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Le Shôbôgenzô est un monument littéraire qui constitue l'un des sommets de la pensée japonaise (voire universelle)[1]. Il s'agit de l’œuvre majeure, et inachevée, de Maître Dôgen (1200 - 1253), le fondateur du Zen Sôto au Japon, rédigée de 1231 jusqu'à sa mort. Le Shôbôgenzô est une collection de textes qui, tous, frappent par leur originalité et leur caratère poétique, mais qui sont aussi souvent déroutant, textes dans lesquels Dôgen commente de nombreux kôans chinois de la tradition bouddhique. Cette œuvre riche et polysémique, dont le sens ne peut être circonscrit dans la tradition herméneutique occidentale, sollicite l'engagement du lecteur bien au-delà d'une approche purement académique et universitaire[2].

La deuxième version de ce recueil, présentée ici, rassemble 92 textes (fascicules)[n 1].

Présentation générale de l’œuvreModifier

TitreModifier

Shôbôgenzô (正法眼蔵, Japonais: Shôbôgenzô, Chinois: Zhenfa-yuancang), est le titre générique que Dôgen a lui-même donné à son recueil, et qui peut être traduit par (La) vraie Loi, Trésor de l'Œil (Yoko Orimo, qui fait une analyse sémantique de ce mot[3]) ou Le Trésor de l'Œil de la Vraie Loi (Bernard Faure) ou encore ou Le Trésor de l’œil de la loi authentique (Pierre Nakimovitch).

Le trésor de la vision juste, le cœur merveilleux du nirvâna, la vraie forme sans forme, l'accès subtil à la grande loi, sans recours aux paroles et au-delà de toute doctrine, je les confie à toi, Mahâkâsyapa[4].
Paroles du Bouddha au mont des Vautours
.

Ce titre fait référence à un épisode probablement inauthentique de la vie du Bouddha, sur le « mont des Vautours », lorsque le Vénéré signifie qu'il transmet la Loi à Mahâkâsyapa, en débutant son adresse par ces quelques mots « J'ai le trésor de l’œil de la loi authentique... ». Dôgen fait souvent référence à cet épisode, et le choix de ce titre marque en fait la volonté d'un retour aux sources du bouddhisme, au-delà du sectarisme des écoles[5]. Dans ces conditions, ce titre Shôbôgenzô pourrait être considéré comme l'abrégé de la parole complète du Bouddha (voir encadré ci-contre), Dôgen se posant ainsi en héritier direct de Bouddha et Mahâkâsyapa pour le Japon[6]. Ch. Vacher propose alors de traduire Shôbôgenzô par Trésor de la vision juste, comme un résumé de la parole de la transmission par le Bouddha sur le mont des Vautours.

Nature et histoire de l’œuvreModifier

 
Représentation de Maître Dôgen

Le Shôbôgenzô est un recueil de 92 (ou 95 selon les compilations) textes du maître zen japonais Dôgen Zenji, composés entre 1231 et 1253 (année de la mort de Dogen). C'est une œuvre originale et difficile, un ensemble bigarré et poétique de textes écrits dans un style baroque, consacrés à l'exégèse, à l'interprétation et à la traduction des sûtras anciens et du corpus du zen chinois existant.

Dôgen se considère comme l'héritier d'une tradition bouddhique selon laquelle la nature est l'Éveil, et pour qui l'absolu s'actualise par la pratique. Les thèmes principaux en sont donc la nature, et l'Éveil. Il s'oppose en cela à d'autres traditions, naturalistes ou syncrétiques, dont sont issus certains de ses disciples, et c'est d'abord à eux qu'ils s'adresse, dans ces textes philosophiques et religieux, développant une argumentation parfois polémique[7].

Le Shôbôgenzô est une œuvre à la fois rhétorique, dialogique, et performative[8].

  • Œuvre rhétorique, elle vise à persuader mais aussi à séduire ses lecteurs en s'appuyant sur des kôans traditionnels que Dôgen commente et développe sous d'infinies variations constituant aussi des exercices de style.
  • Œuvre dialogique, elle s'adresse d'abord à ses disciples, et présuppose un interlocuteur silencieux, auquel Dôgen prête même parfois la parole.
  • Œuvre performative : selon Dôgen, « la parole ne vaut pas tant par sa capacité de représenter le réel que par son pouvoir de le produire ». La violence parfois de la polémique renvoie également au caractère agonistique de la tradition Zen : « une parole vive, une pensée en acte, une parole qui est acte[9] ».

« Discours direct qui appelle et interpelle, ébranle les habitudes de pensée, les faciles évidences du sens commun, discours par à-coup, par fragments qui font choc et obligent à s'interroger. Des réponses se fixeraient, figeraient en système[9] » : la lecture du Shôbôgenzô ne permet donc pas d'acquérir un savoir formel sur le bouddhisme. Dôgen propose un retour aux sources du bouddhisme et rejette toute notion d'École Zen[10]. « Sa pensée, pour s'exprimer, défie le principe même d'une cohérence systématique, linéaire, dialectique ou circulaire, telle qu'elle s'est développée en Occident[11] ».

Ne considérez pas que ce que vous avez obtenu devienne toujours le savoir et la vision qui sont les vôtres et que ce soit connu par vos facultés intellectuelles. Bien que l'Éveil attesté se réalise aussitôt comme présence, ce qu'il y a en secret ne se réalise pas toujours comme vision. Pourquoi la réalisation comme vision est-elle toujours nécessaire[12] ?
Genjo-kôan - Traduction Yoko Orimo

Les premiers commentaires furent ceux de ses disciples directs, mais il faut attendre le XVIIIe siècle puis l'après-seconde guerre mondiale pour d'autres commentaires importants au Japon. En Occident, ce n'est que dans les années 1970 que l'intérêt des chercheurs s'est manifesté, d'abord dans les pays anglo-saxons[13].

Dôgen se livre à des pensées hautement spéculatives sur des thèmes qui rappellent inévitablement ceux de la philosophie occidentale et « on a l'impression que, de tous les religieux japonais, Dôgen a seul la capacité de faire immédiatement résonner la fibre philosophique des chercheurs japonais et occidentaux, à plus ou moins bon escient[14] ». Un comparatisme trop superficiel a parfois pu rapprocher ainsi Dôgen de certaines traditions philosophiques et religieuses occidentales (Augustin, Boehme, Eckhart, Berkeley, Schelling, Kierkegaard, Nietzsche, Whitehead, Sartre, Merleau-Ponty, Heidegger...)[15].

EnseignementModifier

À l'époque de l'écriture du Shôbôgenzô, beaucoup croyaient que le bouddhisme était entré dans une décadence progressive, par la perte successive de ses trois piliers : d'abord l'éveil, puis la pratique, enfin l'enseignement. Mais pour Dôgen, ces trois piliers sont « toujours déjà là »[16]. Il insiste sur l'importance de conjuguer l'étude des textes, comme le fait le Tendaï mais pour un enseignement plus épuré, conforme à l'esprit du Zen[11], avec la pratique qui implique la méditation yogique et les rites[17].

C'est seulement lorsqu'on parvient à percevoir l'énigme du Soi et à percer le mystère de sa propre existence, si peu que ce soit, que le sens d'un mot, d'une proposition ou d'un passage du Shôbôgenzô se réalise comme présence, ici et maintenant, pour chacun de nous[18]
—Yoko Orimo - Introduction au Shôbôgenzô

Pour Dôgen, qui rejoint par là le Chan classique, la vérité n'a pas d'essence, elle n'existe que par ses effets, notamment à travers la parole, c'est le « kôan en acte » (Genjo kôan). Il prêche un retour à l'enseignement originel du Bouddha, à la manière de Nagarjuna[19].

Voir juste, c'est simplement cesser de voir faussement, sans dualité, et l’œil n'est alors plus vision mais lumière « Le secret, c'est qu'il n'y en a pas (...) La vision juste ne pense pas »[20]. Nagarjuna, que Dôgen cite souvent, présente le principe de deux vérités, l'une mondaine (conventionnel, événementielle) et l'autre ultime (où tout est indifférencié, « apaisement béni »). Selon Dôgen, ces deux vérités sont les deux faces d'une même vérité, et ce caractère dyadique constitue le fondement théorique qu'il faut prendre en compte pour comprendre le Shôbôgenzô, fond et forme confondus, dans son style et sa vibration rythmique[21].

Le sens du texte est de l'ordre de la production, par les métaphores, et se réalise comme présence par une rencontre avec le texte, circonstancielle. Expliquer, voire définir le sens des mots, serait alors aller à l'encontre de la pensée de Dôgen[18]. La réalité de ce qui est écrit dépend de l'acte d'écrire : un lien dynamique unit l'écrit, l'acte d'écrire et leurs implications sotériologique et ontologique[22].

Aspects littérairesModifier

Dôgen est un auteur de grande culture, mais le Shôbôgenzô résiste à une approche exclusivement académique, en raison en particulier de ses caractéristiques littéraires et linguistiques[2].

Le Shôbôgenzô est une œuvre de structure composite, compilation de textes dans une organisation contrapuntique, dans laquelle Dôgen triture le sens des mots et des textes de différentes traditions bouddhiques qu'il commente, dans une logique où l'écriture a le pouvoir non seulement de former ce qui est dit, mais également de transformer ce qui est. Dôgen utilise un bilinguisme japonais-chinois ancien dont les caractéristiques grammaticales (omissions fréquentes du sujet ou du complément jugés évidents, temps imprécis, absence de marque du pluriel...) laissent le lecteur formuler plusieurs hypothèses, produisent un texte sans signification théorique figée valable partout et en tous temps[23], et permettent un sens évolutif et vivant selon les relations circonstancielles de chaque moment : « l'un des messages principaux du Shôbôgenzô consiste à dire qu'il n'y a pas de vérité ni de vision hors du sujet percevant[2] ».

En général,lorsqu'une proposition est énoncée sans qu'elle soit comprise ni saisie, on discourt du rêve au milieu du rêve. (...) Il y a le discourir du rêve au milieu du rêve qui manifeste son corps, il y a le discourir du rêve au milieu du rêve qui rassemble les rêves à discourir et la Loi à discourir. Il y a le discourir du rêve au milieu du rêve, tantôt qu'on laisse agir librement, tantôt qu'on reprend en main. Montrer directement du doigt (le cœur de l'homme) est le discourir du rêve, frapper juste le but est le discourir du rêve. Qu'on le laisse agir librement ou qu'on le reprenne en main, il faut étudier la balance toujours en équilibre[24]
Trituration d'une fleur et clignement de l'Œil.

Le langage du Zen en général, et la stylistique du Shôbôgenzô en particulier, se caractérisent à la fois par l’extrême concrétude au niveau de la forme, et par l’extrême abstraction au niveau du fond. La subtilité linguistique du sino-japonais employé par Dôgen est en permanence liée à la dimension spéculative de son discours[25]. Cette œuvre demande donc au lecteur comme au traducteur d'y faire un long séjour pour y développer une profonde intimité jusqu'à ce qu'elle devienne un vécu[26] : tout se passe comme si cette activité d'écriture triturant, inversant, subvertissant le sens[27], participait d'une pratique du Zen, comme la méditation assise : « C'est grâce à la réflexion de ces deux langues et de ces deux civilisations, à la fois si proches et si différentes, qu'on parvient à voir et à entendre ce qu'on n'a jamais vu ni entendu jusqu'à présent. Alors, ce qu'on parvient à voir et entendre maintenant, pour la première fois, n'existait-il pas avant, et commence-t-il à exister seulement maintenant ?[28] »

Le Shôbôgenzô n'est rien d'autre qu'une œuvre de traduction et de commentaires, donc d'interprétation, de kôans de l'école zen chinoise (chan) : « interpréter le kôan en le triturant et en jouant avec lui, puis le transformer en allant jusqu'à la naissance d'un nouveau sens, sens fondamentalement relationnel, pluriel et non figé, n'est autre que relire notre vie comme une parabole, non pas suivant un principe abstrait, mais à travers des études pratiques effectuées sur un terrain scripturaire et philologique sans limite[29] ».

Le Shôbôgenzô, par sa richesse et son ambiguïté, voire l'indécidabilité du sens[30], dispose ainsi d'un surplus de sens qui lui permet d'échapper aux limitations historiques et a pu susciter une prolifération discursive, voire philosophique dans des contextes radicalement différents de son milieu originel.

Les fasciculesModifier

Les éditions modernes du Shôbôgenzô contiennent quatre-vingt-quinze fascicules (éditions Kôzen et Honzan), souvent divisés en trois séries. Cependant des versions précédentes ont comporté un nombre différent de chapitres: soixante-quinze (édition Kyūsô), soixante (édition Sôgo), ou vingt-huit fascicules (édition Himitsu). Dogen lui-même a considéré que seuls douze de ces fascicules étaient complets. Certains chapitres ont été écrits par Dogen lui-même, alors que d'autres sont probablement dus à la plume de ses disciples. L'ordre des fascicules donné est celui des versions modernes; il a varié selon les éditions et les époques.

Pour chaque fascicule, sont indiqués l'année de rédaction, et un renvoi vers les traductions mentionnées en bibliographie.

Les soixante-quinze chapitres des anciens manuscrits (kyūsô)Modifier

  1. Genjô kôan (現成公案), "La Réalisation du kôan comme présence", 1233 (Orimo - Faure - Deshimaru - Okumura).
  2. Maka hannya haramitsu (摩訶般若波羅蜜), "La vertu de grande sagesse", 1233 (Orimo - Deshimaru).
  3. Busshô (佛性), "La nature de bouddha", 1241 (Orimo - Vacher - Nakimovitch).
  4. Shinjin gakudô (身心學道.), "L'étude de la voie par le corps et par l'esprit", 1242 (Orimo - Deshimaru - Coursin).
  5. Sokushin zebutsu (即心是仏), "L'esprit même est le bouddha", 1239 (Orimo - Faure).
  6. Gyôbutsu igi (行佛威儀), "Les attitudes majestueuses des bouddhas dans leur pratique", 1241 (Orimo).
  7. Ikka myôju (顆明珠), "Une perle brillante", 1238 (Orimo - Deshimaru).
  8. Shin fukatoku (心不可得), "L'esprit est insaisissable", 1241 (Orimo).
  9. Kobusshin (古佛心), "L'esprit des anciens bouddhas", 1243 (Orimo).
  10. Daigo (大悟), "Le grand éveil", 1242 (Orimo).
  11. Zazengi (坐禪儀), "Les règles de la méditation assise", 1243 (Orimo).
  12. Zazenshin (坐禪箴), "Précis de méditation assise", 124, (Orimo).
  13. Kaiin zammai (海印三昧), "Le samâdhi du sceau de l'océan", 1242 (Orimo).
  14. Kûge (空華), "Les fleurs du vide", 1243 (Orimo).
  15. Kômyô (光明), "L'éclat lumineux", 1242 (Orimo).
  16. Gyôji (行持), "La pratique assidue", 1242 et 1243 (Orimo).
  17. Inmo (恁麼), "Tel", 1242 (Orimo - Vacher).
  18. Kannon (觀音), "Avalokitesvara", 1242 (Orimo - Deshimaru).
  19. Kokyô (古鏡), "L'ancien miroir", 1241 (Orimo).
  20. Uji (有時), "L’être-temps", 1240 (Orimo - Vacher - Linhartova).
  21. Juki (授記), "La prédiction", 1242 (Orimo).
  22. Zenki (全機), "La totale activité", 1242 (Orimo - Vacher).
  23. Tsuki (都機), "La pleine activité", 1243 (Orimo).
  24. Gabyô 畫餅, "L'image d'un gâteau de riz", 1242 (Orimo - Linhartova).
  25. Keisei sanshoku 谿聲山色, "Le son de la vallée et la forme de la montagne", 1240, (Orimo - Faure).
  26. Bukkôjôji 佛向上事, "Dépasser le bouddha", 1242 (Orimo).
  27. Muchû setsumu 夢中説夢, "Expliquer un rêve dans un rêve", 1242, (Orimo).
  28. Raihai tokuzui 禮拜得髓, "Se prosterner et obtenir la moelle", 1240 (Orimo - Coursin).
  29. Sansuikyô 山水經, "Le sûtra des montagnes et des rivières", 1240, (Orimo - Faure).
  30. Kankin 看經, "La lecture des sûtra", 1241(Orimo).
  31. Shoaku makusa 諸悪莫作, "Ne commettre aucune mauvaise action", 1240, (Orimo).
  32. Den'e 傳衣, "La transmission de la robe", 1240 (Orimo).
  33. Dôtoku 道得, "Le savoir-dire", 1242 (Orimo).
  34. Bukkyô 佛教, "Les enseignements du Bouddha", 1241 (Orimo).
  35. Jinzû 神通, "Les pouvoirs merveilleux", 1241 (Orimo).
  36. Arakan 阿羅漢, "L'arhat", 1242 (Orimo).
  37. Shunjû 春秋, "Le printemps et l'automne", 1244 (Orimo).
  38. Kattô 葛藤, "Les emmêlements", 1243 (Orimo).
  39. Shisho 嗣書, "Le certificat de succession", 1241 (Orimo).
  40. Hakujushi 柏樹子, "Le cyprès", 1242 (Orimo).
  41. Sangai yuishin 三界唯心, "Les trois mondes ne sont qu'esprit", 1243 (Orimo).
  42. Sesshin sesshô 説心説性, "Expliquer l'esprit et expliquer la nature", 1243 (Orimo).
  43. Shohô jissô 諸法實相, "Le véritable aspect des dharma", 1243 (Orimo).
  44. Butsudô 佛道, "La voie du Bouddha", 1243 (Orimo).
  45. Mitsugo 密語, "La parole secrète", 1243 (Orimo - Rocher).
  46. Mujô seppô 無情説法, "La prédication de l'inanimé", 1243, (Orimo - Linhartova).
  47. Bukkyô 佛經, "Les écritures bouddhiques", 1243 (Orimo).
  48. Hosshô 法性, "La nature de dharma", 1243 (Orimo).
  49. Darani 陀羅尼, "Les dhârani", 1243 (Orimo).
  50. Semmen 洗面, "La toilette du visage", 1239 (Orimo).
  51. Menju 面授, "la transmission directe", 1243 (Orimo).
  52. Busso 佛祖, "Les bouddhas et les patriarches", 1241 (Orimo).
  53. Baika 梅華, "Les fleurs de pêcher", 1243 (Orimo - Linhartova).
  54. Senjô 洗淨, "La purification", 1239.
  55. Jippô 十方, "Les dix directions", 1243 (Orimo).
  56. Kembutsu 見佛, "Voir le Bouddha", 1243 (Orimo).
  57. Henzan 徧參, "Les consultations", 1243 (Orimo).
  58. Ganzei 眼睛, "La prunelle des yeux", 1243 (Orimo).
  59. Kajô 家常, "L'ordinaire de la maisonnée", 1243 (Orimo).
  60. Sanjûshichihon bodaibumpô 三十七品菩提分法, "Les trente-sept rubriques de l'éveil", 1244 (Orimo).
  61. Ryûgin 龍吟, "Le mugissement du dragon", 1243 (Orimo).
  62. Soshi seirai i 祖師西来意, "L'idée du maître-patriarche en venant de l'ouest", 1244 (Orimo).
  63. Hotsu mujôshin 發菩提心, "La production de l'esprit insurpassable", 1244, (Orimo).
  64. Udonge 優曇華, "La fleur d'udumbara", 1244, (Orimo).
  65. Nyorai zenshin 如來全身, "Le corps entier du tathâgata", 1244 (Orimo).
  66. Sammai ô zammai 三昧王三昧, "Le samâdhi roi des samâdhi", 1244 (Orimo).
  67. Tembôrin 轉法輪, "La mise en branle de la roue du dharma", 1244 (Orimo).
  68. Daishugyô 大修行, "La grande pratique", 1244.
  69. Jishô zammai 自證三昧, "Le samâdhi de la réalisation par soi-même", 1244 (Orimo).
  70. Kokû 虚空, "L'espace vide", 1245 (Orimo).
  71. Hatsuu 鉢盂, "Le bol", 1245 (Orimo).
  72. Ango 安居, "La retraite", 1245 (Orimo).
  73. Tashintsû 佗心通, "La pénétration de l'esprit d'autrui", 1245 (Orimo).
  74. Osaku sendaba 王索仙陀婆, "Le roi qui demandait saindhava", 1245 (Orimo).
  75. Shukke 出家, "Le renonçant", 1246 (Orimo).

Les douze chapitres des nouveaux manuscrits (shinsô)Modifier

  1. Shukke kudoku 出家功徳, "Les mérites du renoncement" (Orimo).
  2. Jukai 受戒, "La réception des préceptes" (Orimo).
  3. Kesa kudoku 袈裟功徳, "Les mérites du kasâya", 1240 (Orimo).
  4. Hotsu bodaishin 發心菩提, "La production de l'esprit d'éveil" (Orimo).
  5. Kuyô shobutsu 供養諸佛, "La vénération des bouddhas" (Orimo).
  6. Kie Buppôsôbô 歸依佛法僧寶, "Prendre refuge dans les trois trésors" (Orimo).
  7. Jinshin inga 深信因果, "La foi profonde dans la causalité" (Orimo).
  8. Sanjigô 三時業, "Les trois périodes du karma" (Orimo).
  9. Shime 四馬, "Les quatre chevaux" (Orimo).
  10. Shizen biku 四禪比丘, "Le moine dans le quatrième dhyâna" (Orimo).
  11. Ippyaku hachi hômyômon 一百八法明門, "Les cent huit portes de l'éveil" (Orimo).
  12. Hachi dainin gaku 八大人覺, "Les huit recommandations du grand homme" (Orimo - Deshimaru).

Cinq chapitres supplémentairesModifier

  1. Bendôwa 辨道話, "Propos sur la négociation de la voie", 1231 (Orimo - Faure - Deshimaru).
  2. Hokke ten hokke 法華轉法華, "La fleur de lotus tourne la fleur de lotus", 1241 (Orimo).
  3. Bodaisatta shishôbô 菩提薩埵四摂法, "Les quatre captations du bodhisattva", 1243 (Orimo).
  4. Shôji 生死, "Les naissances et les morts" (Orimo - Vacher).
  5. Yuibutsu yobutsu 唯佛與佛, "Seul un Bouddha avec un Bouddha" (Orimo - Vacher).

En ajoutant à ces 92 textes les trois chapitres ci-dessous, on obtient la version en 95 fascicules :

  1. Jûundôshiki 重雲堂式, "Règles pour la seconde salle des nuages", 1239.
  2. Jikuimmon 示庫院文, "Enseignements pour l’office", 1246.
  3. Dôshin 佛道, "L’esprit de la voie".

BibliographieModifier

TraductionsModifier

La traduction la plus complète en français est celle des éditions Sully, qui présente la traduction et les commentaires de Yoko Orimo sur 92 fascicules, en huit volumes précédés par un volume de présentation générale. Cette traduction intégrale en huit volumes ne suit pas l'ordre traditionnel des chapitres, mais les regroupe par thème. En anglais, la traduction de Nishijima/Cross Master Dogen's Shôbôgenzô est la seule traduction complète du Shôbôgenzô (95 fascicules). L'université Stanford a développé un projet ambitieux pour traduire les textes de Dogen ainsi que d'autres textes de l'école Soto. Plusieurs fascicules du Shobogenzo ont été traduits, et différents textes traduits sont disponibles[n 2].

basé sur les textes de l’école Soto, est un projet ambitieux pour traduire les textes de Dogen et d'autres textes de l’école Soto, plusieurs fascicules ont été traduits, et beaucoup d'autres traductions de différents textes sont disponibles.

Traduction intégraleModifier

Yoko Orimo précise ses choix de traduction ainsi : « C'est toujours la traduction littérale, qui reste au ras du texte et qui sauvegarde l'« image » du discours, et non la traduction littéraire ou la traduction de second niveau, qui révèle la densité et le véritable enjeu du texte. Par ce choix, nous espérons pouvoir donner toujours raison à l'auteur, à l'écart de toutes tournures interprétatives ou conjecturales permettant aux traducteurs d'esquiver ou de dissimuler la difficulté de la tâche[31]. ».

  • Maître Dôgen (trad. Yoko Orimo), Shôbôgenzô : La vraie Loi, Trésor de l'Œil, Sully
  1. Shôbôgenzô, t. 1, , 286 p. (ISBN 9782354320737)
    • Yoko Orimo, Introduction au Shôbôgenzô, p. 9-21
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Zazenshin - Keisei sanshoku - Muchû setsumu - Sansuikyô- Shoaku makusa- Mujô seppô- Hotsu mujôshin - Udonge - Yuibutsu yobutsu
    • Yoko Orimo, L'Eveil et la naissance du sens dans le Shobogenzo de Maître Dôgen, p. 211-238
  2. Shôbôgenzô, t. 2, , 349 p. (ISBN 9782911074882)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Kûge - Kômyô - Kattô - Mitsugo - Kan.non - Zenki - Tsuki - Dyoku - Baika - Ganzei - Ryûgin - Ôsaku sendaba
    • Yoko Orimo, Le "Jadis intime" maintenant présent, p. 239-297
  3. Shôbôgenzô, t. 3, , 443 p. (ISBN 9782354320034)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Genjô kôan - Busshô- Ikka myôju - Kai.in zanmai- Kokyô - Uji - Juki - Shunjû - Hakujushi- Jippô - Henzan - Kajô - Soshi seirai.i - Kokû - Shôji
    • Yoko Orimo, Méditations du temps et de l'espace, p. 355-410
  4. Shôbôgenzô, t. 4, , 441 p. (ISBN 9782354320331)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Gabyô - Kankin - Bukkyô - Shohô jissô - Butsudô - Hosshô - Kenbustu - Nyorai zenshin - Sanmai ô zanmai - Tenbôrin - Hokke ten hokke
    • Yoko Orimo, La "Vraie Loi" est le "Trésor de l’Œil", p. 281-380
    • Michel Hulin, La notion de Dharma dans l'Inde classique, p. 381-388
    • Genshû Imamura, Du maître zen Dôgen au maître zen Keizan - la fondation de l'école japonaise Sôtô, p. 389-400
  5. Shôbôgenzô, t. 5, , 431 p. (ISBN 9782354320485)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Maka hannya haramitsu - Sokushin zebutsu - Gyôbutsu igi - Shin fukatoku - Kubutsushin - Daigo - Inmo - Butsukôjôji - Raihai tokuzui - Jinzu - Arakan - Sangai yuishin - Sesshin sesshô - Daishugyô - Jishô zanmai - Tashintsû
    • Yoko Orimo, L'éternité qui se dit comme présence, p. 299-343
    • Michel Bitbol, La théorie quantique et la surface des choses, p. 344-362
    • Emmanuel Cattin, Johannes Eckhart, vers la sérénité, p. 363-376
  6. Shôbôgenzô, t. 6, , 374 p. (ISBN 9782354320805)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Zazengi - Gyôji - Busso - Sanjûshichibon bodai bunpô - Hatsu.u - Bendôwa - Bodaisatta shishôbô
    • Yoko Orimo, Shôbôgenzô, l'art d'interpréter, p. 253-316
  7. Shôbôgenzô, t. 7, , 373 p. (ISBN 9782354321109)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Shinjin-gakudô - Den.e - Shisho - Darani - Senmen - Menju - Senjô - Ango - Shukke
    • Yoko Orimo, Shôbôgenzô comme apologie du "second", p. 231-312
  8. Shôbôgenzô, t. 8, , 479 p. (ISBN 9782354321536)
    • Dôgen, Introduction et traduction pour : Shukke-kudoku - Jukai - Kesai-kudoku - Hotsu-bodaishin - Kuyô-shobutsu - Kie-buppôsô-bô - Jinshin-inga - Sanjigô - Shime - Shizen-biku - Ippyakuhachi-hômyômon - Hachi-dainingaku
    • Yoko Orimo, Shôbôgenzô transmis avec justesse au coeur de la culture japonaise, p. 295-392
    • Catherine Despeux, La transmission dans le bouddhisme chan, p. 393-419
    • Yoko Orimo, Histoire de l'établissement de l'école du zen Sôtô au Japon, p. 420-432

Les principaux éléments des introductions aux 92 textes qui figurent dans la traduction sont repris dans un ouvrage unique :

  • Yoko Orimo (préf. Pierre Hadot), Le Shôbôgenzô de maître Dôgen : Guide de lecture de l’œuvre majeure du bouddhisme Zen et de la philosophie japonaise, Sully, , 624 p. (ISBN 9782354321277)

Traductions partiellesModifier

Traductions de Charles Vacher - Éditions encre marine

Éditions bilingues ou trilingues - Commentaires - Reproductions du manuscrit calligraphié

Autres traductions partielles

  • Dôgen (trad. Bernard Faure), La vision immédiate : nature, éveil et tradition selon le Shôbôgenzo, Paris, Le Mail, , 189 p. (ISBN 9782903951085)
    • Bernard Faure, Introduction, p. 14-74
    • Dôgen (trad. Bernard Faure), Bendowa - Genjôkôan - Keisei sandôku - Sansuikyô - Sokushin zebutsu, p. 75-172
  • Taisen Deshimaru (préf. Evelyn de Smedt, textes commentés : Genjô kôan - Ikka no myoju - Bendowa - Hachi dainin kaku - Shin jin gakudo - Kannon gyo - Maka hanna haramita shingyo - Gakudo yojin dhu), Le trésor du zen : Textes de maître Dogen, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », , 375 p. (ISBN 9782226138729)
  • Pierre Nakimovitch, Dôgen et les paradoxes de la bouddhéité : Introduction, traduction et commentaire de Busshô, Genève, Droz, coll. « École Pratique des Hautes Études », , 453 p. (ISBN 9782600003285)
  • Dôgen (trad. Věra Linhartová), La présence au monde : Uji - Gabyô - Mujô seppô - Baige, Gallimard, coll. « Le promeneur », , 79 p. (ISBN 9782070753192)
  • Dôgen (trad. Janine Coursin), Corps et esprit : shinjin gakudô - raihai tokuzui et divers extraits, Gallimard, coll. « Le promeneur », , 151 p. (ISBN 9782070751006)
  • Shohaku Okumura (trad. de l'anglais Shoju Annie Mahler), Réaliser Genjôkôan : La clé du Shôbogenzô de Dôgen, Almora, , 219 p. (ISBN 9782351182895)
  • Collectif (trad. Alain Rocher), Philosophie japonaise : Le néant, le monde et le corps, Vrin, , 471 p. (ISBN 9782711624799)
    • Keishi Miyagawa (trad. Alain Rocher), Archéologie de la pensée japonaise : Dôgen, p. 85-100
    • Dôgen (trad. Alain Rocher), Mitsugo, p. 100-112
  • Polir la lune et labourer les nuages: Œuvres philosophiques et poétiques, présentées et traduites par Jacques Brosse, Paris, Albin Michel, 1998, 326 p.
  • Une galette en tableau, texte traduit, annoté et commenté par Yôko Orimo, Tôkyô, Maison Franco-Japonaise, 1995, 76 p.

Traductions en anglaisModifier

  • The Heart of Dogen's Shobogenzo, Trans. Norman Waddell and Masao Abe; Albany, SUNY Press ; (ISBN 0-7914-5242-5) (1re Edition, hardback, 2002).
  • Shobogenzo: The True Dharma-Eye Treasury; translated by Gudo Nishijima and Chodo Cross; 4 volumes; London, Windbell Publications, 1999; (ISBN 0-9523002-4-9)

ÉtudesModifier

  • Yoko Orimo (préf. Pierre Hadot), Le Shôbôgenzô de maître Dôgen : Guide de lecture de l’œuvre majeure du bouddhisme Zen et de la philosophie japonaise, Sully, , 619 p. (ISBN 9782354321277)
  • Yoko Orimo, Comme la lune au milieu de l'eau, Sully, , 191 p. (ISBN 9782354323097)
  • (en) Hee-Jin Kim, Eihei Dôgen: Mystical Realist, Somerville (MA), Wisdom Publications, 2004, (3e édition, revised) 368 p.

NotesModifier

  1. Dans cet article, les termes 'texte' et 'fascicule' sont employés indifféremment pour désigner ces 92 textes ou fascicules qui constituent le recueil.
  2. A noter que le site Web du projet de texte Soto Zen est fermé depuis que les membres du projet révisent leurs traductions en prévision des prochaines publications du projet sur le Denkō roku (2017) et le Shōbōgenzō (2020). [Consulté 17.06.2019]. On trouvera cependant sur cette page des liens vers les traductions déjà existantes du projet

RéférencesModifier

  1. Yoko Orimo, Introduction du tome 1, p. 9
  2. a b et c Yoko Orimo, Introduction au guide de lecture, p. 51
  3. Yoko Orimo, Guide de lecture, p. 32 note 21
  4. Parole du Bouddha, Traduction Ch. Vacher, p. 24
  5. Pierre Nakimovitch, L'enquête de Dôgen, p. 15-16
  6. Charles Vacher, Introduction à In-mo, p. 17
  7. Bernard Faure, Introduction, p. 70
  8. Bernard Faure, Introduction, p. 51-53
  9. a et b Pierre Nakimovitch, Préliminaires historiques, p. 18
  10. Charles Vacher, Bushhô - note 93, p. 266
  11. a et b Yoko Orimo, Introduction au guide de lecture, p. 23
  12. Yoko Orimo, Commentaire au Genjô-kôan, p. 62
  13. Yoko Orimo, Introduction au guide de lecture, p. 37
  14. Jean-Noël Robert, Cité par Y. Orimo dans son guide de lecture, p. 22 note 6
  15. Bernard Faure, Introduction, p. 30-31
  16. Charles Vacher, In-mo, p. 18
  17. Charles Vacher, In-mo, p. 28
  18. a et b Yoko Orimo, Introduction au guide de lecture, p. 50
  19. Nakimovitch, Préliminaires historiques, p. 16
  20. Charles Vacher, In-mo, p. 20
  21. Charles Vacher, In-mo, p. 22-23
  22. Yoko Orimo, Introduction au guide de lecture, p. 43-46
  23. Yoko Orimo, Avant-propos, p. 12
  24. Dôgen, Mûchu setsumu, p. 90-91
  25. Yoko Orimo, Introduction au Busshô, p. 33
  26. Yoko Orimo, Avant-propos, p. 13
  27. Yoko Orimo, Introduction au Guide de lecture, p. 22
  28. Yoko Orimo, La lune au milieu de l'eau, p. 18
  29. Yoko Orimo, Variations sur le Shôbôgenzô - L'art d'interpréter, p. 253-255
  30. Bernard Faure, Introduction, p. 31
  31. Yoko Orimo, Avant-propos au Shôbôgenzô - Tome 1, p. 14

Voir aussiModifier