fait sera roi de Thèbes (-870 à -860), régnant en parallèle avec son cousin Osorkon II[5].

Sheshonq II meurt avant son père, et ne régna probablement pas de manière autonome. Il est enterré dans la nécropole royale de Tanis. Son père disparaît à son tour quelques mois plus tard[6].

SépultureModifier

 
Pectoral au nom de Sheshonq II, découvert sur la momie du roi

Sheshonq II a été retrouvé le par Pierre Montet. Il avait été inhumé dans l'antichambre du tombeau de Psousennès Ier, dans la nécropole royale de Tanis. Il est probable qu'il y ait été "déménagé", depuis une autre tombe qui aurait subi un premier pillage.

En effet, le sarcophage en argent massif du roi présentait, au moment de sa découverte, des stigmates laissant supposer, soit que les voleurs avaient entrepris de le piller, soit en tous cas qu'au cours du déménagement de la dépouille royale un incident les provoqua.

De fait, le mobilier qui accompagnait Sheshonq n'était pas très abondant ni très riche. De nombreux ouchebti, et quatre vases canopes en albâtre, contenant quatre petits sarcophages en argent ayant eux-mêmes renfermé les viscères momifiés du roi[7], représentent tout ce qui reste d'un viatique funéraire certainement plus riche, au moment de l'enterrement.

Son sarcophage, en revanche, est un chef-d'œuvre de l'orfèvrerie de la XXIIe dynastie[8]. Fait d'une plaque d'argent massif modelée en sarcophage anthropomorphe, il présentait un aspect hiéracocéphale, assimilant le roi à Horus, ou plus précisément à Sokaris[9], une des formes du dieu des morts. Ce sarcophage contenait un autre sarcophage hiéracocéphale, constitué d'un cartonnage lamé de feuilles d'or, créant un motif de plumes et laissant de larges bandes d'inscriptions hiéroglyphiques donnant le protocole du roi[10].

La momie, que cette dernière enveloppe protégeait, était couverte d'amulettes précieuses et d'autres bijoux dont certains au nom de Sheshonq Ier, aïeul de Sheshonq II. Sa tête était protégée par un masque funéraire, constitué du visage en or massif du roi[11], encadré d'une lourde perruque, faite d'une résille et de perles tubulaires d'or, qui s'était désagrégée avec le temps.

Ce masque est également une pièce maîtresse des ateliers royaux de la période. On notera cependant que ni les sarcophages, ni le masque funéraire recouvrant la momie du roi, ne portaient les insignes classiques de la royauté[12], tels que le némès ou l'uræus, alors que les mains figurées, ou plutôt rapportées, sur les sarcophages, tenaient effectivement les sceptres heka et nekhakha, sceptres réservés normalement à une personne royale.

L'étude de son corps a montré qu'il est décédé vers l'âge de cinquante ans[6], d'une septicémie due à une blessure à la tête.

TitulatureModifier

Notes et référencesModifier

  1. Cf. N. Grimal, Les Libyens, p. 418.
  2. Cf. C. Ziegler, catalogue 80, p. 242-243, & catalogue 97 p. 264-265.
  3. Cf. H. W. Müller, La tombe de Chéchonq II, p. 226.
  4. Notamment les bracelets, aux noms des grands prêtres d'Amon de la XXIe dynastie.
  5. C'est à dater de cette époque que les conditions de la future anarchie libyenne prennent leur source, marquant la deuxième partie de la XXIIe dynastie, et ouvrant sur la XXIIIe dynastie.
  6. a et b N. Grimal, Les Libyens, p. 418.
  7. Cf. J. Yoyotte, catalogue 67, p. 216.
  8. Cf. H. Stierlin, p. 196.
  9. Cf. H. Stierlin, p. 186 et 190.
  10. Cf. H. W. Müller, p. 221, et H. Stierlin, p. 196.
  11. Cf. H. Stierlin, p. 197.
  12. Cf. H. W. Müller, p. 222.

BibliographieModifier