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Service de la protection

Service de la protection
(SDLP)
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Histoire
Fondation
1er mars 1935 (SVOSHP)
19 octobre 1994 (SPHP)
2 octobre 2013 (SDLP)
Cadre
Type
Siège social
Pays
Organisation
Effectif
1283
Chef de service
Frédéric Auréal
Chef de service adjoint
Thierry Callies
Organisation mère
Site web

Le Service de la protection (SDLP) est un service de la Police nationale française chargé de missions de protection rapprochée et d'accompagnement de sécurité au profit des dirigeants ou ex-dirigeants de la République française, de ses hôtes étrangers ou bien encore de personnes spécialement menacées. Le service met également en œuvre les mesures nécessaires à l'organisation matérielle et à la sécurité des visites officielles en France et à l'étranger. Il assure la surveillance et la protection des bâtiments et emprises de l'administration centrale du ministère de l'Intérieur.

HistoireModifier

Assassinat du roi Alexandre Ier et de Louis Barthou, Ministre des Affaires étrangères et député-maire d'Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) en 1934.

Après l'assassinat d'Alexandre Ier et le meurtre de Louis Barthou, député-maire d'Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques) et ministre français des Affaires étrangères à Marseille, en 1934, est créé le « service des voyages officiels et de la sécurité des hautes personnalités » (SVOSHP), abrégé dans le langage policier en « Voyages Officiels » ou « VO ». Un décret signé par le président de la République Gaston Doumergue le 14 décembre 1929 prévoyait déjà l'organisation de ce service. L'assassinat du roi accélère sa mise en place par une instruction interministérielle du 1er mars 1935.

Pendant la Seconde Guerre mondiale :

Après la Seconde Guerre mondiale, la sécurité du Général de Gaulle sera notamment assurée par un groupe d'hommes dirigé par l'Inspecteur général honoraire de la Police Nationale et Président du Club de Tir de Paris de la Police Nationale[1] Raymond Sasia, premier policier français diplômé de l'académie du FBI à Quantico en Virgine aux États-Unis.

En 1971, le service des voyages officiels et de la sécurité des hautes personnalités prend l’appellation « Service central des voyages officiels ». Il est chargé de la sécurité du président de la République, de la protection des hautes personnalités françaises et étrangères et de l’organisation des voyages officiels[2]. En 1981, le Groupe de sécurité de la présidence de la République est créé et la première mission du service central des voyages officiels ne concerne plus que les « mesures générales concernant la sécurité du président de la République »[3].

En 1994, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, le service prend l'appellation de « service de protection des hautes personnalités » (SPHP)[4]. En 2008, le service intègre le Groupe de sécurité de la présidence de la République[5],[6].

En juin 2010, un rapport de la Cour des comptes mentionnait notamment, parmi les personnalités bénéficiant d'une protection du SPHP, les anciens premiers ministres Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, les anciens ministres de l'Intérieur Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement et Charles Pasqua, les anciennes épouses de président Danielle Mitterrand et Bernadette Chirac, les anciens candidats à l'élection présidentielle de 2007 François Bayrou et Ségolène Royal, l'ancienne otage et parlementaire Íngrid Betancourt, l'ancien ministre Michel Charasse ou encore la présidente du MEDEF Laurence Parisot[7].

En 2013, dans le cadre de la réforme de l'administration centrale des ministères de l'Intérieur et des Outre-mer, le service prend le nom de « Service de la protection » (SDLP)[8],[9] et intègre dans son organigramme le « Service de sécurité du ministère de l'Intérieur » créé en 1976[10] et le « Service central automobile » (SCA) créé en 1940 [11].

Le , Franck Brinsolaro, policier du service de la protection garde du corps de Charb, est tué lors de l’attentat contre Charlie Hebdo[12].

En 2016, Le Parisien révèle l'existence au sein de ce service d'une caisse noire, surnommée "la motte", alimentée par les pourboires lâchés par les personnalités étrangères aux policiers chargés de les protéger lors de leur passage en France[13]. Le directeur général de la Police nationale Jean-Marc Falcone, rappelle l'interdiction pour les policiers de recevoir une rémunération — autre que leur salaire — pour l'accomplissement d'une mission. "Le devoir de probité est par ailleurs rappelé dans le code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationale", insiste-t-il, avant de promettre "l'ouverture d'une enquête" si "un tel comportement (...) inadmissible" serait tenu par un policier[14].

OrganisationModifier

 
Manuel Valls accompagné de membres du service de la protection. Août 2013.
 
Le Service de sécurité du ministère de l'Intérieur lors du défilé militaire du 14 juillet 2008 gardant le drapeau de la Police nationale. Sa grande tenue d’honneur rappelle l’uniforme des policiers de 1873 avec le double boutonnage et le shako. Le plumet a été inspiré par celui du Guet royal, institué par Saint Louis en 1254. La boucle du ceinturon est à l’effigie de Marianne.

Le service emploie 1 260 policiers[15] ; il est basé à Paris, rue de Miromesnil, non loin du ministère de l'Intérieur et du Palais de l'Élysée. Il dispose également d'une antenne permanente à Strasbourg, où siègent plusieurs institutions européennes dont le Parlement européen, ainsi qu'en Corse.

Le service, dirigé depuis août 2013 [16]par l'Inspecteur général de la Police nationale Frédéric Auréal[17],[18],[19], comprend[9] :

  • un état-major, composé de 4 unités :
    • l'unité de liaison et de commandement opérationnel ;
    • l'unité de la logistique opérationnelle ;
    • l'unité appui et formation : qui comprend le groupe d'appui des Hautes personnalités (GAHP) qui assure les missions à hauts risques, et le groupe formation qui effectue la formation initiale et continue des policiers du service ;
    • l'unité des études de sûreté ;
  • le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) : il assure, en France et à l’étranger, la protection personnelle et immédiate du Président de la République, et met en œuvre les mesures nécessaires à sa sécurité, notamment à l’organisation matérielle et à la sécurité de ses déplacements.
  • la sous-direction de la Protection des personnes (SDPP), au sein de laquelle figurent notamment :
    • la Division des missions permanentes (DMP) :
      • La Sécurité des personnalités gouvernementales :
      • la sécurité des personnalités institutionnelles : présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat ;
      • la Sécurité des personnalités civiles menacées ;
    • la Division des missions temporaires (DMT) :
      • les équipes de sécurité générale et de sécurité rapprochée
      • l'antenne Corse
      • l'antenne de Strasbourg
  • la sous-direction de la Sûreté (SDS) Elle assure les missions de protection et de sécurité des bâtiments, participe à l’organisation des cérémonies officielles et assure la surveillance des personnes placées en garde à vue aux sièges des directions et services centraux de la police nationale. Elle comprend :
  • le bureau badges / sécurité
  • le bureau sécurité intérieur
  • l’unité opérationnelle de la sûreté
  • la sous-direction des Ressources et des moyens mobiles (SDRMM) Elle fournit à l’ensemble des composantes du service de la protection leurs moyens opérationnels. Elle assure la gestion financière et le contrôle de gestion. Elle est chargée de la gestion administrative des personnels et participe à l’élaboration des règlements d’emploi. Elle comprend :
    • la division des moyens mobiles ou il y à plusieurs types d'affectations: le pool chauffeur, les chauffeurs mis à la disposition des autorités civiles et militaires, le garage et le service de formation à la conduite.
    • la division des ressources

RecrutementModifier

Les fonctionnaires actifs de police du corps de commandement et du corps d’encadrement et d’application, titulaires depuis trois ans, affectés à la sous-direction de la protection des personnes, peuvent être chargés, pour les fonctionnaires du corps de commandement, de missions de protection rapprochée, et, pour les membres du corps d’encadrement et d’application, de missions de protection rapprochée ou d’accompagnement de sécurité générale après avoir été déclarés médicalement aptes par l’administration aux missions exercées par la sous-direction, avoir réussi les épreuves de sélection et avoir satisfait à l’obligation de formation spécialisée.

Les fonctionnaires de police mentionnés peuvent être chargés de missions de protection des personnes pendant une durée de cinq ans. Ces affectations peuvent être renouvelées par période quinquennale si ces fonctionnaires sont toujours médicalement aptes à l’exercice de leurs missions et s’ils ont passé avec succès les épreuves de contrôle de l'aptitude professionnelle. Ils sont tenus de suivre les stages de spécialisation dispensés dès leur affectation à la sous-direction de la protection des personnes, la formation continue et les séances d’entraînement individuel et collectif.

Les épreuves comprennent :

  • des épreuves psychotechniques ;
  • des entretiens individuels ;
  • des épreuves physiques ;
  • des épreuves de tir ;
  • une évaluation des connaissances professionnelles[9].

Chefs de serviceModifier

1935-1992 Service des voyages officiels et de la sécurité des hautes personnalités (SVO-SDHP)Modifier

Période Chef
1935-1938 Charles Sisteron
1938-1942 Alphonse-Jules Perrier
1942-1944 Jean Roure
1944-1962 Georges Albayez
1962-1963 Georges Parat
1963-1971 ?
1971-1979 Alain Montaras
1979-1981 Jean Clerc
1981-1983 René Barre
1983-1986 Roger Lejeune
1986-1989 Jean Reille
1989-1992 Raymond Dematteis

1992-2012 Service de protection des hautes personnalités (SPHP)Modifier

Période Chef
1992-1995 René-Georges Querry
1995-2003 Patrick Bardey
2003-2007 Francis Labrousse
2007-2010 Jean-Louis Fiamenghi
2010-2012 Gilles Furigo
2012-2013 Frédéric Auréal[18]

2013 Service de la protection (SDLP)Modifier

Période Chef
2013- Frédéric Auréal [19]

Notes et référencesModifier

  1. Raymond Sasia est l'auteur de l'ouvrage de référence intitulé Le tir rapide aux armes de poing.
  2. Décret no 71-607 du 20 juillet 1971 portant réorganisation du service des voyaes officiels et de la sécurité des hautes personnalités
  3. Décret no 83-14 du 5 janvier 1983 portant création du groupe de sécurité de la présidence de la République
  4. Arrêtés du 19 octobre 1994 portant organisation à la direction générale de la police nationale du service de protection des hautes personnalités, relatif au fonctionnement du service de protection des hautes personnalités et relatif à l'organisation du service de protection des hautes personnalités
  5. Décret no 2008-1331 du 17 décembre 2008 portant abrogation du décret no 83-14 du 5 janvier 1983 portant création du groupe de sécurité de la présidence de la République
  6. Arrêté du 17 décembre 2008 relatif aux missions et à l'organisation du service de protection des hautes personnalités
  7. « Le service de protection des hautes personnalités mène grand train », Le Monde, 7 juin 2010
  8. Décret no 2013-728 du 12 août 2013 portant organisation de l'administration centrale du ministère de l'intérieur et du ministère des outre-mer
  9. a b et c Arrêté du 12 août 2013 relatif aux missions et à l'organisation du service de la protection.
  10. Arrêté du 5 février 1976 sur la création et les conditions de fonctionnement du service de sécurité de ministère de l'intérieur
  11. Arrêté du 22 décembre 1940 sur la création du service central automobile
  12. Fabrice Tassel, « Un an après: Franck Brinsolaro, dans l'ombre de Charb », QP,‎ (lire en ligne)
  13. Nicolas Jacquard, « Enquête sur la «motte», les gros bakchichs des superflics », sur leparisien.fr, .
  14. Eléanor Douet, « Quand les policiers chargés de la sécurité des VIP touchent des pots de vin », sur rtl.fr, .
  15. « service de la protection », sur police-nationale.interieur.gouv.fr (consulté le 30 août 2017)
  16. Dernier chef de service du SPHP depuis sa nomination en 2012, il prend la direction du SDLP lors de sa création en août 2013
  17. Décret du 18 juin 2009 portant nomination d'un contrôleur général des services actifs de la police nationale - M. Auréal (Frédéric)
  18. a et b Décret du 27 août 2012 portant nomination du chef du service de protection des hautes personnalités - M. AUREAL (Frédéric)
  19. a et b Décret du 4 octobre 2013 portant nomination du chef du service de la protection - M. AUREAL (Frédéric)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Gilles Furigo, Les gorilles de la République. Une histoire du service de protection des hautes personnalités, Mareuil éditions, 2018, 354 p. (ISBN 978-2372540803)

Plusieurs ouvrages sont sortis à l'occasion des 75 ans du SPHP :

  • Philippe Durant, Haute Protection - La protection des hautes personnalités de De Gaulle à Sarkozy, éditions du Nouveau Monde, 2010, 360 p. (ISBN 978-2-84736-544-3)
  • Jean Pierre Diot, Laurent Huberson, Garde du corps - 15 ans au Service des hautes personnalités, éditions Cherche midi, 2010, 252 p. (ISBN 978-2-7491-1429-3)
  • SPHP, le dernier rempart, préface de Nicolas Sarkozy, ouvrage collectif aux éditions MISSION SPECIALE Productions, 192 p. + DVD exclusif (ISBN 978-2916357126)
  • Mélanie Benard-Crozat, Service de Protection des Hautes Personnalités, éditions Crépin-Leblond, 2010, 192 p. (ISBN 978-2-70-300345-8)

Liens externesModifier

  • (fr) Ministère de l’Intérieur • Célébration du 75e anniversaire du service de protection des hautes personnalités (le 15 septembre 2010)

Articles connexesModifier