Sannyrion

Sannyrion (en grec ancien Σαννυρίων) est un poète comique athénien du Ve siècle av. J.-C. (fl. -407, mort vers -370), contemporain de Dioclès et de Philyllius[1]. Il appartient aux dernières années de la comédie ancienne et à la naissance de la comédie moyenne.

Sannyrion
Biographie
Décès
Activité
Auteur comiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Ve siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Comédie ancienne (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Un fragment de Gérytadès d'Aristophane établit que Sannyrion était, avec Mélétos et Cinésias, de toute la ville d'Athènes un des hommes les plus maigres et les plus maladifs d'aspect[2]. Les poètes se moquaient apparemment entre eux de leur maigreur corporelle. Représentant des comiques maigres, Sannyrion appelait Mélétos (représentant des tragiques maigres) dans sa comédie de La Risée (Γέλως) « le cadavre qui vient du Lénéon », raillant ainsi à la fois le teint cadavérique du poète et quelque échec retentissant qu'une de ses pièces avait subi aux Lénéennes et dont il restait assommé[3].

D'autres sources estiment que Sannyrion portait un corset en cuir[4].

Nous avons une nouvelle trace de Sannyrion dans la cérémonie des prémices des Athéniens au sujet du mot πέλανος qui était réservé pour la farine et les gâteaux offerts aux dieux : « Nous autres dieux, nous appelons πέλανος ce que vous mortels vous nommez irrévérencieusement farine. »

Sannyrion est connu pour avoir publiquement raillé l'acteur Hégélochos alors qu'il interprétait l’Oreste d’Euripide en -408. Au vers 279 de la pièce, au lieu de déclamer : « Après la tempête, je vois de nouveau une mer apaisée… » (γαλήν’ὁρῶ), Hégélochos dit : « Après la tempête, je vois de nouveau une belette… » (γαλῆν ὁρῶ). L'acteur avait simplement oublié l’accent descendant sur le mot... Cette erreur fut aussi ridiculisée dans Les Grenouilles d'Aristophane en -406[5]. Sannyrion reste d’ailleurs très présent, comme auteur comique, dans l’œuvre d'Aristophane.

BibliographieModifier

Sannyrion a écrit les œuvres suivantes, dont il ne nous reste que des fragments[6].

  • Γέλως (Gélôs), La Risée
  • Δανάη, Danaè, récompensée en -408[7]
  • Ἰώ,
  • Σαρδανάπαλλος, Sardanapale

Le genre de Sannyrion s'apparente étroitement à la comédie tarentine représentée plus tard par Rhinton (avec Amipsias et Phrynichos)[8]. La comédie tarentine a pour chef de file l'auteur Alexis le Comique, particulièrement prolifique, et Antiphane, les deux seuls représentants de cette école ayant eu l'honneur de figurer dans le canon alexandrin.

Il faut veiller à ne pas confondre Sannyrion avec un autre auteur du nom de Susarion.

NotesModifier

  1. Souda, δ 1155
  2. Aristophane, fr. 156 Kassel-Austin ; p. 184 de Paul Mazon, « Mélétos, accusateur de Socrate », Revue des études anciennes, 1942, vol. 44, n° 3, pp. 177-190.
  3. Athénée, Deïpnosophistes, XII, 75.
  4. Strattis dans sa comédie des Ψυχασταί (Les Chercheurs de frais) « Σαννυρίωνος σκυτίνην ἐπικουρίαν » (Souda, σ 93).
  5. William Smith (dir.), Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, 1870, s.v. Hegelochus.
  6. (EN) Ian C. Storey (dir.), Fragments of Old Comedy, Volume III: Philonicus to Xenophon. Adespota, Cambridge, MA, Harvard University Press, 2011, pp. 214-223.
  7. (EN) Kenneth James Dover, article Sannyrion dans The Oxford Classical Dictionary, 4e éd., Oxford, Oxford University Press, 2012.
  8. Thaddaeus Zielinski, Iresione. Dissertationes ad comoediam et tragoediam spectantes, Les Belles-Lettres, 1931.