Saint-Aubin-le-Cauf

commune française du département de la Seine-Maritime

Saint-Aubin-le-Cauf
Saint-Aubin-le-Cauf
Saule de l'avenue verte.
Blason de Saint-Aubin-le-Cauf
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Intercommunalité Communauté de communes Falaises du Talou
Maire
Mandat
Anny Boudet
2015-2020
Code postal 76510
Code commune 76562
Démographie
Gentilé Saint-Aubinois
Population
municipale
853 hab. (2017 en diminution de 7,88 % par rapport à 2012)
Densité 84 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 52′ 11″ nord, 1° 10′ 51″ est
Altitude Min. 4 m
Max. 133 m
Superficie 10,11 km2
Élections
Départementales Canton de Dieppe-2
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Saint-Aubin-le-Cauf

Saint-Aubin-le-Cauf est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.

GéographieModifier

LocalisationModifier

La commune est traversée par l'avenue verte, itinéraire cyclable qui relie Paris à Londres.

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous la forme Sancti Albini en 1031, 1032 et en 1037[1], Ecclesia Sancti Albini en 1142[2], Saint Aulbin sur Arques en 1433[3], Saint Aubin le Cauf en 1477[4].
Saint Aubin est la dédicace d'un grand nombre de communes en Normandie, il s'agit d'un ancien évêque d'Angers au VIe siècle.

Le qualificatif n'est attesté qu'en 1400 sous la forme le Cault et à partir de 1477 sous sa forme actuelle. Cauf est la variante normanno-picarde de l'adjectif « chauve »[5]. Le village doit son nom à l'un de ses seigneurs surnommé Le Cauf, c'est-à-dire « le Chauve ».

HistoireModifier

À l'origine, la seigneurie de Saint-Aubin-le-Cauf (Sancti Albini en 1031) était un plein fief de haubert, c'est-à-dire dont le possesseur était obligé de se faire armer chevalier et tenu de servir le roi. Saint-Aubin faisait alors partie du vaste domaine féodal des ducs de Normandie. Au XIe siècle (vers 1031), Robert le Magnifique duc de Normandie était seigneur châtelain de pays et possédait toutes les terres situées depuis Dieppe jusqu'à Douvrend, en passant par Arques et toute la forêt de l'Aliermont. Témoin de cette époque, la forteresse du château d'Arques construite en l'an mille est une des plus anciennes de France.

Le village était alors peuplé de 200 familles, soit environ 1000 âmes et possédait une tour (au lieu-dit de Noville) que Saint Louis céda à Eudes Rigaud (archevêque de Rouen de 1248 à 1275) en . À la fin du XIIe siècle, Richard Cœur de Lion céda le village à l'archevêque de Rouen qui le posséda jusqu'à la Révolution.

Dès 1568, les protestants tenaient publiquement des assemblées à Saint-Aubin. Ils ouvrirent un prêche en 1571 sur le domaine du seigneur dont le titre de fief leur assurait toute sécurité. Cette région de Normandie fut vaillamment défendue par Henri IV lui-même lors de ses guerres contre la Ligue pour conquérir son royaume avant d'abjurer.

L'église, remaniée au XIXe siècle, fut construite au XIIIe siècle dans l'enceinte du château seigneurial dont il reste notamment les mûrs de clôture. Sous le chœur, se trouvait un caveau sépulcral recueillant les seigneurs-châtelains du village jusqu'à ce que la Révolution dispersa leurs restes et en boucha l'entrée[6].

Histoire de la châtellenie de Saint-AubinModifier

Saint-Aubin-le-Cauf était la maison de champs de Claude Groulart, marquis de Torcy, premier président du parlement de Normandie et fondateur des hospices de Rouen. Il acheta cette terre à Louis de Montberon et y possédait un manoir où il aimait passer ses vacances. En 1592, Henri IV, vainqueur et blessé de la bataille d'Aumale :

«Bataille d'Aumale: Henri IV contre le duc de Parme [reçoit un coup dans les reins, pénètre le manoir de Claude Groulard par le petit pont en pierre et brique pour y séjourner quelques jours afin de se remettre de sa blessure (seule blessure sérieuse de toute sa vie)»

En signe de reconnaissance (vers 1603), le roi de France érige la seigneurie de Saint-Aubin en châtellenie en faveur de Claude Groulard, avec « droit de fourches patibulaires à quatre piliers», c-a-d le droit de justice et de pendre aux piliers (au gibet). C'est dans les anciennes écuries à voûtes en ogive, soutenues par d'élégants piliers, que furent protégées des révolutionnaires les statues sépulcrales de Claude Groulard et de sa seconde épouse, Barbe Giffart. Ces tombeaux restèrent cachés jusqu'en 1841 où l'historien du Parlement de Normandie, Amable Floquet, les découvrit. Plus tard, Marguerite de Choiseul, épouse en 1res noces de Louis du Moucel descendant direct de Claude Groulard et dernier seigneur de St Aubin, alors propriétaire du château de Saint-Aubin accorda les statues au département. Elles reposent toutes deux en la chapelle saint-Étienne dans la cathédrale de Rouen.

Marguerite de Choiseul épouse en secondes noces le duc de Fitz-James en 1825 et devient duchesse de Fitz-James. Elle réside dès lors dans le château de la Rivière-Bourdet. Elle meurt en 1862 sans héritier direct, le château et les terres de Saint-Aubin sont alors vendus aux enchères à Paris et à Dieppe. Le domaine sera resté propriété de la famille Groulard durant 250 ans.

Sur l'emplacement des fondations féodales, les descendants de Claude Groulard font élever au XVIIIe siècle un château moderne en brique rose et pierre couvert de toits à la Mansart.

Ses fondations, le pont témoin du passage d'Henri IV qui enjambe les anciennes douves, le four à pain ainsi que les écuries voutées en ogive demeurent des vestiges des XIIIe et XVIe siècles.

Par la suite, le château changea de propriétaires à plusieurs reprises. En 1926, Mr Dupuis propriétaire et fermier exploitant des terres, fait inscrire les écuries voutées en ogives aux monuments historiques.

Dans les années 1930, ce château d'été fut acheté par Grace Wishar, veuve d'un planteur de thé britannique de Ceylan, qui épousa en 1934 Alexandre Alekhine (1892-1946). Le château de Saint-Aubin sera la dernière résidence de cet illustre champion du monde d'échecs franco-russe resté invaincu.

Pendant la guerre, le château sera occupé par un régiment de l'armée allemande qui y fait son quartier général et le transforme en hôpital. De cette époque reste le poste de garde, petite maison en brique construite par l'armée allemande à l'entrée du domaine.

À la mort d'Alekhine en 1946, son épouse, le cède à la famille des actuels propriétaires qui le découvrent vandalisé, vidé de tout meuble et pillé de tout matériau réutilisable.

Depuis, les propriétaires s'emploient à rénover et faire vivre cet ensemble architectural[6].

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1843   Lefan    
    Michel Patrice Hinfray    
    Eugène Henri Hinfray   Juge de Paix suppléant du canton de Tôtes
1874 1901 Assuérus Blondel   Herbager
1912 1923 Louis Duvivier   Cultivateur
1927   Bouquet    
1935   Bréard    
Les données manquantes sont à compléter.
1962   Manoury    
mars 1971 1977 André Fontaine    
1989 juillet 2015[7] Christian Pajot    
25 septembre 2015 En cours
(au 30 avril 2014)
Anny Boudet    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[9].

En 2017, la commune comptait 853 habitants[Note 1], en diminution de 7,88 % par rapport à 2012 (France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
520522525583650637687652652
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
650625616641634654635653641
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
632672713715696645607596560
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
552534563672747747861918858
2017 - - - - - - - -
853--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

  • La Châtellenie[12] : château du XVIIIe siècle construit sur d'imposantes fondations féodales, ancienne demeure du champion du monde d'échecs russe naturalisé français Alexander Alekhine.
  • Église Saint-Aubin.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Alexandre Alekhine (1892-1946), champion du monde d'échecs, a habité le château de Saint-Aubin-le-Cauf.

HéraldiqueModifier

Les armes de la commune de Saint-Aubin-le-Cauf se blasonnent ainsi :

Deux écus ovales accolés: 1) Écartelé: aux 1er et 4e d’azur au chevron d'or, accompagné de 3 merlettes d’argent; aux 2e et 3e d'azur à la bande d'argent chargée de trois quintefeuilles de gueules. 2) D'azur à trois châteaux couverts à l’antique, chacun avec ses tours latérales girouettées, le tout d’or.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Adigard des Gautries Jean, Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 (suite), Annales de Normandie, 8e année, no 3, 1958, page 156.
  2. Dictionnaire topographique de la France comprenant les noms de lieux anciens et modernes, page 842.
  3. Archives départementales de la Seine-Maritime, G 3267.
  4. Archives départementales de la Seine-Maritime, G 8527.
  5. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, 1979, page 133.
  6. a et b Véronique Perrin-Bosselin, « La Chatellenie - Chambres d'hôtes, gite et salles de réception dans un château 18e en Normandie entre Dieppe et Rouen », sur www.lachatellenie.com (consulté le 4 août 2018)
  7. http://www.normandie-actu.fr/seine-maritime-deces-de-christian-pajot-maire-de-saint-aubin-le-cauf-depuis-1989_148558 (consulté le 27 juillet 2015)
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  12. Site officiel