Salmanazar Ier

Roi d'Assyrie

Salmanazar Ier est roi d'Assyrie de 1275 à 1245.

Extension approximative du royaume assyrien entre la fin du XIIIe et le début du XIe siècle av. J.-C.

Salmanazar poursuit l'œuvre de son prédécesseur Adad-nerari Ier dans la région du Hanigalbat. Shattuara II, un successeur de la lignée des rois du Mitanni, tente de reprendre le contrôle de ce territoire avec l'aide des Hittites. L'armée assyrienne finit par l'emporter, et c'est sans doute alors que le Hanigalbat est intégré directement au royaume assyrien. Il nomme un membre de la famille royale assyrienne grand ministre (shukkallu rabiu) du Hanigalbat, ainsi que plusieurs gouverneurs dans les principales villes de Haute-Mésopotamie, notamment dans la vallée du Khabur (Dur-Katlimmu, Qattara, Taidu, Irridu).

L'inscription standard des annales de Salmanzar Ier (RIMA I, 77, n° 1)

Titulature.

Salmanazar, élu du dieu Enlil, vice-régent sacré du dieu Assur, élu des dieux, prince, favori de la déesse Ishtar, celui qui garde les rituels et les offrandes purs, celui qui rend abondantes les offrandes présentées à tous les dieux, celui qui fonde les centres sacrés de culte, qui construit l’Ehursagkurkurra – couronne des dieux – (et) montagne des pays – grand dragon étonnant, berger de toutes les localités, celui dont la conduite plait abondamment à Assur, héros vaillant, capable dans les batailles, écraseur d’ennemis, celui qui fait résonner le bruit de la bataille avec (auprès de ?) ses ennemis, dont les attaques agressives sont rapides comme les flammes et dont les armes  attaquent comme un piège mortel sans merci, prince dévoué, qui agit avec le support d’Assur et de tous les dieux, ses seigneurs, et n’a pas de rival, celui qui capture les districts ennemis au dessus et au dessous, le seigneur aux pieds duquel le dieu Assur et les grands dieux font se soumettre tous les souverains et princes.

Campagne contre le pays montagneux d’Uruatri.

Lorsque Assur, le seigneur, me choisit fidèlement pour le seconder, me donna le sceptre, l’arme et l’équipe pour dominer correctement le peuple des têtes noires et  m’accorda la vraie couronne de suzeraineté ; à cette époque, au début de ma vice-régence, les pays Uruatri se rebella contre moi. Je priai le dieu Assur et les grands dieux mes seigneurs. Je rassemblai mes troupes et marchai sur la masse de leurs puissantes montagnes. Je conquis les pays Himme, Uatqun, Mashgun (ou Bargun), Salua, Halila, Lûhu, Nilipahri et Zingun – 8 pays et leurs forces de combat ; 51 de leurs cités je détruisis, brûla et déportai leur gens et propriété. Je soumis aux pieds d’Assur, mon seigneur, tout le pays Uruatri en 3 jours. Je pris une sélection de leurs jeunes hommes et les choisis pour entrer à mon service. J’imposai sur elles (i.e. les régions conquises) un lourd tribut des montagnes, pour toujours.   

Campagne contre la cité révoltée d’Arinu.

La cité d’Arinu, la cité sacrée fondée sur une falaise, qui s’était précédemment révoltée et n’avait plus regardée Assur : avec le support d’Assur et des grands dieux mes seigneurs, je capturai et détruisis cette cité et plantai des cultures salées (sowed salty plants) (bref, désertifié) par dessus. Je ramassai (un peu) de terre et en fit un tas à la porte de ma cité, Assur, pour la postérité.

A ce moment, je soumis tout le pays de Mutsri aux pieds d’Assur, mon seigneur.

Campagne contre Shattuara du Hanigalbat et ses alliés Hittite et Ahlaméen.

Lorsque sur le commandement des grands dieux (et) avec la force exaltée d’Assur, mon seigneur, je marchai jusqu’au pays Hanigalbat, j’ouvris les plus difficiles chemins et passes. Shattuara, roi du pays Hanigalbat, avec l’aide des armées des Hittites et des Ahlamu, captura les passes et les points d’eau sur mon chemin. A cause de la soif et de la fatigue de mon armée, leurs armées firent une féroce attaque en force. Mais je revins sur mes pas et leur apporta la défaite. Je slaughtered countless numbers of their extensive army. Quant à lui, je le chassai en un lieu sous le soleil. Je massacrai ses hordes mais 14 400 d’entre eux, qui restaient en vie, j’aveuglai et déportai. Je conquis 9 de ses centres de culte fortifiés aussi bien que les cités sur lesquelles il régnait et je transformai 180 de ses cités en tells ruinés. Je massacrai comme des moutons les armées des Hittites et des Ahlamu, ses alliés. A ce moment, je capturai les cités (dans la région) depuis Ta’idu jusqu’à Irridu, tout le mont Kashiiari jusqu’à Eluhat, la forteresse de Sudu, la forteresse de Harranu avec/jusqu’à Carchemish, qui est sur les bords de l’Euphrate. Je devins le souverain de ces cités et mis le feu au reste de leurs cités.

Campagne contre les nomades Qutéens.

Après quoi, les Qutu, dont le nombre, comme les étoiles dans le ciel, personne ne connaît et qui sont habiles au meurtre, se tournèrent en rébellion contre moi et commirent des actes hostiles. Je priai Assur et les grands dieux, mes seigneurs, et ils me donnèrent une réponse claire, un oui ferme. Je quittai le camp de mon armée, pris 1000 de mes meilleurs chars  et les jetèrent en bataille contre eux. Je versai comme l’eau les vies de leurs troupes nombreuses, des bords du pays Uruatri jusqu’au pays Kutmuhu, une région éloignée  et un carrefour éloigné. Je parsemai la steppe avec les corps de leurs combattants. Je rapportai dans ma ville Assur leurs  captifs, troupeaux, animaux sauvages en captivité et leur bien.

Généalogie.

Berger fidèle, dont les dieux Anu et Enlil, ont appelé le nom pour être à jamais, je, graine éternelle, suis celui qui connaît les dieux ; fils d’Adad-nârârî, élu du dieu Enlil, vice régent d’Assur, fils d’Arik-dîn-ili, qui fut aussi  élu du dieu Enlil, vice régent d’Assur. (...Récit de l’histoire du temple d’Assur et de sa reconstruction, lignes 112-167...).

Dates.

Mois de Sa-sarrâte, éponymie de Mishallim-Assur (sur les exemplaires 1, 3, 6, 8).

Mois de Sa-sarrâte, 26e ( ?) jour, éponymie de Assur-nâdin-shumâti (exemplaire 5).