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Saqāliba (سقالبة, sg. Siqlabi) est un terme désignant les Slaves, notamment les mercenaires et esclaves slaves dans la civilisation islamique classique (Ifriqiya, Sicile et al-Andalus), contemporaine de l'époque médiévale en Occident. Le terme arabe est emprunté au byzantin : saqlab, siklab, saqlabi viennent du grec Sklavinoi (Slave).

HistoriqueModifier

Le géographe persan Ibn al-Faqih (en) écrit qu'il y a deux types de Saqāliba : ceux qui ont la peau sombre et les cheveux noirs qui vivaient par-delà les mers, et ceux à la peau claire qui vivaient plus loin sur la même terre. Il était typique dans le monde arabe de n'avoir qu'une très vague idée des différences ethniques au sein des Slaves.

Dans le monde musulman, il existait plusieurs routes principales pour le trafic des Slaves. À travers l'Asie centrale, la mer Méditerranée (Constantinople), l'Europe centrale et occidentale jusque dans la péninsule Ibérique et au-delà, en Afrique du Nord (Maghreb, Égypte). D'après Ibrahim ibn Jakub, la route européenne était parcourue par des marchands juifs, les Radhanites.

Les Saqāliba occupaient des fonctions variées : serviteurs, eunuques, artisans, soldats et même gardes du calife. Le chroniqueur byzantin Théophane mentionne que dans les années 660, le calife omeyyade Muawiya Ier mit en place en Syrie une armée composée de 5 000 mercenaires slaves. Dans l'Émirat de Cordoue (Espagne), les Saqāliba apparaissent sous le règne d'Al-Hakam Ier (796–822) et formeront notamment la garde personnelle du calife Abd al-Rahman III[1].

Nombre d'entre eux occupèrent des postes importants et, à la différence des millions d'esclaves inconnus, leur sort est bien renseigné. En Al-Andalus, au Maghreb, à Damas et en Sicile, leur rôle peut être comparé à celui qu'eurent les Mamelouks dans l'Empire ottoman. Certains Saqāliba comme Mujāhid al-‘Āmirī devinrent même rois de taïfas en Espagne après la chute du califat de Cordoue[2].

Comme mentionné précédemment, les Arabes n'avaient qu'une notion très vague des différences ethniques des populations dont ils n'étaient pas voisins. Il est donc tout à fait possible que dans certains textes, le terme Saqāliba désignait une variété de peuples (Caucasiens, Turcs d'Asie centrale, Baltes, Finnois, etc.) vivant entre la mer Baltique et les mers Noire et Caspienne. Ibn Fadlan qualifie par exemple Almis, roi des Bulgares de la Volga, de « roi des Saqāliba », tandis qu'Al-Biruni nomme la mer Baltique Bahr as-Saqâliba, c'est-à-dire « mer des Saqāliba ». À Madagascar, le nom des Sakalaves correspond sans doute étymologiquement au mot esclave, passé à travers l'arabe saqāliba, qui finit par désigner un esclave en général, toute origine confondue.

RéférencesModifier

  1. Junius P. Rodriguez (en), The Historical Encyclopedia of World Slavery, ABC-CLIO, 1997, p. 565. (ISBN 0874368855)
  2. André Clot, L'Espagne musulmane, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 1999 ; réed. 2004 (ISBN 978-2-262-02301-0), « La terre et les hommes - Population - Les esclavons », p. 232

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Francis Conte, Les Slaves : Aux origines des civilisations d'Europe centrale et orientale, chap. V (« Les Slaves en Espagne, en Afrique et en Italie (VIIIe-XIe siècles »), Albin Michel, 1996. (ISBN 2226233229)

Liens externesModifier