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Serafín Fanjul

arabisant espagnol, spécialiste de la philologie sémitique
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Serafín Fanjul
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Serafín Fanjul en avril 2015.
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Serafín Fanjul (né le à Madrid) est un universitaire, islamologue et arabisant espagnol, spécialiste de la philologie sémitique. Professeur à l'Université autonome de Madrid, il fut également directeur du Centre culturel hispanique du Caire et membre de l'Académie royale d'histoire.

BiographieModifier

Il a enseigné la littérature arabe à l'Université autonome de Madrid. Il est membre depuis 2011 de l'Académie royale d'histoire.

Il collabore aussi comme chroniqueur au journal ABC et au quotidien électronique Libertad Digital.

Cet universitaire, professeur de littérature arabe publie en l'an 2000 Al-Ándalus contra España : la forja del mito (Al-Ándalus contre l'Espagne. La création d'un mythe) et plus récemment, chez le même éditeur La quimera de Al-Ándalus (« La chimère d’Al-Andalus », 2004). Ces études prennent entièrement le contrepied de la vision « iréniste » et « idéaliste » d'autres universitaires, tels que Bernabé López García, pour qui l'arrivée des immigrants marocains s'insérait dans le renouveau de « l'Espagne des trois cultures » (voir Inmigración magrebí en España : el retorno de los moriscos (Immigration maghrébine en Espagne : le retour des morisques) (Madrid, Mapfre, 1993).

Le « mythe d'Al-Andalus »Modifier

Dans Al-Ándalus contra España, Serafín Fanjul dénonce le « mythe d'Al-Ándalus » (c'est-à-dire de la contribution musulmane à la construction nationale), notamment la mystification de la pensée islamique développée au XIXe siècle par le romantisme littéraire qui tendrait à représenter une facette de l'histoire de l'Espagne d'une manière erronée. Cette mystification de la société « maure » ne serait qu'une reprise du discours eurocentrique, celui du « Bon sauvage » et celui du « Paradis perdu ». Ainsi, l'auteur veut « démystifier » l'idéalisation du passé islamique, autrement dit des Arabes supérieurs, raffinés et cultivés succombant aux chrétiens barbares, ignorants et maladroits. Il tente de montrer que cette image idéalisée d'une Espagne multiculturelle, terre de tolérance et de vie en commun entre trois cultures et trois religions monothéistes est, pour une très large part, historiquement fausse.

Tout en précisant qu'on ne peut considérer de manière homogène un processus historique qui s'étale sur près de huit siècles, Serafín Fanjul définit la société du royaume de Grenade (1238-1492) comme « une société monoculturelle, avec une seule langue, une seule religion. Une société terriblement intolérante, par instinct de survie, puisqu'elle était acculée à la mer ». D'une manière générale, durant ces huit siècles, la tolérance ne fut jamais sans limites et dépendit des circonstances. « Plus le pourcentage (des musulmans) était important, moins la société était tolérante ». Les concessions sont toujours octroyées à des groupes. L'individu, lui, n'est jamais mis sur le même pied que les musulmans. Il tente de montrer également, contrairement aux interprétations d'un Arnold Toynbee, que cette société est loin d'être affranchie des préjugés raciaux. La pression religieuse est constante : « Les pouvoirs religieux d'al-Ándalus cherchèrent toujours l'islamisation totale et il y eut des exodes massifs de chrétiens vers le nord, jusqu'au XIIe siècle[1]… ».

CritiqueModifier

Fanjul a été désigné par José Antonio Gonzalez Alcantud[Qui ?] comme « paladin anti-arabe » (paladín de lo antiárabe)[pourquoi ?][2].

PublicationsModifier

Ouvrages traduits en français
  • Al Andalus, l'invention d'un mythe: La réalité historique de l'Espagne des trois cultures, L'Artilleur, 2017
Travaux universitaires
  • (es) Canciones populares árabes, Madrid, Almenara, .
  • (es) Literatura popular árabe, Madrid, ed. Nacional, .
  • (es) El Mawwal egipcio : Expresión literaria popular, Madrid, Instituto Hispano-Arabe de Cultura, .
  • (es) Al-Ándalus contra España : La forja del mito, Madrid, Siglo XXI, .
    • Al Andalous, l'invention d'un mythe : La réalité historique de l'Espagne des trois cultures (trad. Nicolas Klein), Paris, L'Artilleur, .
  • (es) La quimera de Al-Andalus, Madrid, Siglo XXI, .
  • (es) Buscando a Carmen, Madrid, Siglo XXI, .
  • (es) Al-Andalus, una imagen en la Historia, Madrid, RAH, .
Traductions de l'arabe
  • (es) Libro de los avaros de Al-Yahiz. Madrid: Editora Nacional, 1974.
  • (es) A través del Islam de Ibn Battuta (en colaboración con Federico Arbós)
  • (es) Venturas y desventuras del pícaro Abu l-Fath de Alejandría Maqamas de Al-Hamadani. Madrid: Alinaza Editorial, 1988
  • (es) Descripción general de África de Léon l'africain.
Fictions
  • (es) El retorno de Xan Furabolos (brèves)
  • (es) Los de Chile (nouvelle)
  • (es) Habanera de Alberto Garcí (nouvelle)

Notes et référencesModifier

  1. Serafín Fanjul, entretien, « Le « mythe d'Al-Ándalus », La Nouvelle Revue d'histoire, no 62, septembre-octobre 2012, p. 31-34.
  2. González Alcantud, José Antonio (2002). Lo moro: las lógicas de la derrota y la formación del estereotipo islámico. Rubí: Anthropos. (ISBN 84-7658-620-5). p. 225

Liens externesModifier

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