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Saint-Martin (Bas-Rhin)

commune française du département du Bas-Rhin
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Martin.

Saint-Martin
Saint-Martin (Bas-Rhin)
Entrée Est du village de Saint-Martin.
Blason de Saint-Martin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Mutzig
Intercommunalité C.C. du canton de Villé
Maire
Mandat
Raymond Wirth
2014-2020
Code postal 67220
Code commune 67426
Démographie
Gentilé Saint-Martinois(es)
Population
municipale
352 hab. (2016 en augmentation de 0,28 % par rapport à 2011)
Densité 89 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 05″ nord, 7° 17′ 26″ est
Altitude Min. 268 m
Max. 615 m
Superficie 3,97 km2
Localisation

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Saint-Martin

Saint-Martin est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

GéographieModifier

Située à 1,5 km en amont de Villé, Saint-Martin se trouve au confluent de la vallée du Giessen de Steige et de la vallée qui mène à Breitenbach et du Champ du Feu. Le territoire d'une superficie de 396 ha est séparée en deux par la vallée alluviale du Giessen d'une largeur de 100 à 250 mètres. Le village qui se trouve à une altitude de 288 mètres est installé le long de la rivière de Breitenbach. Le village se trouve encadré au sud, vers la Honel (Scheidenberg à 615 m), par une série de collines peu élevées, mais aux versants souvent pentus (Erdbeerberg, 455 m) vers Maisonsgoutte, et le hauteurs de la Sohl (446 m et 463 m) vers Albé et Breitenbach.

Écarts et lieux-ditsModifier

Cours d'eauModifier

  • Le Breitenbach.

MinesModifier

Plusieurs mines de charbons ont existé entre Saint-Martin et Villé (forêt du Klosterwald). Au XIXe siècle, quelques forages ont permis d'extraire de faibles quantités de charbon aux environs de la Fontaine du diable (1834-1845) et Wolfsloch (1845).

CarrièresModifier

Une carrière d'argile se trouvait à proximité de Honcourt et une tuilerie dès le XIXe siècle comme l'atteste un plan cadastral établit en 1867. Dans les registres de la commune, à l'occasion d'une naissance en 1797, on retrouve la trace d'un certain « Gebart Jean (le père), tuilier à Saint-Martin ». Pour le même acte est mentionné comme témoin Gebart George, tuilier à Neuve-Église.

ToponymieModifier

Saint-Martin, « Samarte » en alsacien, a conservé tout au long de son histoire le nom de son patron ecclésiastique. Un acte de donation à Honcourt (1061) situe la paroisse « sur les lieux mêmes », c'est-à-dire à proximité immédiate de l'abbaye de Honcourt. On retrouve par la suite Saint-Martin dans le terrier des Habsbourg (1303), saint-Martin (1371), S. Martin vallis Alberti (1390) et Saint-Martin in valle Weileriana (1660).

HistoireModifier

Un village qui remonte à l'époque carolingienneModifier

Situé sur l'ancienne route du sel, autour de l'endroit où la rivière de Breitenbach coupe cette voie, Saint-Martin remonterait, du moins si l'on en croit certains historiens, à l'époque carolingienne et serait donc bien antérieur à la création de l'abbaye de Honcourt que l'on situe généralement autour de l'an mil . L'histoire du village, de la paroisse et de l'abbaye resteront étroitement liées.

Une possession des Habsbourg au XIIIe siècleModifier

À partir du XIIIe siècle, Saint-Martin fait partie de l'Albrechstal, c'est-à-dire de la seigneurie de Villé incorporée dans les possessions des Habsbourg. Le village est géré comme la plupart des autres localités par un Heimburger assisté par quatre échevins, tous placés sous l'autorité du Meyer de la « vallée supérieure » installé à Villé.

L'abbaye de HoncourtModifier

Article détaillé : Abbaye de Honcourt.

Appelée Hugueshoven en 1061, Hugonis Curia en 1112, Monasterium S. Michaelis 1135, l'abbaye de Honcourt fut fondée en l'an 1000 par un certain Wernher, comte d'Ortenberg, surnommé de Hurmingen, à l'honneur de saint Michel, pour les religieux bénédictins, et soumise par son fondateur à l'église de Rome. La donation primitive consista dans un grand nombre de biens, prés et forêts situés dans la vallée voisine, dans les serfs qui en dépendaient, dans les églises paroissiales de Saint-Martin et de Fouchy, dans des terres allodiales à Ranrupt et à Mackenheim, dans le droit de pêche et dans celui de prendre dans la forêt tout le bois nécessaire à cette abbaye. En 1611, l'abbé de Honcourt était Paul Voltz, ami d'Érasme, qui se retira à Strasbourg et devint un des ministres protestants de cette ville. En 1615 le pape Paul V incorpora l'abbaye de Honcourt à celle d'Andlau.

Le village, une dépendance de l'abbaye de HoncourtModifier

 
Ancien emplacement où se trouvait avant la Révolution l'abbaye de Honcourt aujourd'hui baptisé le château de Hugshoffen.

Dans le domaine ecclésiastique, la situation diffère quelque peu des autres communes. La cure de Saint-Martin est rattachée de bonne heure à l'abbaye de Honcourt qui en touche les revenus. Un pléban administre la paroisse ainsi que ses deux filiales, Maisonsgoutte et Steige. Au XIVe siècle, la paroisse peut satisfaire aux besoins d'un chapelain ou d'un prémissaire. La situation financière de la bourgeoisie permet la construction en 1343 d'un autel en l'honneur de saint Jean-Baptiste. Mais en 1343, la paroisse semble s'émanciper de la tutelle de l'abbaye qui essaie de récupérer le rectorat. Par une bulle du 18 septembre 1485, le pape Sixte IV tranche en faveur de l'abbaye, et l'évêque de Strasbourg suivant la directive du Saint-Siège promulgue l'union en nommant un administrateur chargé de régler les problèmes de compétence. La paroisse de Saint-Martin doit céder devant les directives de l'abbé qui nomme un vice-pléban[1]. L'abbaye de Honcourt reste donc le seul décimateur du village de Saint-Martin, ainsi que des églises filiales de Maisonsgoutte et Steige jusqu'au XVIIe siècle. L'abbesse d'Andlau prend la relève en 1615. À partir de 1616, l'entretien du chœur et du presbytère est à la charge de l'abbaye princière de sainte Richarde, la nef et le clocher, par contre, restent aux soins de la paroisses et des annexes.

Andlau encaisse la dîme. Cette situation suscite des difficultés et des litiges entre les filiales et plus particulièrement dans les périodes de 1685 et 1695. Les deux communautés de l'arrière-val (Maisonsgoutte et Steige) obtiennent satisfaction en 1711 en leur attribuant un vicaire. La nef du clocher de Saint-Martin est restauré en 1748-1749, mais l'obligation pour les deux filiales de participer aux frais financiers provoque un procès qui ne trouvera sa solution qu'après la Révolution.

Les conflitsModifier

Durant le Moyen Âge, Saint-Martin eut probablement à souffrir des différents conflits armés qui touchèrent la vallée. Située sur l'ancienne route du Sel qui vit traverser les troupes de Lorraine en Alsace et vice-versa, la localité est certainement de nouveau envahie durant la guerre des Armagnacs (1445) et la guerre de Trente Ans (1618-1648). En 1665, une note paroissiale confirme que « beaucoup de biens sont en friches, que personne ne veut prendre pour le cens parce qu'il y a peu de monde ». Au cours de tous ces conflits, la commune perd une importante partie de sa population.

Le repeuplementModifier

Après la guerre de Trente Ans, sous le règne de Louis XIV, l'activité économique du village redémarre doucement. Elle repose essentiellement sur l'agriculture et la viticulture (quelques coteaux vers Villé et Maisonsgoutte), ainsi que des installations mues par la force hydraulique du ruisseau de Breitenbach (moulin, scierie, martinet[2]).

HéraldiqueModifier


Les armes de Saint-Martin se blasonnent ainsi :
« Parti : au premier d'or au lion de gueules, au second d'azur à la croix d'or cantonnée de vingt billetes d'argent, cinq dans chaque canton ordonnées en sautoir. »[3].

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 André Clad[4]    
2014 En cours Raymond Wirth    
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[6].

En 2016, la commune comptait 352 habitants[Note 1], en augmentation de 0,28 % par rapport à 2011 (Bas-Rhin : +2,01 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
356395455500531487481476499
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
473476465481443422362355389
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
376372377336319303299296286
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
298283326300306303336341354
2016 - - - - - - - -
352--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

L'église Saint-MartinModifier

L'église du village est placée sous le patronage de saint Martin. L'évêque de Tours, connu et vénéré pour avoir partagé son manteau d'officier romain avec un mendiant, a également donné son nom au village. C'est en 1343 qu'est érigé un autel consacré à saint Jean-Baptiste ; l'église est à nouveau mentionnée en 1371, puis en 1390 sous le ministère de Johann Vogthaus, presbiter rector ecclesiae St. Martini vallis Alberti. En 1426, la paroisse est retirée à Nicolas Honsae, coupable d'avoir laissé Bergulus, prêtre excommunié, célébrer l'office divin.

L'église est probablement reconstruite en 1649, juste après la fin de la guerre de Trente Ans, à la suite d'un incendie. Le clocher actuel a très certainement survécu au sinistre. Un cartouche de linteau de la porte d'entrée porte l'année 1749, époque à laquelle la nef est agrandie. Ces travaux sont repérables grâce à des traces de maçonnerie qui sont encore visibles sous les combles et à la présence d'une fenêtre géminée du clocher qui a été cachée par la nouvelle toiture. D'autres travaux ont lieu dont en 1935 la construction d'un auvent sur quatre piliers, structure destinée à protéger la porte d'entrée.

L'église de Saint-Martin s'élève au milieu du cimetière dans lequel, du côté nord, quatre bornes délimitent encore un espace non béni réservé à l'inhumation des excommuniés.

La nef est importante (22 × 10 mètres) et se prolonge vers l'orient par une tour carrée de 5 × 5 mètres. Celle-ci présente encore des ouvertures sur trois faces : au nord et au sud une fenêtre géminée avec encadrement chanfreinée en grès, à l'est une grande ouverture en arc brisé. La fenêtre géminée de la face occidentale est cachée par le toit de la nef.

Sur l'appui de la fenêtre Sud, on entrevoit encore cinq pièces métalliques incurvées vers le haut avec un œillet à leur extrémité. Il y avait là jadis, montées sur un axe, trois poulies qui renvoyaient les cordes mettant en branle les trois cloches. Dans la voûte du chœur, nous voyons encore trois passages de cordes destinés au même usage. Mais sonner les cloches au moment de la consécration implique alors de voir les enfants de chœur se déchaîner en des postures qui finissent par choquer la piété de certains paroissiens. Il est décidé d'envoyer les sonneurs se livrer à leurs exercices en plein air. Les trois cloches datent de 1822. Elles sont respectivement dédiées à la sainte Trinité, à saint-Martin évêque et à la sainte Vierge Marie. Elles proviennent de la fonderie David Maurice de Soultz et portent les mentions de leurs parrains et marraines.

PiétaModifier

La nef de l'église possède une piéta. Il s'agit d'une œuvre naïve dont les traits simples, les plis de la robe, la position des mains presque disproportionnées provoquent la sympathie et la compassion. La mère soutient le corps de son enfant ensanglanté comme elle portait son enfant en bas âge. Elle n'ose serrer ce corps disloqué, craignant de lui faire mal encore.

Statue de la Vierge portant l'enfantModifier

À côté de l'autel, dans une niche, on découvre une statue de la Vierge Marie portant l'enfant Jésus, posée sur un socle dont les quatre angles sont décorés de têtes d'angelots. Un médaillon difficilement déchiffrable porte probablement l'inscription « St. Maria, macula non est in te cano » soit « Marie je chante, il n'y a pas de tache en toi ». La Vierge est sur un globe où s'enroule le serpent et pose le pied sur un croissant de lune. Elle porte l'Enfant Jésus qui, d'une lance, transperce la tête et la queue du serpent.

Les vitrauxModifier

L'église de Saint-Martin possède huit vitraux dans la nef qui sont consacrés à saint Joseph (atelier Honer de Nancy (1879), au Sacré Cœur (1877), à saint Martin (atelier Ott de Strasbourg, 1921 offert par la paroisse reconnaissante le 11 novembre 1918), à saint Louis (1879) en mémoire du prénom de son donateur, au Cœur immaculé de Marie (1877), et à sainte Odile (atelier Ott, 1921). Plusieurs de ces vitraux ont été offerts par le curé Louis Naegel.

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Petits monuments religieuxModifier

 
Un calvaire de Saint-Martin.

Neuf croix sont répertoriées sur le ban de Saint-Martin. La plus vieille croix se trouve au cimetière, elle date de 1724, en grès gris fin mais plus fragile que le grès rose du fut et du piédestal. Les membres inférieurs du Christ sont en mauvais état, sa tête couronnée est ornée de part et d'autre de deux fers en pointes, preuves de son grand âge. Seule la tête du Christ de la grande croix de l'ancien cimetière de Villé est semblable. Sur trois côtés du piédestal, une grande rosace s'inscrit dans un carré.

Une autre croix, la première à droite de l'entrée du cimetière, se dresse sur la tombe des parents du curé Mantz. En grès rose, elle a été érigée en 1824, c'est un beau témoin de l'art populaire.

Le cimetière abrite également le monument funéraire du curé François Cuny. Cuny devient propriétaire du château de Honcourt quand celui-ci est déclaré bien national. "Il s'y établit en prince de la libre pensée" [source ?].

Les bornes limites communalesModifier

La forêt de l'ancienne abbaye de Honcourt a été abornée en 1757 pour marquer les limites communales avec les villages voisins de Maisonsgoutte, Bassemberg et Villé. Les bornes sont très enterrées mais le millésime apparaît sur l'une ou l'autre. Sur quelques pierres situées en dehors de la forêt, Saint-Martin est représenté par les lettres S.M.

Personnalités liées à la communeModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Galerie de photosModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Vice-pléban = vicaire perpétuel
  2. Dans l'industrie, un martinet est un ensemble de marteaux-pilons actionnés par l'énergie hydraulique
  3. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  4. [PDF] Liste des maires au 1er avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.