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Bond de Sens
Image illustrative de l’article Saint Bond
Saint
Naissance milieu du VIe siècle
Décès début du VIIe siècle 
Fête 29 octobre

Bond de Sens (Baldus) est un saint ermite de la fin du VIe siècle et du début du VIIe siècle qui vécut dans l'archidiocèse de Sens.

BiographieModifier

Bond (en latin Baldus, hardi en germanique) est né au milieu du VIe siècle au hameau de Rupcouvert près de Paron[1]. À l'époque, le royaume des Francs est partagé entre la Neustrie (sous Chilpéric), l'Austrasie (sous Sigebert), et le royaume d'Orléans et de Bourgogne[2]. La cité de Sens, qui est alors une importante métropole provinciale, est convoitée par les uns et les autres royaumes. En 613, le roi de Neustrie, Clotaire II, s'en rend maître. Les rivalités et les troubles font des ravages dans les campagnes. L'évêque est considéré comme le défenseur de la cité, c'est à lui d'organiser ce que l'on appelle aujourd'hui les services sociaux et sanitaires. Il fonde écoles et hôpitaux[3]. Mais il doit aussi christianiser des mœurs restées encore très rudes.

Bond est un pénitent, c'est-à-dire qu'il a été mis à l'écart de la communauté pour avoir commis un crime grave : meurtre ou adultère, par exemple. II ne pouvait assister qu'au début de la messe et au fond de l'église et vivait les autres jours à l'écart. À cette époque, l'expiation pouvait prendre plusieurs années. Passé ce délai, le pénitent était réintégré le jeudi saint à la liturgie eucharistique[4].

Devant la ferveur de ce pénitent et ses mortifications, la population des villages alentour est édifiée et émerveillée. Il s'était établi seul sur un coteau de la rive gauche en amont de la ville de Sens de l'autre côté de l'Yonne. Les villageois lui construisent un ermitage. Selon une légende élaborée au cours des siècles, l'évêque saint Arthème (évêque entre 579 et 609) lui avait remis un bâton desséché lui indiquant que sa pénitence serait terminée lorsque le bout de bois bourgeonnerait, ce qui advint. On retrouve cette même légende dans l'hagiographie de saint Christophe[5]. Il meurt les bras en croix sur un tas de cendres[6]. L'évêque saint Arthème de Sens est lui aussi édifié. Les deux hommes seront canonisés par la vox populi. Après la mort de l'ermite, son culte se répand dans la région. L'ermitage et sa chapelle deviennent un prieuré sous l'évêque Richer en 1080. Il est ravagé par les huguenots en 1567[7] et il est supprimé en 1735[8] et les reliques sont transférées à l'église Sainte-Florence-Saint-Bond de Paron. Une relique se trouve aussi à la maison paroissiale de Saint-Julien-du-Sault. Des toponymes locaux gardent son souvenir, notamment autour de Paron.

Cet épisode illustre également la cohabitation nécessaire entre deux populations : Bond, descendant des Francs conquérants, maîtres du pays, et Arthème, représentant de l'ancienne aristocratie cultivée gallo-romaine.

Notes et référencesModifier

  1. Paul Billaux, op. cité, p. 67
  2. La Burgondie avait été conquise par les Francs en 534.
  3. Paul Billaux, op. cité, p. 70
  4. Abbé Philippe Béguerie et Claude Duchesneau, Pour vivre les sacrements, éd. du Cerf, Paris, 1989, pp. 178-179
  5. La Légende dorée, tome II, pp. 7-11
  6. Dom Patrice Cousin, « Anciens ermites et ermitages de l'actuelle diocèse de Sens », Bull. Soc. S. hist. et nat. de l'Yonne, années 1963-1965, pp. 62-70
  7. Historique et photographies
  8. Paul Billaux, op. cité, p. 71

BibliographieModifier

  • Pierre Glaizal et Étienne Dodet, L'Ermitage Saint-Bond à Paron, la légende et l'histoire, éd. Société archéologique de Sens, 2006, 93 pages.
  • Paul Billaux, Au pays de Julien et d'Alpais, patrimoine et miettes d'histoire autour de Saint-Julien-du-Sault, éd. Les amis du vieux Villeneuve, Société historique, archéologique, artistique et culturelle du Villeneuvien, 2011, publié avec l'aide du conseil général de l'Yonne.
  • Journal paroissial L'Arc-en-ciel, Saint-Julien-du-Sault, années 1947-1991.

Voir aussiModifier