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Pseudotsuga menziesii

espèce de plantes
(Redirigé depuis Sapin de Douglas)
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Pseudotsuga menziesii est une espèce de conifère de la famille des Pinaceae, originaire de la côte ouest de l'Amérique du Nord où il prospère depuis la Californie jusqu'à la Colombie-Britannique, au Canada[1]). En France on lui donne le nom de « sapin de Douglas » ou simplement de « douglas[1] » (même si d'autres espèces sont aussi appelées douglas) ou encore de «pin d'Orégon ».

Ce résineux a été introduit en Europe dès 1827[1] par le botaniste écossais David Douglas et en France à partir de 1842. Utilisé pour le reboisement depuis la fin du XIXe siècle, il a été l'objet en France de plantations massives au cours des trois dernières décennies du XXe siècle sous l'impulsion du Fonds forestier national, de sorte qu'il est devenu la deuxième essence de reboisement et couvre aujourd'hui 420 000 hectares sur le territoire[2].

Le douglas est un arbre à croissance rapide d'où son importante utilisation dans les reboisements. Acceptant des conditions de climat plutôt froides et arrosées, il s'est bien adapté en Europe, en Grande-Bretagne[1], en Ardenne belge, et pour la France, dans le Massif central (Morvan, Auvergne, Limousin, Monts du Beaujolais) et les Vosges.

Le sapin de Douglas possède de bonnes qualités techniques : il est utilisé pour la charpente et la décoration intérieure[3] comme pour la construction extérieure[4].

Sommaire

Aspects botaniquesModifier

L'arbre adulte atteint une taille moyenne comprise entre 50 et 80 m de hauteur pour un diamètre de 2 m dans ses régions d'origine, et entre 40 et 62 m de hauteur en Europe[1]. Il pousse rapidement et peut vivre entre 400 et 500 ans[1]. Il affectionne les terrains humides et légers mais n'apprécie pas les terrains boueux ou secs[1].

Dans la nature, il peut atteindre une taille : des spécimens de « 100 m de haut et 1,20 m de diamètre » étaient rarement trouvés et récoltés au début du XXe siècle, mais des individus de « 75 m de haut et 2 à 3 m de diamètre » étaient courants au Canada[5].

Les trois plus grands arbres de France métropolitaine seraient tous des douglas : le plus grand, haut de 66,60 m en 2015, est situé à proximité de la retenue d'eau du barrage du Chartrain, le suivant (61 m en 2015) près du viaduc des Farges en Corrèze, et le troisième (60,50 m en 2013) à l'ouest de Ribeauvillé dans le Haut-Rhin[6]. Ils ne détiennent cependant pas les records de diamètres de tronc ou d'âge[7].

AutécologieModifier

Le douglas est une essence très plastique. Il a besoin d'au moins 750 mm d'eau par an. Il supporte les sécheresses estivales moyennes grâce à un système racinaire traçant bien développé et grâce au maintien des fonctions physiologiques jusqu'à un potentiel hydrique très bas. En revanche il est très sensible aux sécheresses exceptionnelles. Il supporte les grands froids hivernaux. Calcifuge, il se plait dans les sols légèrement acides, profonds et légers. Il lui faut un sol bien drainé et assez frais. Il est sensible à l'hydromorphie.

Les feuillesModifier

Les feuilles sont des aiguilles, de 1,5 à 3 cm de long, minces, molles, souples, arquées, pointues, et rétrécies à la base, sans bandes blanches marquées au dos. Elles sont insérées sur un coussinet tout autour des rameaux des branches basses ou sur deux rangées, en brosse, sur les rameaux fertiles. Les aiguilles sont de couleur vert foncé sur le dessus et parcourues par deux bandes vert clair de stomates sur le dessous. Les feuilles ont une durée de vie de 5 à 6 ans. Elles dégagent, quand on les froisse une odeur de fruit de la passion, avec des nuances d'agrumes et de résine[8], parfum dû à une huile essentielle renfermant du limonène (comme l'essence de citron) qui pourrait constituer un système de défense des arbres contre les herbivores[9] (effet répulsif ou toxique de ce monoterpène contre les larves et les insectes, action fongistatique sur leur microbiote intestinal, réduction de l'oviposition, attraction de parasitoïdes ou de prédateurs de ces insectes)[10].

Les cônesModifier

Le douglas est monoïque. Les cônes apparaissent en avril-mai. Ils sont mûrs en octobre de la même année. Ils pendent et mesurent de 5 à 10 cm. Leur particularité réside dans la présence de bractées trifides (à trois pointes) saillantes, appliquées sur les écailles du cône[11].

Le boisModifier

Le duramen du douglas est de couleur brun rosé tandis que l'aubier est de couleur jaune brun clair. Le bois est à fil droit, avec des cernes larges (du fait de sa croissance rapide) , une texture forte (grande proportion de bois final). Au sein d'un même cerne annuel, il existe une hétérogénéité de couleur et de structure, due au diamètre différent des vaisseaux du bois, entre le bois initial (bois de printemps), le bois intermédiaire et le bois final (bois d'été). Les canaux résinifères normaux ne sont pas toujours bien visibles[12]. En plus de sa croissance rapide, son bois de cœur est résistant et de très bonne qualité ce qui le rend intéressant d'un point de vue économique[1].

La présence de petits canaux résinifères localisés provoque une odeur résineuse prononcée quand le bois est fraîchement coupé, et s'estompe quand le bois sèche.

Menaces, maladiesModifier

Megastigmus spermotrophus est une espèce d'insecte invasive d’origine américaine, accidentellement introduite en Europe. Sa larve est ravageuse des graines de douglas. Elle diminue significativement les récoltes de graines viables pour les peuplements d’élite ou vergers à graines. En Europe, en 2006, le taux de destruction de semences viables oscillait de 5 à 90 % en France, de 5 à 70 % en Belgique, de 2 à 15 % en Amérique du Nord, et d'environ 100 % en Pologne. Plusieurs hyménoptères parasitent Megastigmus spermotrophus en région wallonne, mais en nombre insuffisant pour le contrôler[13]. Certains diptères comme les cécidomyies des aiguilles parasitent également ce résineux aussi bien en Amérique du nord qu'en Europe, sans y être strictement inféodés.

Le douglas est actuellement peu sensible aux insectes et pathogènes mais l'avenir dira s'il peut être sérieusement menacé à l'instar de l'épicéa par les scolytes. Comme il a été introduit fréquemment sur des stations forestières inadaptées à ses exigences et souvent en monocultures assez intensives, on peut craindre des aléas.

Des dépérissements sont aujourd'hui couramment observés sur ces stations, notamment à la suite d'épisodes de canicule et sécheresse comme en 2003.

Le douglas est aussi moyennement durable au champignon et est sensible aux termites[14].

Aspects économiquesModifier

Dans l'indicateur 2017 du prix des bois en forêt privée, le douglas affiche un cours moyen de 56 €/m3[15].

SylvicultureModifier

Un travail du sol est souvent conseillé avant la plantation : labour en plein profond d'environ 30 à 40 cm, éventuellement sous-solage sur les lignes de plantation seulement.[réf. nécessaire] Le douglas supporte bien des densités de plantation de 1 100 tiges à l'hectare (3 × 3 m) ou 1 330 tiges à l'hectare (2 × 4 m). Dans le Limousin, la tendance est à l'augmentation de la densité de plantation qui peut aller jusqu' à 1600 plants à l'hectare, et la réduction du nombre des éclaircies (2 en 45 ans), de façon à obtenir des bois moyens de 35 à 45 cm de diamètre qui trouvent facilement des débouchés commerciaux[16]. Les ennemis du jeune plant de douglas sont le chevreuil qui broute les tiges et l'hylobe qui grignote le pied. Pour protéger le plant, il convient de recouvrir le collet à l'aide de cire[16].

Le remplacement du hêtre et du chêne par le douglas entraîne la disparition des espèces fongiques spécifiques aux essences feuillues comme Lactarius vellereus ou Lactarius chrysorrheus (en), champignons non comestibles.

UtilisationsModifier

AlimentaireModifier

Les aiguilles du douglas sont utilisées pour la confection de sauces, de sirops et de sorbets[8].

BoisModifier

En Amérique du Nord, il est un des bois d'œuvre les plus importants. Le bois provenant d'arbres de peuplements naturels d'Amérique du Nord, à accroissements fins, est souvent commercialisé en Europe sous le nom américain d'Oregon Pine.

La France possède 50 % de la ressource européenne en douglas, elle est aujourd'hui le second producteur mondial derrière les États-Unis. Elle fournit aux industriels un volume de bois chaque année plus important : 500 000 m3 en 1990, 1 000 000 m3 en 2000, 2 700 000 m3 en 2017. Une récolte de 6 000 000 m3 en 2030 est prévue par l'association interprofessionnelle France Douglas car les peuplements sont encore relativement jeunes et n'atteindront leur maturité que dans 20 ans environ[4]. La production de sciages suit elle aussi une progression exponentielle depuis le début du siècle et atteint plus de 1 000 000 m3 en 2017 [2]. Le douglas est « la principale ressource forestière émergente du territoire »[4].

Usages pour la construction et les aménagements extérieursModifier

Pour la construction, le douglas possède deux atouts importants : des performances mécaniques supérieures à celle des autres résineux (un module d'élasticité supérieur à 12 000 MPA) et une durabilité naturelle elle aussi sans rivale avec les autres essences résineuses récoltées en Europe. Le duramen du douglas résiste mieux aux champignons et aux insectes que la plupart de ses concurrents. Par ailleurs, ses qualités esthétiques sont appréciées. Aussi est-il volontiers utilisé pour des architectures de plein air, des ouvrages d'art et des réalisations exposées à une forte humidité : charpente, ossature bois, bardage et platelage[4], en création comme en rénovation extérieure[17]. Comme il se prête au collage, le douglas peut prendre la forme de bois lamellé-collé ou de bois massif reconstitué[4].

De nombreuses réalisations récentes et innovantes utilisent le douglas dans le domaine de la construction :

Usages pour la décoration et les aménagements intérieursModifier

Faiblement émetteur en polluants volatils, le douglas offre de bonnes propriétés d'isolation phonique et thermique ainsi que de dureté. Sa teinte rosée chaleureuse constitue un avantage supplémentaire pour qu'il soit employé comme revêtement intérieur dans les habitations ainsi que pour les planchers et les parquets[3].

Selon l'arrêté du relatif à l'étiquetage des produits de construction ou de décoration, le douglas se situe dans la classe A+ d'émission dans l'air intérieur. L'indice de dureté du duramen du douglas est comprise entre 20 N/mm2 et 30 N/mm3, ce qui le place au même niveau que le teck, le châtaignier, le mélèze ou le sipo[3].

Le douglas est aussi apprécié pour sa rapidité de séchage.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p.32 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
  2. a et b Pascal Charoy, « Deux siècles de présence en France », Forêts de France, no 617,‎ , p. 22-23 (ISSN 0046-4619)
  3. a b et c « Le Douglas, un choix naturel pour la décoration », sur france-douglas.com (consulté le 29 décembre 2018)
  4. a b c d et e « Le Douglas, un choix naturel pour la construction », sur france-douglas.com (consulté le 29 décembre 2018)
  5. Maurice Zimmermann (1918), Les ressources houillères, hydrauliques et forestières du Canada ; Annales de Géographie, Volume 27, N°150 ; oir pp. 472-474 (Mis en ligne avec Persée.fr)
  6. Records de hauteur des arbres en France, sur le site Arbres monumentaux, consulté le 09 12 2016
  7. Records : Les arbres les plus épais, les plus hauts et les plus anciens de France (métropolitaine)
  8. a et b François Couplan, Le régal végétal. Plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, , p. 58.
  9. Les différentes réactions du pin, tiré de R. Mumm, M. Hilker, « Direct and indirect chemical defence of pine against folivorous insects », Trends in Plant Science, 2006
  10. (en) R. Mumm, M. Hilker, « Direct and indirect chemical defence of pine against folivorous insects », Trends in Plant Science, vol. 11, no 7,‎ , p. 351-358 (DOI 10.1016/j.tplants.2006.05.007).
  11. Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, Gérard Dumé, Flore forestière française. Région Méditerranéenne, Forêt privée française, , p. 351.
  12. Marie-Christine Trouy, Anatomie du bois. Formation, fonctions et identification, Éditions Quae, , p. 63
  13. Mailleux A.-C., Molenberg J.-M., Grégoire J.-C. [2007]. Megastigmus spermotrophus, ravageur de graines de douglas, et ses ennemis naturels en Wallonie. Forêt Wallonne 87 : 49-56 (8 p., 4 fig., 12 réf.)
  14. Le Guide des essences de bois, Paris, Eyrolles, , 143 p. (ISBN 978-2-212-12086-8), p. 30
  15. Pascal Charoy, « La commercialisation du bois d'oeuvre », Forêts de France, no 617,‎ , p. 31 (ISSN 0046-4619)
  16. a et b Pascal Charoy, « Sylviculture en Limousin », Forêts de France, no 617,‎ , p. 24-25 (ISSN 0046-4619)
  17. « Le douglas, un choix naturel pour la rénovation », sur francedouglas.com (consulté le 29 novembre 2018)
  18. « Pont de Merle », sur structurae.info (consulté le 29 décembre 2018)
  19. « Pont routier en bois des Alpes », sur prixnational-boisconstruction.org (consulté le 29 décembre 2018)
  20. « Le bois fait son retour dans la construction d'ouvrages d'art », sur batiactu.com, (consulté le 29 décembre 2018)
  21. « Lycée George Sand », sur prixnational-boisconstruction.org (consulté le 29 décembre 2018)
  22. Avec les bois résineux français, vous avez le choix !, Paris, Fédération nationale du bois, , 54 p. (lire en ligne), [23-24]

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier