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Pour les dons du Saint-Esprit en général, et les charismes en particulier, voir Don spirituel.

Dans la foi chrétienne, les sept dons du Saint-Esprit prophétisés par Isaïe sont des grâces de Dieu aux croyants.

Fondements bibliquesModifier

Le catéchisme de l'Église catholique indique que l'Esprit Saint est l'interprète de l'Écriture, et qu'il faut être très attentif aux différents sens des Saintes Écritures[1].

Traditionnellement, le catholicisme a repris les paroles du prophète Isaïe qui annonçait le Messie :

« 1 Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. 2 Sur lui reposera l'Esprit du SEIGNEUR: esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du SEIGNEUR 3 – et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR. Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d'après ce qu'entendent ses oreilles. »

— (Es 11,1-3 ; Traduction Œcuménique de la Bible)

Dans le texte hébreu, comme dans la traduction française, il n'y a que 6 dons. Mais dans la traduction grecque de la Septante (IIe siècle av. J.-C.), comme dans la traduction latine (IVe siècle ap. J.-C.), les traducteurs ont utilisé deux mots différents pour traduire la crainte du Seigneur, à la fin du verset 2 et au début du verset 3 : eusebeia et phobou (en grec), pietatis et timoris (en latin). Les traducteurs de la Septante avaient déjà fait ce choix en Proverbes 1,7, n'hésitant pas à dédoubler le verset hébreu pour rendre compte dans leur langue de la richesse de signification du mot hébreu qui signifie à la fois la piété et la crainte. Cela fait donc 7 dons.

Développement dans la tradition catholiqueModifier

La liste traditionnelle des sept dons du Saint Esprit est attestée en Occident au moins depuis saint Ambroise au IVe siècle dans son Traité des mystères (ch.7, § 42) et dans son Traité des sacrements (L.III, ch.Il, §8) où il reprend la liste d'Isaïe 11,2.

« Car après la fontaine [du baptême], il reste encore à rendre parfait, quand à l'invocation du prêtre l'Esprit Saint est répandu, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de connaissance et de piété, l'Esprit de la sainte crainte, qui sont comme les sept vertus de l'Esprit. Sans doute, toutes les vertus relèvent de l'Esprit, mais celles-ci sont comme cardinales, comme les plus importantes[2]. »

Au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin consacre une question de sa Somme Théologique (Ia IIae, Qu.68) aux dons du Saint Esprit. À l'article 4, en s'appuyant aussi sur Is11, il classe les 7 dons de la manière suivante :

  • "Mais la raison est spéculative et pratique. (…)
    • Pour la saisie de la vérité,
      • la raison spéculative est donc perfectionnée par le don d'intelligence,
      • la raison pratique par celui de conseil.
    • Pour bien juger,
      • la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse,
      • la raison pratique par la science.
  • Quant à la puissance appétitive,
    • en ce qui regarde autrui elle est perfectionnée par la piété;
    • en ce qui regarde le sujet lui-même elle est perfectionnée
      • par la force contre la terreur des périls,
      • et contre la convoitise désordonnée des choses agréables elle est perfectionnée par la crainte,"

Saint Bonaventure, son contemporain écrit aussi un traité sur les sept dons de l'Esprit.

L'hymne Veni Creator Spiritus évoque en musique les sept dons de l'Esprit-Saint.

NoteModifier

  1. Catéchisme catholique, numéros 109 à 119
  2. Ambroise, Des sacrements, trad. Don Bernard Botte o.s.b., Cerf, Source Chrétienne n°25, Paris, 1949

BibliographieModifier

Articles connexesModifier