Salvador Martínez Cubells

artiste espagnol
Salvador Martínez Cubells
Salvador Martínez Cubells.jpg
Autoportrait.
Naissance
Décès
(à 68 ans)
Madrid, Drapeau de l'Espagne Espagne
Nationalité
Activité
Mouvement
Père
Francisco Martínez Yago (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Salvador Martínez Cubells, né le à Valence (Espagne) et mort le (à 68 ans) à Madrid, est un artiste peintre et restaurateur de peintures espagnol. Il s'est spécialisé dans la peinture d'histoire et les scènes de genre, a restauré de nombreuses œuvres du musée du Prado et a transposé sur toile 14 Peintures noires de Francisco de Goya.

BiographieModifier

 
Educación del príncipe don Juan (1877).
 
La vuelta del torneo (1881).
 
Guzmán el Bueno arrojando su daga en el cerco de Tarifa.

Débuts artistiquesModifier

Son premier inscructeur est son père, Francesco Martínez Yago, également peintre.

Ses premières œuvres sont Baile de labradores (« Danse de laboureurs ») et La visita del novio (« La visite du fiancé »), dont la première est présentée à l'Exposition nationale de 1864. Vers 1867, il réalise la toile La muerte de los Carvajales (« La mort des frères Carvajal »)[1], que le comte de Pinohermoso achète, avant de lui passer la commande de La herida de don Jaime en la conquista de Valencia (« La blessure de don Jacques lors de la conquête de Valence »), présentée à l'Exposition aragonaise de 1868.

De cette première étape, les œuvres les plus importantes demeurent La vuelta del torneo, conservée au Musée des beaux-arts de Valence, et Guzmán el Bueno arrojando su daga en el cerco de Tarifa.

Maturité et reconnaissanceModifier

Martínez Cubells participe aux Expositions nationales des beaux-arts de façon ininterrompue de 1864 à 1889[N 1], auxquelles il a présenté 60 tableaux.

Il a été récompensé lors de ces concours de deux médailles de première classe[N 2] ainsi que d'une médaille de deuxième classe (en 1876) et une médaille de troisième classe (en 1871).

Il obtient en 1909 la médaille d'or à l'Exposition internationale de Munich.

Il devient ensuite membre de l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando et professeur de l'École des arts et métiers de Madrid. Il est également membre de l'Association des Écrivains et Artistes Espagnols.

Il reçoit par ailleurs plusieurs distinctions, dont :

Martínez Cubells portraitisteModifier

Il se consacre au portrait, obtenant dans ce domaine une certaine célébrité auprès de l'aristocratie madrilène — ses deux médailles de première classe, Educación del príncipe don Juan et Doña Inés de Castro, sont des peintures de cet ordre.

Martínez Cubells restaurateurModifier

Restauration d'œuvres d'artModifier

Il se spécialise également dans la restauration d'œuvres d'art, et sera même considéré comme le plus grand expert en restauration de peinture de l'époque en Espagne. En 1869, il devient le premier restaurateur du musée du Prado, étant initialement sous la direction d'Antonio Gisbert. Il continue d'exercer pendant 26 ans (jusqu'en 1895), sous la direction successive de Francisco Sans Cabot (es) et de Federico de Madrazo. Son expertise le poussa à créer une école de restaurateurs, qui a fonctionné jusqu'au début du XXe siècle.

Il a notamment restauré la toile San Antonio de Padua de Bartolomé Esteban Murillo, ainsi que plusieurs tableaux d'El Greco.

Transposition sur toile des Peintures noires de GoyaModifier

 
Saturne dévorant un de ses fils dans la Quinta del Sordo, peu avant sa transposition sur toile par Salvador Martínez Cubells. Photographie de Jean Laurent (1874).

L'un de ses plus grands travaux a été de transposer sur toile les 14 Peintures noires qu'avait peintes Francisco de Goya sur les murs de la Quinta del Sordo. Il commence l'opération de « décrochage » en 1874, peu après que Jean Laurent a photographié les œuvres vouées à disparaître[N 3]. C'est un long processus, et en 1875, il a transposé 4 peintures, dont Le Sabbat des sorcières, que la presse locale de l'époque, via El Globo décrit comme Asamblea de brujos y brujas (« Assemblée de sorciers et de sorcières »)[N 4].

La transposition de ces peintures est une commande de celui qui est alors propriétaire de la maison, le baron Émile d'Erlanger, aristocrate et banquier français. Le travail est terminé avec succès, malgré les difficultés. Cela a notamment été possible grâce à la série de photographies qu'a réalisée Jean Laurent afin de servir de guide[N 5].

Martínez Cubells DécorateurModifier

Martínez Cubells participe par ailleurs à différents travaux de décoration, comme l'ornementation de la basilique de Saint-François-le-Grand de Madrid, où il a suivi les directives de Carlos Luis de Ribera y Fieve.

MortModifier

Salvador Martínez Cubells meurt à Madrid le .

Son fils, Enrique Martínez Cubells (es) deviendra également un peintre reconnu.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Contrairement à d'autres concours du pays, il est possible de participer plusieurs fois aux Expositions nationales des beaux-arts, même après avoir gagné les premiers prix, obligeant ainsi les peintres à prouver à nouveau leur valeur dans le temps, alors qu'avant, avec un premier prix, un peintre était consacré et pratiquement assuré de recevoir des commandes à vie. Ce concours est d'ailleurs un tremplin pour aider financièrement les artistes espagnols en les promouvant afin qu'ils puissent recevoir des propositions privées ou publiques.
  2. En 1878 pour Educación del príncipe don Juan (voir œuvre) et en 1887 pour Doña Inés de Castro.
  3. En effet, comme on peut l'apprécier sur les photographies, les murs — et donc les peintures — sont en très mauvais étant, présentant des fissures, des coulées de couleurs, des retouches et des trous comblés avec du plâtre.
  4. Dans ce journal, El Globo, il est écrit que Martínez Cubells a transposé Le Sabbat des sorcières avec succès ; le tableau est nommé « Assemblée de sorciers et de sorcières », « une belle toile de plus de cinq mètres de long[2]. » Martínez Cubells a donc transposé la peinture complète : ce n'est que plus tard que la toile a été sectionnée sur les côtés, peut-être pour pouvoir la faire tenir dans un espace limité à Paris
  5. Jean Laurent obtient ainsi une série complète de négatifs de l'intérieur de la maison, 50 ans après le départ de Goya à Bordeaux[3].

RéférencesModifier

  1. (es) Manuel Urbano Pérez Ortega, « Un romance olvidado de los Carvajales y "el Emplazado" de José Lamarque de Novoa », Elucidario Seminario bio-bibliográfico Manuel Caballero Venzalá, Jaén, Instituto de Estudios Giennenses, no 7,‎ , p. 13 (ISSN 1885-9658, lire en ligne)
  2. (es) « Los frescos de Goya », El Globo (es), Madrid, no 117,‎ , p. 2 (ISSN 2171-0082, lire en ligne)
  3. (es) Carlos Teixidor, « Fotografías de Laurent en la Quinta de Goya », Descubrir el Arte, no 154,‎ , p. 48-54

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • José Garnelo (es), « Necrología: Excmo. Sr. D. Salvador Martínez-Cubells», Boletín de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, n.º 32, Madrid, 1914.
  • Luis Tramoyeres Blasco, Salvador Martínez Cubells, s/l, 1915.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier